didier reynders capitule

Le président du MR renonce à l’association avec LiDé après la fronde du FDF et du MCC. Une gaffe politique qui l’affaiblit et assombrit son rêve de dépasser le PS en Wallonie.

Une volte-face peu glorieuse. Une marche arrière forcée. Les qualificatifs ne manquent pas pour ce qui s’apparente à une défaite en rase campagne pour le président du MR. Didier Reynders a été contraint de renoncer lundi à son alliance avec Rudy Aernoudt, fondateur de LiDé, trois jours à peine après l’avoir portée sur les fonts baptismaux en annonçant que celui-ci serait troisième sur la liste européenne du MR.

La fronde de ses alliés du FDF et du MCC a été trop forte, menant tout simplement le MR au bord de l’éclatement le temps de quelques heures. Olivier Maingain, président du FDF, et Didier Gosuin avaient frappé du poing sur la table dans Le Soir de lundi matin : « Reynders doit choisir : le FDF ou Aernoudt. » Une réaction aux déclarations de Rudy Aernoudt sur les plateaux de télévision, ce week-end, vantant à nouveau les dix points de son programme – en contradiction avec l’accord d’alliance passé vendredi dernier. Gérard Deprez, fondateur du MCC, ajoutait une couche au chaos dans la journée de lundi en décidant de ne pas se présenter sur la liste européenne du MR. Avec des propos forts qui laisseront des traces : « Je refuse de cautionner par ma présence la dérive droitière du MR qui, sous l’impulsion de la direction actuelle, s’engage sur la voie hasardeuse de l’ultralibéralisme et de l’opportunisme. »

Le vent de la révolte s’étendant jusqu’au sein des troupes libérales, Didier Reynders n’avait d’autre choix que de capituler : « Je ne peux imaginer que l’arrivée de M. Aernoudt mette en péril l’avenir du Mouvement qui résulte d’un long parcours commun. (…) Je privilégie le MR qui est le moteur de notre projet francophone. »

Cette marche arrière a suscité un commentaire satisfait d’Olivier Maingain : « Le président du MR a posé le geste nécessaire, indispensable pour fortifier le MR. » La position de Reynders sort toutefois fragilisée de l’incident. Une nouvelle épreuve pour celui qui, vice-Premier, doit déjà affronter les tourmentes de la crise financière et les critiques relatives à la gestion de son département des Finances.

Reynders capitule : exit Rudy Aernoudt

Politique Le FDF et le MCC sont restés intraitables

Le président du MR ne pouvait prendre le risque de faire imploser son parti. Aernoudt se présentera donc seul.

Onze heures de coups de fil auront eu raison de l’adhésion de Rudy Aernoudt au MR. Entre le réveil, brutal, vu les propos d’Olivier Maingain (« C’est le FDF ou Aernoudt, pas les deux » dans Le Soir de ce lundi), et la diffusion, vers 17 heures, d’un laconique communiqué (« La collaboration avec LiDé, c’est fini »), Didier Reynders a multiplié les contacts avec ses barons. Une seule obsession : sortir de la crise interne au plus vite, pour limiter les dégâts. Même si, aux yeux de nombre d’observateurs, le mal est fait. Leçons d’une très mauvaise journée pour le patron du MR.

1Didier Reynders perd la face. Le ministre des Finances n’a pas pour habitude de reconnaître qu’il a « foiré »… Faut-il dès lors que la crise ait été jugée grave, avenue de la Toison d’Or, pour que la marche arrière survienne si rapidement. « La crise est très sérieuse », martèlent, dès potron-minet, des ténors, et non des moindres, du parti. Qui insistent : « On ne peut pas prendre Aernoudt, c’est impossible après les positions du FDF et du MCC. » D’autres hésitent. Tentent de déceler des failles chez les contestataires. Les propos de Bernard Clerfayt, qui s’installe pour quelques heures au siège du FDF, en l’absence d’Olivier Maingain et de Didier Gosuin, sont interprétés par certains comme une « courbe rentrante ». Moins catégoriques, en tout cas, sur le divorce FDF/MR. Peut-être peut-on négocier, se disent certains. « C’est mal connaître le FDF, ce n’est pas une question de places en plus sur une liste électorale », corrige un libéral de haut vol. Olivier Maingain, de toute façon, se montre intraitable. Comme, du reste, Gérard Deprez, qui annonce, vers midi, qu’il jette l’éponge, « ne pouvant cautionner la dérive droitière

