Une tuerie qui ressemble à un crime misogyne

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Allemagne Onze victimes féminines dans un collège du Bade-Wurtemberg


Sept ans après le massacre d’Erfurt, quinze personnes tuées dans une école de Winnenden par un ado qui s’est suicidé.

BERLIN

De notre correspondant

Quand le téléphone sonne à 9h33 au commissariat de Winnenden, il est trop tard. Des cris de panique se font entendre. Quelques minutes auparavant, Tim Kretschmer, a abattu, en plein cours, neuf élèves de 14 à 15 ans et trois enseignantes du collège Albertville. Il a tué ensuite deux passants dans cette petite ville paisible du Bade-Wurtemberg, à 20 kilomètres au nord-est de Stuttgart. Une élève succombera plus tard à ses blessures.

Le jeune homme de 17 ans, un ancien du collège, a débarqué dans deux classes avec une tenue de l’armée allemande, armé d’un pistolet Beretta 9 millimètres.

Mercredi soir, les enquêteurs ignoraient toujours le motif du crime. La thèse du crime misogyne est avancée en raison du nombre de victimes féminines (huit élèves filles et trois enseignantes). « Il voulait d’abord tuer des filles, c’est clair », selon un enquêteur. « Il a surtout tiré dans les têtes de ses victimes », a précisé un porte-parole de la police. « Nous avons retrouvé les corps de certains élèves avec leur crayon encore dans la main », a-t-il ajouté.

Lorsque la police arrive sur les lieux, Tim est encore dans le collège, mais il prend la fuite.

Elle mettra deux heures et demie à le retrouver. Tim a forcé un automobiliste à le conduire jusqu’à Wendligen, au sud-est de Stuttgart. Il a laissé le propriétaire du véhicule – sain et sauf – dans un embouteillage sur l’autoroute avant de poursuivre à pied vers une zone industrielle.

Plus de 1.000 policiers participent à la recherche du tueur dans la région. Entre-temps, Tim se rend chez un concessionnaire Volkswagen de Wendlingen, une ville à 40 kilomètres du collège, pour réclamer une voiture. Il abat deux employés.

La cavale s’arrête vers midi. Une fusillade éclate avec la police. Le tueur est blessé à la jambe, deux agents sont touchés. La police pense que le jeune homme s’est finalement donné la mort. L’autopsie le dira.

On ne connaît pas précisément la personnalité de Tim mais il est décrit comme un élève « sans histoires ». « La famille est bien intégrée », a expliqué le maire de la commune. Il avait obtenu le brevet du collège et avait entamé une formation professionnelle. « Apparemment, il menait une double vie », a indiqué le ministre de la Culture du Bade-Wurtemberg.

Fils de bonne famille, Tim aurait subtilisé une arme à son père, membre d’un club de tir. Il savait manier les armes. Le père détenait légalement 15 armes à feu, 14 enfermés dans une armoire et une accrochée au mur dans sa chambre à coucher. Lors de la perquisition au domicile, le pistolet était manquant ainsi qu’un « grand nombre de munitions ». La tuerie de Winnenden a rappelé aux Allemands le drame de 2002 à Erfurt. À l’époque, un élève de 19 ans avait tué 16 personnes avant de se suicider. Un scénario qui semble s’être répété hier à Winnenden.

CHRISTOPHE BOURDOISEAU

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