Le cinéaste de l’aventure

Cinéma Le britannique Ken Annakin est mort à 94 ans

Ken Annakin est mort dans la nuit de mercredi à jeudi à Los Angeles, dans sa propriété de Beverly Hills. Il avait subi une crise cardiaque et un accident cardio-vasculaire en février et, depuis, il ne se relevait pas. Le réalisateur est décédé aux Etats-Unis, mais il était britannique. Il avait d’ailleurs servi dans la Royal Air Force pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Avant cela, il avait parcouru le monde. Les voyages plus l’aviation, et on comprend quasiment toute son œuvre cinématographique, marquée par l’aventure avec un grand A et le spectacle avec un grand S. Il suffit de (re)voir des films comme Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines (1965), La bataille des Ardennes (1966), La femme du planteur (1952), L’appel de la forêt (1972), Gonflés à bloc (1969), Les Robinson des mers du Sud (1960) ou Les turbans rouges (1967) pour s’en convaincre. Les images en sont le plus souvent somptueuses, les péripéties à rebondissement, les gags pittoresques ou les batailles remarquablement reconstituées.

Il avait commencé comme assistant de Carol Reed, le cinéaste austère et magnifique du Troisième homme. Ses premiers films en seront marqués. Un solide métier, une retenue bien britannique, une belle façon de filmer les gens. Comme dans Miranda (1948), son deuxième film, une histoire de sirène que nos (grands-)parents ont vue avec émotion. L’humour apparaît encore dans Trois hommes et un bateau (1956), sans doute la meilleure adaptation du roman de Jerome K. Jerome.

Puis Annakin s’affranchit, plonge dans le spectacle, filme les combats avec talent, tourne du cinéma populaire d’aventures. Avec, la plupart du temps, un casting impeccable. Laurence Harvey, Henry Fonda, Stuart Whitman, Charlton Heston, Robert Ryan, Yul Brynner, Tony Curtis et ces solides Britanniques que sont Jack Hawkins, Trevor Howards, Harry Andrews. Un monde d’hommes plutôt, où les femmes papillonnent parfois, comme Sarah Miles, Pier Angeli, Claudette Colbert, Michèle Mercier et même Mireille Darc.

Ken Annakin fut aussi un des trois réalisateurs de cette banale superproduction que fut Le jour le plus long (1962), plus prétexte à montrer une pléiade de stars qu’à faire un vrai film. Mais les scènes tournées par Annakin, celles qui concernent l’armée anglaise, sont, après tout, les moins mauvaises.

VANTROYEN,JEAN-CLAUDE
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