LiDé a déjà perdu la tête

Partis Rudy Aernoudt, victime d’un putsch, s’accroche à la présidence

Rudy Aernoudt, cet ancien patron de l’administration flamande qui avait lancé en Wallonie, voici moins d’un mois, la campagne de LiDé – pour Libéral Démocrate –, vient d’être victime d’un putsch organisé par les siens. Son parti l’a viré vendredi. Eric Bruckmann, administrateur et cofondateur du parti, patron d’une agence de fret et de douane à l’aéroport de Bierset, se présentera à sa succession pour présider LiDé. Son conseil d’administration se tiendra mardi pour entériner la démission d’Aernoudt et annoncer l’élection du nouveau président. Eric Bruckmann sera ensuite présenté à l’élection des membres lors de l’assemblée générale du 14 mars prochain.

Le climat s’était envenimé à la tête de Lidé depuis plusieurs jours. Rudy Aernoudt était l’objet d’une rafale de critiques portant sur sa désorganisation, son ego surdimensionné, ses difficultés de structurer une équipe mais, surtout, sa fâcheuse habitude de la jouer solo. L’épisode de son passage au MR – qui lui avait généreusement offert une troisième place sur ses listes européennes – a mis le feu aux poudres. « Nous avions, la veille de son entrevue avec Didier Reynders, fixé des conditions minimales à ce rapprochement avec le MR », confie Eric Bruckmann. D’autres cadres de LiDé confirment que la confiance s’est rompue lors de ce passage éclair au MR, d’autant, explique un autre membre, qu’après avoir été chassé du MR, Rudy Aernoudt est revenu « comme si rien ne s’était passé ».

« Il nous forçait la main, précise Eric Bruckmann, comme lorsqu’il a annoncé devant les caméras de RTL que je ferais un excellent candidat sur la liste MR à Liège alors qu’il savait que jamais, je n’aurais accepté un tel accord. Non, il n’était plus possible de travailler avec lui. Il se comportait comme un véritable enfant gâté. Il jouait cavalier seul. Il a profité de LiDé pour régler ses comptes avec une série de gens et avec le PS wallon. Nous, on voulait nous positionner comme une sorte de parti Ecolo de droite. Avec Aernoudt, nous étions de plus en plus perçus comme des populistes, à la droite de la droite », soupire Bruckmann.

Qui, dans un communiqué publié sur le site de LiDé, précise encore : « Nous entendons ne pas laisser un seul homme accaparer nos espoirs et nos rêves pour les sacrifier sur l’autel de la particratie, le ressentiment, l’ego exacerbé et de la course folle à la médiatisation. »

Le futur président de LiDé reproche à son prédécesseur d’engager des dépenses sans se soucier des conséquences pour un mouvement supporté par des fonds privés. Le divorce semble donc bel et bien consommé. Et LiDé mort-né ? Eric Bruckmann réfute : « Nous espérons déposer des listes dans une série d’arrondissements. Je suis candidat à la présidence et j’ai l’intention, si je suis élu, d’assumer mes fonctions jusqu’aux élections, entouré par une nouvelle équipe. »

Une équipe qui a dû enregistrer vendredi une autre défection, celle de Laurent Nys, coordinateur du parti à Bruxelles. Ce patron d’un resto bruxellois du centre-ville et ex-conseiller communal MR à Uccle, n’a pas apprécié que son prédécesseur Pascal De Roubaix, ex-UDRT, proche de la droite ultraconservatrice et démis de ses fonctions, continue à s’exprimer au nom du parti.

Un parti qui semble bien avoir perdu les pédales. Et la tête ? Le président de LiDé, Rudy Aernoudt, a appris qu’il allait être démissionné par les siens en fin de soirée, vendredi : « Je viens de l’apprendre à la sortie des cours que je viens de dispenser. Je répondrai aux questions lundi, lors d’une conférence de presse. » Et à celle-ci « Vous êtes toujours président de LiDé ? » il répond : « Mais oui, évidemment. »

VANOVERBEKE,DIRK
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