Le jour où orthographe s’écrira ortografe

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Culture La langue française en fête

Une langue, ce n’est pas rigide. Ça accepte de nouvelles saveurs, ça évolue. Sur son site, « Le Soir » rectifie sa langue.

Même Jean-Marie Klinkenberg, le président du Conseil de la langue française et de la politique linguistique, l’affirme : « Je ne pleurerai pas le jour où on supprimera tous ces “th” et ces “ph” du français. » Lui, il estime qu’on devrait s’atteler à une grande réforme de la langue française. S’attaquer à l’accord du participe passé, par exemple. Mais ce n’est pas dans l’air du temps.

Déjà, la réformette de l’orthographe française établie en 1990, et rappelée officiellement en septembre 2008 aux formateurs scolaires, a du mal à s’imposer. Il ne s’agit cependant pas de trancher pour l’orthographe rectifiée contre l’orthographe traditionnelle mais de permettre les deux et, d’abord, d’enseigner la rectifiée.

Pas de quoi faire tout un plat ? Si, apparemment. Les francophones s’accrochent aux bizarreries de leur langue. En sont-ils amoureux ? Ou se disent-ils que si eux les ont assimilées, les autres n’ont qu’à le faire aussi ?

Les règles de l’orthographe rectifiée ne sont pourtant pas envahissantes. Voyez dans ces pages. Un nénufar par-ci, un paraitre par là, une bonhommie et un charriot, pas de quoi fouetter un chat (ça, ça ne change pas). Juste de quoi permettre une écriture plus aisée Mais personne n’en veut. Ou presque.

Alors, à l’occasion de l’opération « La langue française en fête », qui se déroule jusqu’au 22 mars, des linguistes ont voulu montrer en quoi consistait exactement cette orthographe rectifiée. Et Le Soir a joué le jeu sur son site web.

« On cherchait une façon de vitaliser la nouvelle orthographe et de contribuer à son adoption, explique Cédrick Fairon, membre du Conseil de la langue et directeur du Centre de traitement automatique du langage de l’UCL. Une manière de le faire était de sortir le débat de l’école pour le placer dans la presse. » La langue se vit partout dans la vie en effet. Cette opération était impossible sans recours à l’informatique : le centre de M. Fairon a mis au point un logiciel qui convertit automatiquement un texte en orthographe traditionnelle en texte avec la nouvelle orthographe.

Comment ça marche. Sur le site du Soir, www.lesoir.be, vous prenez un article. Un bouton vous invite à le traduire en nouvelle orthographe. Cliquez, c’est fait. Les formes modifiées sont mises en évidence. Et si vous promenez la souris sur elles, on vous explique la règle rectifiée.

« C’est une démarche volontaire, ludique et pédagogique à la fois, sourit Cédrick Fairon. On voit les exemples de rectification dans le monde du texte et pas dans celui de la règle. On voit aussi que ça ne mutile pas le texte. Sur un article de journal, il y a un ou deux changements, pas plus. Les réactions envers ces rectifications sont pour moi vraiment excessives. »

www.lalanguefrancaiseenfete.be

http://cental.fltr.ucl.ac.be

www.lettresetlivre.cfwb.be

VANTROYEN,JEAN-CLAUDE
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