Une autre lettre plombe la commission Fortis

Justice Un conseiller de la cour d’appel dénonce des mensonges

Le JUGE accuse un témoin, sans le nommer, d’avoir menti. Cette lettre, qui violerait des principes juridiques, inquiète.

Rideau, écrivions-nous hier, suite aux dernières auditions de la commission sur la séparation des pouvoirs. Celle-ci s’apprêtait à gagner Ostende pour rédiger son rapport dans une ambiance sereine et iodée.

C’était sans compter sur le dynamisme inattendu de la Place Poelaert, siège de la Cour d’appel de Bruxelles. Mercredi soir, un porteur est sorti du palais, avec, sous le bras une lettre à en-tête du Premier président de la Cour d’Appel, mais signée du magistrat Jean Van der Eecken, qui contenait ces quelques mots, explosifs : « Des éléments révélés dans les auditions publiques tenues à la chambre présentent des contradictions essentielles » avec les auditions menées dans le cadre de la procédure disciplinaire pendante devant les autorités de la Cour d’appel. La lettre est adressée à Bart Tommelein, président de la commission.

Traduction libre : l’un des témoins entendu devant la commission a menti, soit devant les députés, soit devant les autorités disciplinaires.

Cette lettre est loin d’être anodine : son signataire, Jean Van der Eecken, est le magistrat chargé d’appliquer d’éventuelles sanctions dans le cadre des procédures disciplinaires autour du dossier Fortis.

Alors, qui a menti ? La lettre n’en souffle mot. Elle affirme que quelqu’un a menti, mais s’arrête là. Les députés sont donc priés de se débrouiller avec ce commencement d’information.

Un point semblait faire l’unanimité : l’objet du mensonge concerne plutôt la procédure dans l’affaire Fortis menée devant la cour d’appel. Elle concernerait le différend entre le conseiller Blondeel et sa collègue Schurmans. Cette affaire a donc davantage trait aux problèmes qui se sont déroulés au palais qu’aux coups de fil donnés par les cabinets politiques.

Mais la lettre, dont personne, jeudi, ne comprenait les motivations, a lourdement perturbé les travaux de la commission. Jeudi, en fin de soirée, les commissaires se disputaient violemment pour savoir quelle suite ils allaient donner à leurs travaux. La commission menaçait d’imploser.

DEMONTY,BERNARD
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