génocide rwandais : le rapport tronqué

Exclusif. Des éléments neufs torpillent le dossier « Bruguière », qui implique le camp du président Kagame dans l’assassinat de Habyarimana.

Il y a tout juste quinze ans, le 6 avril 1994, l’attentat contre le président de l’époque, Juvénal Habyarimana, mettait le feu au pays des Mille Collines.

Cet assassinat fut l’événement déclencheur d’un génocide qui fit 1 million de morts en trois mois.

Après des années d’une enquête sous haute tension, le juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière réclamait en 2006 des poursuites internationales contre le camp du président rwandais en exercice, Paul Kagame. Des mandats d’arrêt furent délivrés à l’encontre de neuf proches ou membres du Front patriotique rwandais (FPR).

Aujourd’hui, Colette Braeckman, journaliste au Soir, a pris connaissance de documents inédits découverts en Suisse, qui indiquent que le dossier « Bruguière » se vide de sa substance. Des témoins qui se rétractent, un traducteur pas du tout neutre, l’enquête contre Rose Kabuye – une proche de Kagame accusée d’avoir commandité le génocide – menée à la légère…

La bombe française ressemble de plus en plus à un pétard mouillé.

Il y a 15 ans, le dernier génocide du XXe siècle

Rwanda Avril 94, horreur et chaos

Le génocide rwandais, perpétré entre avril et juillet 1994, a fait un million de morts
parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés. A Kigali, les blessures restent vives.

Kigali (rwanda)

de notre Envoyée spéciale

En face du Centre hospitalier de Kigali, des universitaires canadiens et américains sont réunis dans un hôtel cinq étoiles et examinent les diverses facettes du génocide. Au bout de la rue, le Ministère de la Défense a déménagé pour un imposant bâtiment dominant la ville et que tous appellent désormais le Pentagone. Entourée d’une petite grille, la casemate où se réfugièrent les dix Casques bleus belges a été repeinte de frais, mais les impacts de balles ont été préservés et dans ce quartier paisible, seule cette façade martyre, devant laquelle des gerbes de fleurs sont régulièrement posées, rappelle encore la tragédie qui se joua il y a quinze ans. Car ailleurs à Kigali, plus rien n’exprime la terreur qui s’empara du Rwanda dès le soir du 6 avril 1994.

Au vu des routes asphaltées, des chemins de pierre qui relient entre eux les nouveaux quartiers, des immeubles neufs qui ont remplacé les quartiers populaires avec leurs dédales de terre battue et leurs maisons basses ceintes d’euphorbes, comment imaginer que, voici quinze ans, dans les minutes qui suivirent le crash de l’avion qui ramenait le président Habyarimana de Tanzanie, la ville se couvrit de barrières, que des tueurs s’égaillèrent immédiatement à travers la ville en sachant très bien ce qui leur restait à faire ?

Dans cette cité moderne, ambitieuse, au milieu de ces immeubles abritant des banques, des commerces et des bureaux, au vu de ces parterres taillés au ciseau et de ces espaces verts qui ressemblent à des jardins anglais, comment croire que, voici quinze ans, les bennes de la voirie ramassaient les cadavres à la pelle et les déversaient devant l’hôpital, comme des tas d’immondices ? Au vu de ces gens bien habillés, portant tous des chaussures de ville (les « nu-pieds » sont interdits) comment se souvenir de ces tueurs au regard halluciné, ivres de bière, de chanvre et de haine, ceints d’amulettes, qui brandissaient fusils et longues machettes et traquaient, comme du gibier, leurs voisins tutsis débusqués dans les faux plafonds, les fossés et les fourrés de haies vives ?

C’est ici cependant, dans ce décor de carte postale, dans ce mouchoir de poche tropical, que se joua, en avril 1994, la pire des tragédies, le dernier génocide du 20eme siècle.

