Magritte enlève le haut

Musée Le public découvrira le nouveau musée le 2 juin

La bâche est tombée. Les corps de métier s’activent.
Le Musée Magritte dévoile ses mystères. Visite en primeur.

Taguée, fatiguée, la grande bâche qui couvrait les façades du futur Musée Magritte vient d’être enlevée. Le strip-tease de l’Empire des lumières n’est pas parfait. Un corset d’échafaudages enserre encore les enduits de blanc crémeux qui replacent le musée naissant au sein de son écrin, la place Royale, à Bruxelles. Tout sera enlevé la semaine prochaine. Dans une quinzaine de jours, l’accrochage des premières œuvres pourra commencer, sous l’égide des Musées royaux des beaux-arts et de la Fondation Magritte.

Quelle est l’ambiance intérieure ? C’est une première. Depuis le lancement des travaux, le musée s’était mis au secret. Aujourd’hui, le voile se lève avec parcimonie sur l’agencement intérieur. Première impression : l’espace de l’ancien hôtel Altenloh est exploité au cordeau. Le parti pris de coffrage en béton brut magnifie les hauteurs de plafond. L’ambiance sera intimiste, contrastant avec les espaces de circulation, baignés de lumière.

Intimiste et spectaculaire

Cela bourdonne à tous les étages. Un test de climatisation est en cours. Les sources de lumière pendent encore au bout de leur fil. On ponce le travertin. Les gaines de câbles seront bientôt reliées à la batterie des écrans et bornes multimédias. On règle des rails de spots.

Malgré son grand corps vide, le futur musée donne déjà le ton : les cimaises sont voulues dans des tonalités sombres, jusqu’à ce Bleu Magritte créé spécialement par la manufacture Farrow & Ball en connivence avec le scénographe Winston Spriet, un bleu intense et mystérieux sur lequel on imagine déjà le Domaine enchanté.

Que l’on ait acheté son billet d’entrée à l’avance par un système d’impression à domicile ou que l’on soit passé par la billetterie de la rue de la Régence, un vaste ascenseur pouvant accueillir 48 personnes conduira le public au troisième niveau. La vue plongeante vers la Grand-Place coupe le souffle !

C’est là que commence la visite à la fois intimiste et spectaculaire, 460 mètres de cimaises, 154 œuvres, peintures, dessins, affiches, gouaches, publicités, partitions, photographies et objets dispersés sur 2.086 mètres carrés accessibles au public.

Chaque étage vibre selon un thème qui devra rendre à René Magritte sa vérité poétique. On enchaînera « la conquête du surréalisme », puis « l’échappée belle » pour atteindre « le mystère à l’ouvrage ». La répartition des espaces est identique pour chaque niveau : des salles tout en longueur, sous éclairage artificiel, séparées par la vaste cage d’escalier inondée de lumière.

Le public découvrira le lieu dès le mardi 2 juin. Le week-end de Pentecôte devrait être l’occasion d’une grande fête d’ouverture, avec des animations pour enfants, des musiciens, des visites guidées. Rien n’est encore tout à fait décidé à ce jour.

Magritte entretient le mystère, place Royale

Musée

Décidément, créer un nouveau musée relève du parcours surréaliste et de la facilité illusoire. Le Musée Magritte a joué au fantôme de la place Royale, travaux obligent. Une fois la bâche enlevée, la présence du musée monographique doit maintenant s’affirmer comme phare majeur. L’outil est unique au monde. Si d’aucuns se croient au bout de leurs peines maintenant que le calendrier final est lancé et que l’accrochage des collections actuelles et des dépôts se profile à l’horizon, l’aventure commence pour d’autres.

Aux Musées royaux des beaux-arts, les ateliers éducatifs fourbissent leurs plans. Pour percer le mystère Magritte, conférenciers, jeux d’idées et de hasard joueront sérieusement avec le monde des images.

Encore en chantier, le site web est en bonne voie. Le groupe sponsor Suez garde la main sur les aspects techniques et créatifs de ce médium alors que les services du grand vaisseau fédéral fignolent le contenu, en bonne entente. Le site comprendra beaucoup de visuels, des histoires aussi, sur Magritte, le surréalisme, Magritte et ses amis.

Magie noire ?

Mais finalement, sait-on dans le vaste monde et même en Belgique qu’un Musée Magritte va bientôt s’ouvrir à Bruxelles ? Magie noire ? Aucune affiche, aucune brochure n’annoncent la naissance prévue dans deux mois.

Curieusement, l’ampleur de la communication se mesure à l’inverse de l’enjeu artistique et économique ! Des touristes américains et japonais sont réduits à interroger le service de la communication des Musées royaux des beaux-arts pour connaître la date d’ouverture et programmer en conséquence leur visite à Bruxelles… Le mystère Magritte demeure.

Pour l’heure, la priorité est bien cette course contre la montre. Tout doit être fin prêt pour le 10 mai. Pourquoi tant de hâte ? Nocturnes et événements y sont programmés dès cette date par le groupe Suez, grand argentier et mécène fondateur du Musée Magritte.

www.musee-magritte-museum.be

LEGRAND,DOMINIQUE
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