Titres contestés chez Fortis

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Bancassurance Ce mardi à 10h30, 4.000 actionnaires de Fortis attendus à Gand  quelques heures avant l’AG ce mardi, Modrikamen et Deminor ont contesté en référé la validité de millions d’actions.

C’est comme ça avec la saga Fortis : les grands rendez-vous génèrent leur lot de rebondissements de dernière minute et l’assemblée (à nouveau) historique des actionnaires de ce mardi n’échappe pas à la règle. Ce lundi soir en effet, les tenants d’une Fortis en « stand alone » ont introduit une action en référé devant le tribunal de commerce de Bruxelles. Une audience, présidée par Francine De Tandt, a démarré vers 23 h, en présence des parties, et n’était pas finie à minuit. Le cabinet Modrikamen, Deminor et Test-Achats contestent la validité de dizaines de millions d’actions, déposées au cours du week-end et d’une origine qui leur a paru suspecte : il est question de fonds spéculatifs basés dans des paradis fiscaux. A lui seul, un fonds des îles Caïman aurait déposé 62 millions d’actions, pour le compte de mandataires dont l’identité soulève des doutes. Les auteurs du référé demandaient la suspension des droits de vote liés à ces actions. L’enjeu est de taille puisqu’un total de 649 millions d’actions (25 % du capital de Fortis Holding) ont été inscrites pour l’assemblée.

Du côté de Fortis, on s’estimait blindé lundi, à l’entame de l’audience : les vérifications ont été menées et rien d’irrégulier n’a été repéré. La décision de justice n’était pas connue au moment de boucler ces lignes.

Nul doute que l’événement alimentera les débats de ce mardi, à Gand, où les travées du Flanders Expo seront sans doute très animées jusqu’à ce que, comble de la tension, un silence de mort emplisse le lieu pendant quelques secondes, lorsque les 4.000 actionnaires attendus (selon les estimations de la holding) s’empareront de leur boîtier de vote pour trancher : « oui » ou « non » à l’adossement de Fortis Banque à BNP Paribas. Ce n’est pas la seule question à l’ordre du jour (lire ci-dessous) mais c’est la principale.

En dehors de leur appel à voter pour la solution française, renouvelé ce lundi, Karel De Boeck et Jozef De Mey, patron exécutif et président de la holding Fortis, n’ont qu’un espoir : ne pas être conspué pendant des heures, comme lors des précédentes AG, dont celle du 11 février qui avait recalé la vente à BNP Paribas.

Parmi les sujets potentiels de prises de becs, on débattra aussi d’un récent échange téléphonique entre Pierre Wunsch, chef de cabinet du ministre des Finances Didier Reynders, et Baudouin Velge, patron de la société Interel, contact au cours duquel le premier se serait montré menaçant à l’égard des tenants du « non » à BNP. Le second s’en est ouvert, ce qui a fait réagir l’Association de défense des actionnaires Fortis (l’Adaf) sous la forme d’une plainte contre Pierre Wunsch, « pour abus d’autorité publique ». Ambiance.

GERARD,PAUL
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