Après la mobilisation, à quand l’action ?

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Sans-papiers

Grosse pression pour la régularisation des sans-papiers. Le Premier Van Rompuy a la main à présent.

1Ils étaient tous là. Recteurs, professeurs d’universités, avocats, étudiants, artistes, responsables d’associations et sans-papiers… Tous réunis au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles pour réclamer l’adoption par le gouvernement de la circulaire sur la régularisation des sans-papiers, promise depuis un an. Un peu plus loin, sur la place de la Bourse, s’est rassemblé un bon millier de manifestants, des étudiants surtout dont une importante délégation venue de Louvain-la-Neuve. Peu de calicots, peu de discours. Juste un objet brandi comme une arme dérisoire : un déboucheur. À l’intention du Premier ministre…

Certaines universités avaient suspendu les cours pour inviter les étudiants à participer aux manifestations organisées dans les trois régions du pays. L’engagement des universités et des hautes écoles dans le soutien aux sans-papiers n’a cessé de prendre de l’ampleur ces dernières semaines. L’accueil des sans-papiers sur les sites universitaires s’est étendu à tout le pays. Depuis ce mercredi, la KUL leur a ouvert les portes. Ce jeudi, c’est le cas à Namur (une vingtaine de sans-papiers équatoriens occuperont le sous-sol de la faculté de droit) et suivront tout prochainement Gand et Anvers. À l’ULB, où les sans-papiers occupent le gymnase depuis cinq mois, des psychologues s’inquiètent de la détérioration de l’état psychique des occupants et particulièrement des enfants. « On est dans une situation de non-assistance à personne en danger, dénonce le recteur, Philippe Vincke. Et dans une situation de non-droit. » Les professeurs de droit de plusieurs universités se sont d’ailleurs unis pour rédiger une note juridique à l’intention du gouvernement. « Ils sont à sa disposition pour élaborer une circulaire », ironise Marc Vervenne, recteur de la KUL.

Cinq recteurs ont accompagné les sans-papiers chez Herman Van Rompuy. Ils lui ont remis cette note juridique et une pétition signée par plus de 30.000 personnes.

Le Premier ministre a reçu la délégation pendant plus d’une heure. Pas de délai quant à une solution politique, mais le sentiment d’une écoute attentive.

« Il perçoit l’importance du problème social », constate Frédérique Mawet, pour le Forum Asile et Migrations (FAM). Le FAM insiste pour que Herman Van Rompuy « fasse preuve de courage politique. Son gouvernement ne peut pas se cacher derrière la crise ni derrière les stratégies politiciennes liées aux échéances électorales à venir pour ne pas mettre en place les mesures décidées par le gouvernement. » Frédérique Mawet s’insurge aussi contre la « désinformation » de la ministre de l’Asile, Annemie Turtelboom, à propos des régularisations. « Elle explique partout qu’il y a onze mille régularisations par an, c’est faux. Il y a eu à peine 1.950 dossiers humanitaires régularisés en 2008. C’est cette réalité sociale là qu’il faut traiter correctement. »

La CSC et la FGTB sont mobilisées depuis longtemps dans le combat des sans-papiers. L’immobilisme actuel, dénonce Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB, « permet qu’on continue à exploiter les sans-papiers dans des filières mafieuses ».

Mais c’est le président de l’ACW (MOC flamand) qui s’est montré le plus dur en appelant le gouvernement à mettre fin à « la lâcheté et la course au populisme ». Un message qui doit faire mouche auprès de certains ministres CD&V.

VANDEMEULEBROUCKE,MARTINE

LE PORTFOLIO :   Pour la régularisation des sans-papiers

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