du MR ». La nécessité de virer Aernoudt pour éviter l’implosion du MR s’impose. Le temps de prévenir l’intéressé, et le président des réformateurs communique, fidèle à son habitude, via l’agence Belga. Annulant de quelques phrases laconiques sa communication triomphante de samedi, lorsqu’il avait intronisé Rudy Aernoudt dans la confrérie MR.

2Didier Reynders ne sauve pas tout à fait la mise. Cette capitulation, exceptionnelle dans le chef du Liégeois, ne lui garantit pas une trêve durable. La sortie de crise telle que négociée entre ténors avait deux temps : d’abord Reynders scellait la rupture avec Aernoudt, ensuite le FDF se félicitait et rentrait dans le rang… Les chefs de file amarante ont tardé à entériner ce scénario.

Ils ont fini par le faire, en début de soirée. « Didier Reynders a fait le geste attendu, dit Olivier Maingain. Il est temps de reprendre les discussions au sein du MR sur les objectifs du Mouvement. » Car Aernoudt n’aura en fait été que le révélateur d’un malaise profond au sein du FDF. « Le refus de désigner Gosuin tête de liste ne passe pas : il est interprété comme une méfiance ou un mépris des libéraux à notre égard, dit un élu FDF. Et puis, la droitisation du MR ne nous plaît pas. » Au point de claquer la porte ? La question devait être posée, lundi prochain, en conseil général, instance réunissant mandataires et militants. Elle ne le sera sans doute plus. N’empêche, un courant, au FDF, rêve de liberté et d’autonomie. Seul hic, le prix : le poste de secrétaire d’Etat au fédéral et des élus (et donc une dotation) au Parlement fédéral.

3Didier Reynders a perdu beaucoup de points.En interne comme en externe, la gestion du dossier Aernoudt est jugée catastrophique. « Cette cacophonie va nous coûter des voix », dit un ténor. Ce proche du FDF redoute « l’effet Ducarme » : « cette valse-hésitation, ce n’est pas sérieux ». Même s’ils restent officiellement fidèles à leur patron – « À trois mois des élections on n’a pas le choix » – nombreux sont les mandataires MR qui redoutent que cette crise ne leur coûte des voix, au même titre que le dossier Fortis. Plusieurs pointent les dégâts, en interne. « Vendredi, lors du vote sur Aernoudt, c’était la première fois que le MR se divisait en chapelles (NDLR : seuls les libéraux ont voté pour). C’est catastrophique pour un parti comme ça. » Un autre résume : « Reynders a sous-estimé l’hostilité que suscitait Aernoudt. Il a été incapable de mesurer la colère du FDF et du MCC. Pour un président de parti, cela peut avoir des conséquences graves. »

Aernoudt : « Cette farce nous a coûté cher »

Rudy Aernoudt, vous vous attendiez à cette décision de Didier Reynders ?

Je ne pensais pas que Didier aurait cédé aux menaces d’Olivier Maingain.

Pour vous, c’est le FDF qui fait capoter l’alliance de LiDé avec le MR ?

Oui, c’est cela, et uniquement cela.

Déçu, amer ?

Ce que je trouve, c’est que ce qui se passe est malhonnête. Vendredi soir, une majorité s’est dégagée en faveur du rapprochement. Et malgré cette majorité, le FDF fait basculer l’accord. C’est une dictature de la minorité. C’est exactement ce que reprochent les Flamands au FDF…

Vous en voulez à Didier Reynders ?

