Fons Brijdenbach a quitté la piste

Décès Il avait disputé deux finales olympiques sur 400 m

Le monde de l’athlétisme belge savait depuis quelques semaines déjà. Fons Brijdenbach, l’un de ses plus glorieux anciens, chez qui on avait détecté un cancer de la vessie il y a trois ans, était à nouveau au plus mal après une période de rémission qui avait ranimé la flamme de l’espoir. Ce vendredi, la maladie l’a définitivement emporté. A 54 ans.

Avec la mort du Campinois, c’est incontestablement le meilleur coureur belge de 400 m de l’histoire qui s’en est allé. Un coureur qui, en dépit d’une fragilité musculaire qui lui a coûté quelques podiums et l’a contraint à arrêter sa carrière à 28 ans, a tout de même disputé deux finales olympiques, en 1976 et 1980, un exploit peu banal en athlétisme.

« Ce qui est encore plus remarquable, souligne Wilfried Meert, le patron de Mémorial Van Damme, c’est qu’il l’a fait dans une discipline où les Blancs ont rarement dominé et à une époque où régnait l’amateurisme pur et dur. Fons n’a jamais eu les facilités qu’ont les athlètes actuels. Il a mené de front sa carrière et ses études en éducation physique. »

Venu à l’athlétisme assez tard, à 15 ans, en provenance du football, il démontre très vite des qualités au-dessus de la moyenne sur le tour de piste. Pour son premier 400 m « sérieux », en 1972, il réussit 47 secondes. Un an plus tard, il est champion d’Europe junior, puis, enchaîne avec un titre européen en salle – qu’il confirmera en 1977.

Entraîné par Herman Van Copenolle, il part plein d’ambition pour les JO de Montréal, en 1976, dans une équipe belge de haute tenue. Il atteint la finale mais a la malchance de tirer le couloir extérieur. Sans point de repère, il court au feeling et termine 4e en 45.04, un record de Belgique qui ne sera battu qu’en 2003 par Cédric Van Branteghem. Un record qui ne le consolera qu’à moitié…

Quatre ans plus tard, à Moscou, on pense que l’absence des Américains, qui boycottent les JO, va lui être favorable. Il se dit, lui aussi, que « c’est maintenant ou jamais ». Mais il ne finit que 5e, en 45.10, la victoire allant au Soviétique Markin et le bronze à l’Allemand de l’Est Schaffer, deux étoiles filantes. « Si les contrôles antidopage avaient été aussi efficaces à l’époque qu’aujourd’hui, je serais sans doute monté sur le podium… », maintiendra-t-il jusqu’au bout.

Son amertume est pourtant mesurée. Fons Brijdenbach a toujours affirmé qu’il avait couru pour le plaisir et qu’il s’est bien amusé pendant sa carrière. Une carrière dont il situait le point d’orgue en 1977, lors du premier Mémorial Van Damme. Ce jour-là, « après être passé sur la tombe d’Ivo », il s’est payé le légendaire Edwin Moses sur 400 m. « Ma plus grande émotion. »

VANDE WEYER,PHILIPPE
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