Kim Clijsters encore, pour le plaisir

           

 
  Retour La Limbourgeoise entamera bientôt sa deuxième carrière

  Après deux ans d’arrêt, l’ex-nº 1 mondiale a décidé, à 25 ans, de revenir partiellement sur le circuit. Un retour qui soulève des questions.

    Les photos de son retoursa carrière en images

 

  1. Pourquoi ce retour ?

                La première raison vient de son amour pour le tennis, une discipline qu’elle avait arrêtée en mai 2007 après avoir été nº1 mondiale et remporté 34 tournois, dont un Grand Chelem, l’US Open en 2005. La deuxième s’explique par son inactivité. Depuis sa retraite, Clijsters a épousé le basketteur américain Brian Lynch (le 13 juillet 2007) et mis au monde une fille : Jada, née le 27 février 2008. Se retrouver « au chômage » à un si jeune âge, même si on possède un compte en banque qui laisse rêveur (15 millions de dollars amassés rien qu’en gains officiels), génère vite l’ennui. Surtout quand on a été si longtemps au centre de l’attention. « Pendant ces deux ans, je me suis beaucoup occupée de Brian, de Jada et de mon papa (NDLR : décédé en janvier), dit-elle. Maintenant, je veux me lancer un défi et voir ce que je vaux face aux joueuses actuelles. » C’est en se préparant pour l’exhibition de Wimbledon qu’elle a eu envie de revenir.

  2. Kim revient, avec quelle ambition ?

                Clijsters ne l’a pas caché : elle va rejouer pour le plaisir et non pour redevenir nº1 mondiale. « Ma deuxième carrière ne sera pas la même que la première car je suis devenue une femme mariée avec un enfant. Mes buts seront différents et je n’ai plus rien à prouver aux gens, dit-elle à ce sujet. Mais si je reviens, ce n’est pas non plus pour perdre au premier tour et faire la touriste. Ça, je peux le faire où je veux sans emmener ma raquette ! » A ce sujet, on signalera que les tournois de Cincinnati et de Toronto sont parmi les plus importants du circuit car dotés chacun de 2 millions de dollars. Et que dire de l’US Open, l’un des quatre Grand Chelem ? Concrètement, la Limbourgeoise va passer l’été aux Etats-Unis puisque ces tournois s’inscrivent dans la foulée de ses exhibitions américaines. Entre deux tournois, elle donnera le biberon à Jada dans la maison que les parents de Brian Lynch possèdent à Belmar, une cité du New Jersey.

  3. Quelles adversaires l’attendent ?

                Des filles qui, pour la plupart, se sont déjà mises à trembler à la seule idée qu’elles pourraient tomber sur elle dans l’un des tournois à venir ! « Il y a beaucoup de joueuses dont je ne sais même pas prononcer le nom », plaisanta Kim. Depuis le départ à la retraite de Justine Henin, le circuit WTA se cherche une patronne. Certes, Serena Williams occupe aujourd’hui la première place mondiale (et c’est franchement mérité car elle est la plus forte) mais l’Américaine joue quasiment à mi-temps. Le pire, c’est que ça lui suffit à rester en tête. Les Jankovic, Ivanovic, Sharapova et autres stars déçoivent lamentablement, comme si elles avaient perdu LA fille-référence qui les poussait à se battre davantage. Clijsters sera-t-elle la nouvelle référence ? On ne peut que l’espérer car aujourd’hui, la différence d’intérêt entre le circuit masculin et le féminin est abyssale. Il est toutefois à craindre que Kim joue trop peu pour (re)devenir LA fille à battre.