Le 6 avril à 20h 23, le signal fut donné lorsque l’avion du président fut abattu par deux missiles d’origine toujours inconnue. Dans les heures qui suivirent, de nombreuses personnalités politiques – des Tutsis mais aussi de nombreux Hutus dits modérés parce qu’ils qui s’opposaient aux extrémistes –, furent assassinées : le président du Parlement, plusieurs députés, mais surtout le Premier Ministre Agathe Uwilingyimama, une Hutue qui dirigeait le gouvernement de transition dans lequel le Front patriotique rwandais devait occuper plusieurs postes. Elle fut abattue chez elle alors qu’elle s’apprêtait, surmontant sa peur, à se rendre au siège de la radio pour y prononcer un discours et tenter de reprendre la situation en mains. En face de sa maison, qui aujourd’hui comme hier demeure adossée à des bureaux des Nations unies, des Casques bleus belges attendaient. Le lieutenant Thierry Lotin et ses hommes, épuisés par une nuit sans sommeil, avaient pour mission de protéger « Madame Agathe » mais le mandat de l’ONU, soumettant les soldats de la paix à l’autorité rwandaise, leur interdisait de faire usage de leurs armes, de se défendre alors qu’en face des militaires surexcités les prenaient pour cibles et avaient déjà détruit leur véhicule. Dociles, obéissant aux ordres de leurs chefs, Lotin et ses hommes finirent par remettre leurs armes aux Rwandais, par accepter

d’être transférés au camp Kigali où leur mise à mort allait se prolonger jusqu’au début de l’après midi. La haine des militaires rwandais avait été exacerbée par la rumeur répercutée par la radio des Mille Collines, selon laquelle les Belges auraient abattu l’avion du président.

Durant ces heures d’agonie, nul ne tenta de porter secours aux commandos belges, pas même leurs supérieurs hiérarchiques directs, le général Dallaire et le colonel Marchal.

Alors que le colonel Bagosora, terré dans le ministère de la Défense, reprenait le contrôle de la situation, et qu’un gouvernement intérimaire composé de civils se constituait sous les yeux de l’ambassadeur de France, les tueurs ne tardèrent pas à comprendre le message : si nul n’était intervenu pour empêcher la mort des Belges, ils avaient le champ libre. Personne n’interviendrait pour empêcher le massacre des Tutsis.

Lorsque le 8 avril, les premiers commandos du FPR atteignirent Kigali, la machine à tuer tournait à plein régime. Des commandos belges, français, italiens envoyés en renfort évacuaient les expatriés en passant dans des rues jonchées de cadavres et s’ils embarquaient les chiens des coopérants, ils laissaient au pied de l’avion les couples mixtes, les collaborateurs des diplomates, tous ces Rwandais qui avaient cru que les Nations unies étaient là pour les protéger.

Quelques jours plus tard, la Belgique allait d’ailleurs ordonner le retrait de son contingent, laissant le général Dallaire à la tête de quelque 270 hommes totalement impuissants.

Le monde avait abandonné le Rwanda. Trois mois plus tard, les massacres de Tutsis avaient fait un million de morts.

Hutus et Tutsis.

Alors que la population rwandaise se partageait entre cultivateurs et pasteurs, ces deux catégories ethniques furent établies par l’administration de la colonisation belge. Les Hutus (décrits comme petits et trapus), majoritaires au Rwanda mais longtemps gouvernés par une hiérarchie tutsie (décrits comme grands et minces), ont été mis en avant par les colonisateurs belges.

Juvénal Habyarimana

Hutu, il fut président du Rwanda de 1973 jusqu’à son assassinat en 1994.

Il favorisa les Hutus, sa catégorie administrative, pendant les vingt ans de sa dictature.

Son entourage a joué un rôle de premier plan dans la préparation du génocide.

Paul Kagame

, Tutsi rwandais, a passé toute sa jeunesse en exil en Ouganda. Membre du Front patriotique rwandais, il participe à l’offensive lancée contre le régime de Kigali en 1990. En 1994, à l’issue du génocide, il devient l’homme fort du nouveau régime.

Appel à témoins pour la vérité, enfin
Commentaire

Quinze années après le génocide, le Rwanda fait illusion : pacifié, sécurisé, reconstruit, il est souvent présenté comme un modèle de gouvernance et les bailleurs qui ont ouvert largement les robinets de l’aide internationale peuvent considérer avec satisfaction que leurs fonds ont été bien utilisés.

Cependant, rien n’est définitivement gagné : pour que d’autres conflits soient évités, il faut que la coopération régionale se renforce, entre autres avec le Congo trop longtemps pillé et humilié par son voisin.

