La rébellion manquée

090428dwa005.jpg

Deux camps se sont opposés violemment à Gand : au bout du compte, Fortis est quasi française. Confirmation, aujourd’hui, à Utrecht.

Des actionnaires debout, conspuant le président de l’assemblée, des injures en pagaille, un avocat-star déchaîné appelant à intimider physiquement ce même président, soudain agressé par un envol de bouteilles d’eau… On avait déjà fait fort lors des réunions précédentes d’actionnaires de Fortis, mais, à Gand, on a atteint tous les sommets… ou plutôt tous les planchers. L’assemblée de Fortis s’est transformée hier en rassemblement populiste porté par les quolibets d’un Mischaël Modrikamen sans retenue et osant toutes les outrances.

Le camp Fortis n’était guère en reste, jouant également sur toutes les gammes de la guérilla, affamant les actionnaires en les privant soudain de sandwichs ou en s’adjoignant le soutien de fonds spéculatifs, parias du monde capitaliste, mais alliés ici d’une guerre sans merci. Car c’était bien cela l’enjeu de Gand : deux clans irrémédiablement opposés et jetés dans une sale guerre où tous les (mauvais) coups étaient permis.

Au bout du compte, et pour une fois, BNP Paribas y a emporté Fortis. Mais c’est bien le seul gagnant sorti de cette foire d’empoigne. Hier, tout le monde s’accordait, résigné ou soulagé, à le reconnaître : Utrecht n’y changera rien ce mercredi, Fortis est désormais française.

La polémique sur le rôle joué en particulier par deux fonds spéculatifs sous pavillon des Caïmans va perdurer, Modrikamen contestant leur rôle en justice.

Mais même certains des plus fervents détracteurs de la vente au groupe français l’admettent : si l’on soustrayait, des votes exprimés à l’assemblée de Gand, tous les fonds jugés « troubles », le « oui » à BNP Paribas l’emporterait toujours. La croisade de Mischaël Modrikamen et consorts devrait donc s’arrêter ici.

Tandis que le destin sous bannière française de clients et d’employés de Fortis, englués depuis des mois dans l’incertitude, lui, démarre.

Voici donc le point final à une saga qui, au fil de ses derniers épisodes, mérite la même qualification pour les deux camps en cause : sans gloire.

Cette entrée a été publiée dans Belgique, Economie, avec comme mot(s)-clef(s) , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.