Ce que le FDF a fait n’est pas éthique, et je regrette que Didier Reynders ait cédé. Il a rompu un accord, quand même. Il faut savoir que lorsque j’ai décidé de me rapprocher du MR, beaucoup de gens nous ont quittés parce qu’ils n’étaient pas d’accord avec cette option. Nous avons fait un choix. Et le FDF, minoritaire, réduit l’accord à néant. Il faudra qu’on finisse par comprendre que si l’on veut que la Belgique ait un avenir, ce ne sera pas avec le FDF ou la N-VA.

LiDé est affaibli ?

Oui, c’est une farce qui nous a coûté cher. Mais nous allons redémarrer autre chose, et nous ne serons pas muselés. Mais on a perdu beaucoup de temps.

Etant domicilié en Flandre, vous ne pouvez vous présenter ni en Wallonie ni à Bruxelles. Quel est votre projet pour les élections ?

Je vais constituer une liste européenne et je m’y présenterai, pour toucher toute la Belgique. Et je présenterai des listes à Bruxelles, Liège, Charleroi et Namur.

Vous pensez réaliser un bon score, après ces événements ?

Si je fais un bon score, ce sera le signal que les gens en ont marre de la particratie, et de la manière dont la politique se pratique en Belgique. Et je peux les comprendre.

Sérieux malaise aussi au MCC

La troisième place sur la liste européenne est à nouveau disponible pour Gérard Deprez. Que va faire le président du MCC ? Il se tait encore et toujours. Lundi midi, il a pourtant sorti un communiqué tonitruant dans lequel il annonçait sa décision de renoncer à se présenter (comme premier suppléant) sur la liste MR aux élections européennes. « Je refuse de cautionner par ma présence la dérive droitière du MR, qui sous l’impulsion de la direction actuelle, s’engage sur la voie hasardeuse de l’ultralibéralisme et de l’opportunisme », a-t-il assené. Et de constater que le MR aujourd’hui s’éloigne de plus en plus de la dimension sociale, impulsée par Louis Michel et qui l’avait fait rallier la fédération PRL-FDF en 1998. Le MCC aussi en dissidence ?

La décision prise par Didier Reynders d’écarter Aernoudt devrait le rassurer. En principe du moins. Car le mal a été fait. Didier Reynders avait choisi d’écarter un homme reconnu pour ses grandes compétences au Parlement européen, reproche-t-on au MCC. Et cela au profit d’un homme dont les idées sociales « ne sont pas du tout les nôtres ».

Le malaise du MCC est antérieur à l’épisode Aernoudt. « On a souvent l’impression d’être marginalisé au sein de la fédération », explique un de ses représentants. Et de regretter la disparition d’un bureau commun des présidents des trois composantes du MR qui, tous les lundis, abordait les sujets politiques du moment pour définir une position idéologique commune.

Le FDF seul fait rêver

Le FDF tout seul à Bruxelles ? Le scénario n’aura circulé que quelques heures mais les réactions des autres partis n’ont guère tardé. À commencer par le CDH. Benoît Cerexhe, interrogé, le matin, sur d’éventuels rapprochements avec Gérard Deprez et le FDF, a laissé entendre que ces derniers pourraient trouver un asile au CDH. « Il y a une frange du FDF plus sociale que l’autre. Nous nous sentons éloignés d’un poujadiste comme Alain Destexhe mais certains comme Didier Gosuin ont une conception plus proche de celle du CDH. » Quant à Gérard Deprez ? « On ne ferme pas la porte s’il adhère à 100 % à notre programme. » Plus tard, dans la journée, le ministre régional bruxellois va nuancer ses propos : « On est ouvert à ceux qui partagent notre programme, sans plus », nous dit-il. Entre-temps, le CDH aura officiellement mis les choses au point : « En ce qui concerne les choix à poser par le FDF ou le MCC, le CDH n’a pas de commentaires à formuler et la question d’une éventuelle recomposition politique n’est pas à l’ordre du jour. »