Il faudrait aussi que tous les Rwandais, ceux de l’intérieur du pays et ceux qui vivent en dehors, (sans oublier tous ceux qui ont choisi de se taire…)se mettent d’accord sinon sur une version commune de leur histoire, du moins sur le degré de responsabilité des uns et des autres, qu’ils s’attachent, tous ensemble, à démentir les manœuvres de désinformation dont l’histoire de ce pays a fait l’objet.

Dans toutes les universités du pays, l’histoire précoloniale du pays, longtemps vue à travers le prisme de la colonisation, a déjà été sérieusement revue et « réécrite à l’endroit ». La véritable histoire du génocide, dans toute sa complexité, commence à être connue. Reste à éclaircir le dossier de l’attentat contre l’avion du président, qui ne fut pas la cause d’un génocide depuis longtemps préparé, mais le prétexte qui donna le signal de son déclenchement.

Alors que le dossier constitué par le juge Bruguière s’effondre par pans entiers, que sa vraisemblance est sérieusement sujette à caution, on ne mesurera jamais assez le tort causé par les allégations qu’il contient.

Le mal, certes, a été infligé au régime de Kigali, mais surtout aux victimes rwandaises. Les survivants du génocide se sont pris à douter de leurs dirigeants, à se demander, atroce question s’il en est, si les Tutsis qui vivaient au Rwanda en 1994 n’avaient pas été délibérément sacrifiés par leurs frères venus d’Ouganda les armes à la main et prêts à tout pour conquérir le pouvoir… Cette question-là (que nul n’ose poser ouvertement) mine la société rwandaise et empoisonne le climat. C’est pour cela que, quinze années après le génocide, il ne faut pas seulement exiger que la communauté internationale indemnise enfin les victimes. Il faut aussi, plus que jamais, tenter d’établir la vérité sur l’attentat du 6 avril et confier cette tâche à une commission d’enquête réellement indépendante. C’est de la vérité, et d’elle uniquement, que naîtra la vraie réconciliation, seul gage d’une paix durable…

Le négationnisme, une autre façon de faire la guerre

analyse

Alors que le génocide des Tutsis était encore en cours, sa négation s’installait déjà.

A Kigali, on se souvient de toutes ses déclinaisons : la disparition du président Habyarimana, aurait suscité, spontanément, une réaction de « colère populaire » ; par la suite, alors que les rivières charriaient des cadavres, ces crimes furent attribués aux combattants du Front patriotique rwandais, ce qui accrédita la thèse du « double génocide », comme si tous ces crimes finalement s’annulaient.

Ensuite, l’exode des Hutus au Congo, d’une ampleur « biblique » détourna l’attention de l’opinion, brouilla la piste des responsabilités et prépara le terrain pour les nouvelles guerres qui allaient ensanglanter la région… Au cours d’un symposium précédant les cérémonies de commémoration du quinzième anniversaire du génocide, les Rwandais ont enfin reconnu que, absorbés qu’ils étaient par les défis de la reconstruction, de la sécurité, du développement, de la justice, ils n’ont pas prêté suffisamment d’attention à cette autre guerre qui était menée contre eux, celle du révisionnisme, voire de la négation du génocide.

Aujourd’hui que neuf hauts responsables du régime font toujours l’objet d’un mandat d’arrêt international délivré par le juge Bruguière, que des dizaines d’ouvrages, des milliers d’articles ont permis de vérifier l’adage de Voltaire – « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose » –, Kigali a enfin compris qu’après le recours aux armes, aux pressions économiques, au sabotage, la désinformation était une autre phase de la guerre et que celle-ci avait peut-être été perdue.

Venu de Montréal, le professeur Gerry Caplan devait relever que pour de larges pans de l’opinion internationale, le FPR était désormais tenu pour responsable de l’attentat contre l’avion présidentiel, une accusation qui avait sérieusement terni l’image du régime et occulté ses efforts de bonne gouvernance et de reconstruction. (Le professeur n’ajouta cependant pas que les guerres menées au Congo avaient elles aussi contribué à cette vague de désamour…)

Si le négationnisme est devenu une autre façon de mener la guerre, il est aussi une très subtile tentative de déstabiliser le régime, de lui ôter la légitimité qu’il tire du fait d’avoir mis fin au génocide.