  4. Une promesse faite à son père ?

                De son propre aveu, son père n’a eu aucune influence sur sa décision. « Mais mon père était la personne qui me connaissait le mieux, dit la joueuse. Sans doute avait-il pressenti que je rejouerais un jour mais on n’en a jamais parlé. » Avant de se décider, Clijsters dit en avoir beaucoup parlé avec son mari (« Un homme très facile avec qui j’ai une relation stable et ouverte… »). Elle s’est aussi confiée à son manager Bob Verbeeck, un ami intime de la famille. Le plus dur pour la fille de Bree sera de voir comment elle réussira à combiner la compétition et la vie de famille. Comme elle le dit elle-même, sa plus grande rivale sera… elle-même. « Je dois voir si tout se passera bien à la maison quand je serai absente : Jada, Brian et même mes… chiens ! Tout cela est aujourd’hui devenu beaucoup plus important que tout le reste. C’est pourquoi je ne peux pas dire aujourd’hui quels seront mes projets après l’US Open. »

  5. Physiquement, où en est-elle ?

                Difficile de distinguer, sous le jogging qu’elle portait jeudi, la silhouette exacte de l’ex-nº1. Reste que Clijsters est apparue nettement plus affûtée que lors de la remise des Sportifs de l’année, en décembre, mais elle a encore du poids à perdre. Contrairement à ce qui a été écrit ou dit, Kim ne s’entraîne pas 6 heures par jour mais bien 3, à raison de 6 jours par semaine. Un jour, elle joue au tennis et le suivant, elle travaille sa condition physique, et ce depuis la mi-janvier. « Elle m’a appelée pour préparer Wimbledon, raconte à ce sujet Wim Fisette, ancien joueur belge, qui voyage avec elle. Elle éprouve beaucoup plus de plaisir à s’entraîner qu’avant et le défi la motive énormément. Elle frappe toujours très fort dans la balle mais est-ce aussi fort qu’avant, franchement, je n’en sais rien. Ce que je peux dire, c’est qu’elle joue bien. Sera-ce suffisant pour réussir son retour ? On verra car ça ne va pas être simple à gérer avec sa famille. »

  6. Et Justine Henin dans tout ça ?

                Le retour de Clijsters va-t-il inspirer Henin ? That’s the question ! Nul ne sait de quoi est fait l’avenir, et encore moins celui de la Rochefortoise dont les voies sont impénétrables. Une chose est sûre : quand elles ont chacune arrêté, le degré de ras-le-bol du tennis était (et nettement) plus important chez Henin que chez Clijsters. Aujourd’hui, Henin songe à tout (gérer son club à Limelette, voyager pour l’Unicef, pouponner son chiot, faire de la télé, se caser…) sauf à reprendre le tennis. Il va toutefois bien falloir qu’elle reprenne sa raquette un jour puisqu’elle disputera une exhibition au Spiroudôme en décembre mais cette perspective ne l’enchanterait qu’à moitié. Pourrait-on la voir faire partie des 8 joueuses conviées à Anvers (du 10 au 13 décembre avec de très grosses pointures du circuit) ? « Si Justine le veut, je l’accueillerais volontiers mais elle a exprimé le souhait de ne pas jouer contre des joueuses actuelles », explique à ce propos Bob Verbeeck. « Justine peut revenir elle aussi, on ne sait jamais, dit Clijsters, mais je ne sais pas où elle place ses priorités. Je ne l’ai pas revue ces deux dernières années, à part aux Sportifs de l’année. Tout est possible. »

  Le come–back, Quand et où ?

           25-26 avril. Clijsters s’entraînera avec l’équipe belge de Fed Cup pour le match de barrage contre le Canada à Hasselt.

            17 mai. Exhibition à Wimbledon avec Graf, Agassi et Henman.

            14 juin. Exhib à Rosmalen contre Michaella Krajicek.

            21 et 22 juillet. Exhibs à Saint Louis et Philadelphie.

            10 août. Tournoi WTA de Cincinnati.

            17 août. Tournoi WTA de Toronto.

            31 août. US Open à New York.

            Du 10 au 13 décembre. Exhib au Sportpaleis d’Anvers avec 7 autres joueuses du top mondial encore à communiquer (2 poules de 4).

         LEONARDI,PAOLO

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