Chez Ecolo, Christos Doulkeridis a déjà fait ses comptes si le FDF devait se présenter sans le MR : « Il n’est pas exclu qu’Ecolo devienne alors le premier parti à Bruxelles. » Intégrer des élus FDF ? « Ecolo n’est pas un parti communautaire à l’inverse du FDF. »

Du côté du PS, certains estiment que le FDF peut se retrouver dans la politique menée par Charles Picqué et dans celle de Philippe Moureaux pour sa défense des francophones. Des transferts d’élus FDF vers le PS n’auraient rien d’une hérésie, dit-on chez les socialistes. Mais on n’en est pas (plus ?) là.

« Le feu a toujours couvé entre PRL et FDF »

Jean Melchior
66 ans, Berchem-Ste-Agathe, militant FDF depuis plus de 40 ans

« Rudy Aernoudt aurait dû être jeté aux orties depuis longtemps. On sait qu’il est contre l’élargissement de Bruxelles, contre la nomination des bourgmestres en périphérie. Dans l’absolu, la décision de claquer la porte du MR est la bonne. Les vieux militants FDF ne peuvent tout de même pas jeter leurs idées au placard ! Le problème, c’est que le FDF n’a que 2 députés sur 150 à la Chambre. Je ne vois pas ce que le FDF peut faire seul, compte tenu du système de vote qui favorise les grands partis. C’est d’ailleurs pourquoi j’avais soutenu la création de la fédération PRL-FDF. Au niveau local, si on ne s’était pas allié avec les libéraux du coin, on ne serait plus au pouvoir. Cela dit, le feu a toujours couvé entre libéraux et FDF. »

« Un sentiment de trahison »

Benoît Mouraux
45 ans, Koekelberg, militant FDF depuis 1994

« Je suis surpris que les choix politiques se résument aujourd’hui à de la stratégie pure. Il ne semble plus y avoir de place pour l’engagement, l’idéologie. J’éprouve un sentiment de trahison. Je ne me sens plus à ma place dans une fédération qui accueille n’importe quel farfelu, parce qu’il lance quelques idées. »

« Un populiste, comme Destexhe »

Claude Faveyst
69 ans, Ganshoren, militant FDF depuis plus de 20 ans

« J’ai été conseiller communal entre 1990 et 1995. À l’époque déjà, j’ai décidé de faire un pas de côté à cause du rapprochement entre le PRL et le FDF. C’était une première pilule difficile à avaler. Je ne dirais pas que je suis satisfait de l’implosion du MR, mais je trouve qu’il faut en revenir aux fondamentaux du FDF. Je ne me retrouve pas dans les idées de Rudy Aernoudt. Pour moi, c’est le type même du populiste, comme Jean-Marie Dedecker ou Alain Destexhe. »

« Un Flamand avec des théories de Flamand »

Véronique Caprasse
Kraainem, militante FDF depuis 1998, échevine de l’Enseignement

« Le FDF doit rester fidèle à son combat pour la défense des francophones. Rudy Aernoudt pose certains constats que je partage, par rapport au nombre de fonctionnaires, aux cabinets ministériels, etc. Mais il a aussi déclaré qu’il était favorable à la scission de BHV. Un Flamand avec des théories de Flamand. »

« Un bilan négatif pour le MR en termes d’image »

ENTRETIEN

Vincent de Coorebyter, vous êtes directeur général du Crisp. Comment décodez-vous la crise que vient de vivre le MR ? Didier Reynders a-t-il sous-estimé l’importance de l’axe gauche-droite dans sa fédération ?

