La vente qui clôt une vie de passion

Marché de l’art La dispersion de la collection Bergé – Saint Laurent

206 millions d’euros d’œuvres ont été cédées dès le premier jour des trois jours de la vente. Un record mondial.

Pièces vendues : 733. Estimation : 200 à 300 millions d’euros. Catalogue : 1.800 pages et 10 kg. Pièces majeures : celles ci-dessus, plus du Géricault, du Hals, de l’Art nouveau, de l’Art déco, des statues antiques, des sculptures africaines, des pièces d’orfèvrerie ou de porcelaine. Organisé par Christie’s et Pierre Bergé et associés au Grand Palis, à Paris, cet événement a lancé lundi soir la dispersion de cette fabuleuse collection dont l’exposition a attiré des dizaines de milliers de personnes à New York, Bruxelles et Paris. Et déjà, était battu le record mondial de vente d’une collection privée en atteignant le montant de 206 millions d’euros.

A Paris, ce week-end, il fallait faire la file durant cinq heures pour pouvoir admirer tous ces objets mis en vente. Ainsi que les deux chefs-d’œuvre que Pierre Bergé va donner : L’adoration des mages, une tapisserie d’Edward Burne-Jones, au Musée d’Orsay, et le Portrait de don Luis Maria de Cistude, de Goya, au Louvre.

Cette vente est aussi un événement qui attire à Paris des centaines de curieux et d’acheteurs. Au Grand Palais, on attend plus d’un millier de personnes, plus 200 journalistes. Cent téléphones sont prévus. Huit commissaires priseurs se relaient. La vente totale s’étalera sur trois jours. Lundi soir, c’était l’art impressionniste et moderne, ce mardi les tableaux et dessins anciens et du XIXe, l’orfèvrerie, l’Art déco. Mercredi, les sculptures et objets d’art d’Asie, l’archéologie et le mobilier.

Pas d’acquéreur

pour un Picasso

Mais pourquoi Pierre Bergé vend-il tout ce qu’il a patiemment érigé avec son sami Yves Saint Laurent depuis leur coup de foudre de 1958 ? « Du jour où Yves Saint Laurent est mort, répond-il dans Libération lundi matin, cette collection n’avait plus de sens. Faite à deux pendant près de 50 ans, elle était une œuvre partagée qui avait atteint ses limites. Dans les mains de nouveaux amateurs, elle va connaître une autre vie, prendre un nouvel envol. »

Les sommes recueillies seront données en partie à la Fondation Yves Saint Laurent – Pierre Bergé, à la recherche sur le sida et à des actions caritatives.

Devant un parterre très « people », avec Bianca Jagger, l’ancien ministre Roland Dumas, le fils de Balthus, etc., les enchères ont commencé à 19 heures. Par un Degas adjugé 457.000 euros. Les noms célèbres se sont succédé : Gauguin, Manet, Degas encore, Cézanne dont une Montagne Ste-Victoire a atteint 2.081.000 euros, Seurat, Toulouse-Lautrec, Klimt, Vuillard, dont Marie rêveuse et sa mère a fait 1.129.000 euros, etc.

Un des deux clous de la soirée, le Picasso Instruments de musique sur un guéridon, n’a pas trouvé d’amateur au prix escompt. L’autre, Madame L.R. de Brancusi est parti à plus de 29 millions. Une belle surprise belge : le Pierrot de James Ensor a pulvériseé son estimation de 2 à 3 millions pour se vendre 4.993.000 euros.

Et enfin, un record pour un Matisse, Les coucous, tapis bleu et rose, a été adjugé à 35.905.000 euros.

Tous les résultats sur www.christies.com

VANTROYEN,JEAN-CLAUDE
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