Après avoir longtemps minimisé les effets de ces critiques négationnistes – non sans orgueil, d’ailleurs –, le régime de Kigali prend finalement conscience du danger qu’elles représentent et se défend : en organisant un symposium, en contre-attaquant sur le dossier Bruguière. Mais il est bien tard, même si, pour la première fois depuis quinze ans, des journalistes français (RFI, France Culture et d’autres) sont venus en force et en nombre, qui se préparent à donner du Rwanda une image plus réaliste que celle qui a prévalu en France jusqu’à présent.

Exclusif : Le dossier « Bruguière » se vide de sa substance

Depuis 2006, les neuf mandats d’arrêt délivrés par le juge Bruguière à l’encontre de hauts dirigeants rwandais ont provoqué la rupture des relations diplomatiques entre Paris et Kigali. Or, aujourd’hui, l’examen du « dossier Bruguière » s’avère plus compromettant pour le pouvoir judiciaire français que pour le Rwanda lui-même…

En effet, les principaux témoins à charge cités par le juge se sont rétractés, dont le major Ruzibiza qui avait déclaré avoir participé lui-même à l’attentat contre l’avion du président Habyarimana et est revenu sur ses déclarations. Des éléments neufs pourraient être invoqués pour invalider l’ensemble du dossier.

En effet, des documents inédits découverts en Suisse – et dont nous avons pu prendre connaissance en exclusivité – établissent que le traducteur rwandais, Fabien Singaye, qui assista Bruguière dans l’interrogatoire de ses témoins était tout sauf neutre. Fabien Singaye, le beau-fils de Félicien Kabuga, l’un des financiers du génocide, toujours recherché par Interpol, était lié au clan présidentiel. En 1992, alors qu’il travaillait à l’ambassade du Rwanda à Berne et opérait comme agent de renseignements pour le régime, il avait travaillé avec Paul Barril, le sulfureux « gendarme de l’Elysée » qui, en 1994 avait été chargé de plusieurs missions pour la famille Habyarimana. Avec un traducteur aussi « engagé » que Fabien Singaye, rien d’étonnant à ce que des témoins comme Emmanuel Ruzindana (qui ne parle pas le français) aient déclaré par la suite n’avoir rien reconnu des propos qu’ils avaient réellement tenus…

Alors que le dossier Bruguière se vide de sa substance, les relations entre la France et le Rwanda sont à un tournant : le 14 mars dernier, l’ancien ministre français Alain Madelin s’est entretenu durant une heure et demie avec le président Kagame, en compagnie de deux « Messieurs Afrique », Philippe Bohn et Jean-Philippe Gouyet. En plus de l’informatisation du système d’enseignement au Rwanda, il a surtout été question du contentieux judiciaire entre les deux pays.

En effet, en réponse aux mandats d’arrêt du juge Bruguière, Kigali avait à son tour menacé d’inculper de hauts responsables français accusés de complicité de génocide. S’il est trop tôt pour préjuger de l’attitude rwandaise (le rapport établi par Kigali sur l’attentat du 6 avril contre l’avion de Habyarimana est toujours entre les mains de Kagame), en revanche la « bombe française » ressemble de plus en plus à un pétard mouillé.

Cette semaine en effet, Mme Rose Kabuye, directeur de protocole du président, a été autorisée non seulement à regagner le Rwanda, mais à reprendre toutes ses activités. Tout au plus est-elle invitée à coopérer à l’avenir avec la justice française, le mandat n’ayant pas encore été formellement levé. Les charges qui pesaient sur elle n’étaient cependant pas minces : le dossier du juge Bruguière la désignait comme planificatrice et « commanditaire du massacre des Hutus, organisatrice des massacres des Hutus encerclés par le FPR à Kigali. »

Mme Kabuye était également désignée comme l’organisatrice du massacre des évêques à Kabgayi et était accusée d’avoir « créé dans le Bugesera des camps de concentration et d’exécution. » Rien de moins…

Le fait que Mme Kabuye ait décidé de se livrer à la justice française en novembre avait permis aux avocats de la défense d’avoir enfin accès au dossier. Mme Lev Forster et Bernard Maingain ont alors pu mesurer la légèreté avec laquelle avait été menée cette instruction, très politique, et conduite uniquement à décharge.

Il apparaît en effet que le magistrat français ne s’est pas rendu sur le terrain, n’a pas confronté des témoignages contradictoires, ni recoupé les faits. Mais surtout, il s’est fié à des témoins qui lui avaient été amenés « sur un plateau », et dont les propos étaient traduits par Fabien Singaye.

