Me Hissel poignardé par son fils

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L’ex-avocat des parents de Julie et Melissa dans un état « inquiétant »

Romain Hissel évoque l’aboutissement d’une « longue histoire ». L’avocat était poursuivi dans un dossier pédophile.

L’ex-avocat des parents de Julie et Melissa, Me Victor Hissel, a été poignardé à huit reprises, jeudi en fin d’après-midi, par son propre fils, Romain, âgé d’une vingtaine d’années. L’état de la victime était toujours qualifié jeudi soir d’« inquiétant » même si l’avocat avait repris conscience. Le drame s’est produit dans le cabinet de l’avocat, rue Duvivier à Liège. Selon le procureur général Cédric Visart de Bocarmé, d’autres coups auraient aussi été donnés dans une cuisine jouxtant le cabinet. Et ensuite sur le trottoir, des coups plus forts au thorax, à l’abdomen et dans le dos. Des passants sont intervenus pour mettre un terme à la scène. Le jeune homme a été maîtrisé par des témoins avant d’être remis aux mains de la police. Il aurait expliqué aux enquêteurs que son geste résultait d’une « longue histoire ».

Jeudi soir, le juge d’instruction Doyen, accompagné de la procureure du Roi de Liège Mme Reynders, se sont rendus sur les lieux, accompagnés du bâtonnier du barreau de Liège, la scène de crime étant un cabinet d’avocat. Le jeune homme, majeur, devait être auditionné dans la nuit et vraisemblablement placé sous mandat d’arrêt pour « tentative de meurtre », une inculpation appelée à être requalifiée en fonction de l’évolution de l’état de santé de Me Hissel, hospitalisé aux soins intensifs.

En février 2008, le nom de Victor Hissel avait été cité dans une affaire de téléchargement d’images à caractère pédophile impliquant notamment un réseau basé en Italie. Cette affaire était pendante devant la chambre du Conseil de Liège qui devait décider du renvoi de l’avocat devant le tribunal correctionnel pour détention d’images pédophiles.

Une chape familiale étouffante

Cette situation avait provoqué un véritable désastre familial qui n’est sans doute pas étranger aux débordements de violence de son fils dont il a été la victime. Me Hissel contestait avoir téléchargé contre paiement des images pédophiles. Il venait de demander à la chambre du Conseil de Liège l’exécution de devoirs complémentaires. Il continuait à exercer sa profession d’avocat.

La révélation de ces faits avait aussi rappelé l’enfance douloureuse de Me Hissel, victime lui-même d’un proche indélicat dans son village natal de Montzen. Il avait ainsi déclaré : « Les événements que j’ai connus dans ma jeunesse étaient une force au moment de mon engagement, mais sont devenus une faiblesse à l’arrêt brutal de l’affaire (Julie et Melissa). C’était à moi de prendre conscience de la fragilité qui était la mienne. Je me suis cru plus fort que je ne l’étais. Je regrette de ne pas avoir accepté cette fragilité. La dépression post-dossier Julie et Melissa a majoré cette fragilité et j’aurais dû, alors, demander de l’aide. Mais je n’avais pas pris la mesure réelle de la situation. »

Durant des années, Victor Hissel a imprimé à l’affaire Dutroux l’empreinte de ses propres tourments, affirmant à ses zélateurs l’existence de réseaux et d’un complot policier. On peut le comprendre : dans sa jeunesse, l’existence de ses propres tourments avait été dissimulée sous une chape familiale étouffante.

Son fils demeurait, jeudi soir, à l’hôtel de police de Liège en attendant le sort que lui réserverait le juge d’instruction Doyen. Victor Hissel, lui, était à l’hôpital de la Citadelle aux soins intensifs.

METDEPENNINGEN,MARC
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