Il a sous-estimé ce qui dans le programme d’Aernoudt et son style pouvait braquer ses composantes FDF et MCC. Le MCC et le FDF pouvaient se sentir trop peu écoutés par les libéraux au sein du MR. Cela arrivait surtout au moment de la confection des listes électorales, cela ne touchait pas aux décisions programmatiques. Ici, avec Aernoudt, aux yeux du FDF et du MCC, on touche à la ligne programmatique. Cela a dû surprendre les libéraux et Didier Reynders en particulier. On ne peut pas imaginer qu’il ait pris le risque délibéré d’un éclatement du MR, de perdre l’alliance avec deux alliés qui ont un nombre considérable d’élus pour une alliance avec quelqu’un qui ne représente que lui-même.

Didier Reynders présente Aernoudt samedi, il s’en sépare lundi. C’est une gaffe politique ?

Il y avait le feu au lac et je ne suis pas étonné que le président du MR ait réagi si vite. Dans cette histoire, on a raisonné sur base d’une analogie récente. Personne n’avait imaginé le succès de la Liste Dedecker aux élections de 2007. Le MR a sans doute voulu ne pas commettre l’erreur de sous-estimer Aernoudt. Mais il faut se souvenir qu’avant de faire cavalier seul, Dedecker a été intégré à la N-VA et il a fallu le mettre dehors sous la pression du CD&V sinon le cartel menaçait d’exploser. On était un peu devant un cas similaire. Le FDF et le MCC ont permis de renflouer les libéraux. Le MR ne pouvait pas se priver de ses alliés pour les quelques pour cent apportés par Aernoudt.

Le MR a vite fait ses calculs ?

J’ai vu monter l’enjeu Aernoudt avec surprise. Je ne m’imaginais pas que le MR y attacherait autant d’importance. Ce qui est nuisible au minimum pour le MR, c’est que tout cela a été étalé sur la place publique. C’est le feuilleton politique de l’hiver. Je pense que même si Aernoudt était resté, avec le FDF, l’image aurait été brouillée aux yeux d’une partie de l’électorat. C’est celle d’un parti prêt à encaisser les reproches de populisme pour gagner des points supplémentaires aux élections. Cela lui donne paradoxalement une image de fragilité.

Le FDF, lui, a donné l’impression d’une grande assurance. De la musculation payante ?

C’est possible. On est dans un jeu très tactique. Mais la période récente a permis au FDF de renforcer sa visibilité au sein du MR. Ils ont de nouveau un pied au gouvernement fédéral avec Clerfayt. Ils ont des personnalités fortes à Bruxelles à un moment où le PRL est peu présent sur des enjeux proprement bruxellois. Le FDF est un parti de municipalistes mais c’est aussi sa limite. S’il doit mener sa vie propre, le FDF aura une base géographique très restreinte mais pour le MR, le poids du FDF est déterminant à Bruxelles.

Le MCC est dans une position très différente…

Le MCC trouverait difficilement sa voie entre son ancienne formation, le MR, et le CDH et il pourrait difficilement faire cavalier seul. Mais sur une carte politique où on a vu beaucoup de mouvements, surtout en Flandre, tous les scénarios sont possibles. Le MR a compris qu’il n’avait pas intérêt à penser ses alliances insubmersibles.

Y aurait-il une dérive droitière du PRL, comme le dit Gérard Deprez ?

Je n’y crois guère dans la mesure où le président du MR a des accents antisocialistes très marqués. Avait-on vraiment besoin d’Aernoudt pour dire aux électeurs francophones que le MR est opposé au PS ? Reynders le fait très bien lui-même.

L’affaire Aernoudt va laisser des traces ?

Évidemment. Tout cela est très négatif pour Didier Reynders mais au moins, à cette occasion, il pourra réaffirmer sa dimension sociale tout en réaffirmant sa pugnacité contre le PS. Tout cela donne tout de même l’image d’un parti qui fait le grand écart entre deux tendances internes.

VOOGT,FABRICE,VANDEMEULEBROUCKE,MARTINE,DEMONTY,BERNARD,QUOISTIAUX,GILLES,LAMQUIN,VERONIQUE
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