Les auditions du juge avaient été préparées par un homme dont le nom est plus beau qu’un pseudonyme, le commandant Pierre Payebien, qui avait rassemblé les témoins, tous à charge.

Certains d’entre eux s’étaient vu promettre visa ou permis de séjour en échange de leur coopération. Depuis lors, Emmanuel Ruzidana, réfugié en Suède, a déclaré qu’il avait dû se contenter de signer une déclaration déjà rédigée d’avance. Quant à Abdul Ruzibiza, le principal témoin à charge, il a déclaré qu’en 2001, alors qu’il était réfugié à Kampala des contacts français lui avaient promis un visa à condition qu’il parle à un juge. (A cette époque nous l’avions nous-même rencontré en Ouganda et jugé peu crédible qu’un ancien aide soignant basé dans la région de Buymba ait pu avoir aussi facilement accès aux secrets militaires du Front patriotique rwandais et aux réunions les plus restreintes.)

S’il s’est longuement attardé sur les dépositions de témoins peu crédibles, le juge Bruguière, par contre, n’a guère poussé très avant l’interrogatoire de témoins français de premier plan, comme le commandant Grégoire de Saint-Quentin, qui, dans la soirée du 6 avril, fut le premier à se rendre auprès de l’épave de l’avion ou, surtout, le commandant Paul Barril. Ce dernier déclare dans sa déposition que « dans les années 90, j’ai été chargé, sur ordre de Grossouvre (collaborateur du président Mitterrand, faisant lien avec le président Habyarimana et qui fut trouvé suicidé le 7 mai 1994) d’infiltrer les structures militaires et politiques de la rébellion rwandaise. » Le 6 avril 1994, le commandant Barril était présent au Rwanda et il y retournera plusieurs fois, assurant entre autres qu’il aurait découvert des étuis de lance-missiles ou même la boîte noire de l’avion, éléments qui furent infirmés par la suite. Alors que Barril se trouve visiblement au cœur d’un dispositif parallèle, Bruguière ne lui pose que quelques questions banales. A l’avenir, les successeurs du juge antiterroriste pourraient bien pousser les investigations beaucoup plus loin…

6 avril 1994

L’avion du président rwandais Habyarimana est abattu au-dessus de Kigali. Cet avion était en provenance de Tanzanie, où le président avait participé à un sommet consacré aux crises burundaise et rwandaise. Le Falcon 50 a amorcé sa phase d’atterrissage sur l’aéroport de Kigali, lorsqu’il a été frappé par un tir de missile sol-air.

7 avril 1994

Début du génocide. Le premier ministre, Agathe Uwilingiyimana, et d’autres personnalités politiques modérées, dix militaires belges de la Mission des nations unies (Minuar) sont assassinés.

22 juin 1994

L’opération « Turquoise » déploie 2.500 militaires dans le sud-ouest du Rwanda. Cette opération militaire est organisée par la France à la fin du génocide. Elle était dirigée par le général français Jean-Claude Lafourcade. Cette opération de l’ONU a été décidée par la résolution nº 929 du Conseil de sécurité.

7 juillet 1994

Le Front patriotique rwandais (FPR), avec Paul Kagame à sa tête, reprend l’offensive et s’empare cette fois-ci du pouvoir. Le FPR entre dans Kigali, le génocide se termine. Le FPR a été créé en Ouganda, en 1987-1988 par les exilés tutsis de la première et de la deuxième république du Rwanda.

22 août 1994

L’opération « Turquoise » quitte le Rwanda. La force comptait 2.550 militaires de l’armée française et 500 autres venus de sept pays d’Afrique (Sénégal, Guinée-Bissau, Tchad, Mauritanie, Égypte, Niger et Congo).

Octobre 1996

Les camps du Kivu où se trouvent 1,5 million de réfugiés hutus sont attaqués par une force venue du Rwanda. Des éléments des forces génocidaires ont mené au Rwanda des incursions postgénocidaires avec les mêmes méthodes sanguinaires, de 1994 à 1996.

17 mai 1997

Mobutu est chassé du pouvoir, le Rwanda et ses alliés entrent à Kinshasa.

BRAECKMAN,COLETTE
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