Franck De Winne en résidence dans la station ISS

Les trois astronautes, dont notre compatriote Franck De Winne, partis mercredi de Baïkonour, dans une capsule Soyouz, sont arrivés vendredi à bord de la Station spatiale internationale, doublant son équipage permanent à six membres pour la première fois de l’histoire.

L’amarrage s’est produit sans encombre en mode automatique en direct de la télévision russe Vesti ce vendredi en début d’après-midi.

Les spationautes, qui vont séjourner six mois à bord de l’ISS, ont rejoint l’Américain Michael Barratt, le Russe Guennadi Padalka et le Japonais Koichi Wakata qui s’y trouvent déjà.

Deux généraux belges sur l’ISS

Espace Frank De Winne est arrivé à pied d’œuvre

Après deux journées de course-poursuite avec l’ISS, le vaisseau Soyouz de Frank De Winne et de ses collègues Romanenko et Thirsk est arrivé à destination.

Vendredi après-midi, les deux engins spatiaux se sont arrimés en orbite. Une heure et demie plus tard, les écoutilles ont été ouvertes et l’équipage qui avait décollé mercredi de Baïkonour, au Kazakhstan, a été accueilli par celui de l’ISS, la Station spatiale internationale. L’équipage permanent de la Station est désormais de six astronautes.

Fait remarquable : cet arrimage marque l’arrivée sur l’ISS de… deux généraux de l’armée belge ! Le vicomte Frank De Winne a en effet été commissionné en avril dernier au grade de général par la Défense, dont il relève toujours bien que détaché à l’ESA, l’Agence spatiale européenne. Dans ses bagages, l’astronaute belge de l’ESA a aussi emporté un portrait du général-major Casimir-Erasme Coquilhat… Un héros, belge lui aussi, méconnu de la cosmonautique moderne. Le général Coquilhat, décédé en 1890, était un des premiers hauts gradés de la jeune armée belge peu après l’indépendance du pays. Né à Gand de parents français, il s’est spécialisé dans l’artillerie.

Les mêmes formules, 25 ans avant !

En 1873, il publie un article de seize pages dans les Mémoires de la Société royale des Sciences de Liège portant sur… la propulsion des fusées. Cet article, intitulé Trajectoires des fusées volantes dans le vide, détaille la formule mathématique qui détermine la propulsion par fusée et précise les performances de tels engins dans le vide.

Et alors ? « L’article du général belge est tout simplement le premier qui jette les bases de l’astronautique moderne », nous précise Théo Pirard, historien et spécialiste de l’aventure spatiale en Belgique. Avec deux collègues français, Jean-Jacques Serra et Philippe Jung, il cosigne cette redécouverte des « bases » de l’astronautique. « Ce qui est encore plus remarquable, précise notre compatriote, c’est que l’article de Coquilhat devance de 25 ans les formules identiques de Constantin Tsiolkovski, traditionnellement considéré comme le père de la cosmonautique et dont les travaux de 1897 ne seront, eux, rendus publics que trente ans plus tard. »

Faudra-t-il désormais apporter de substantielles modifications aux livres d’histoire ? Ce n’est sans doute pas pour demain. Toutefois, les trois auteurs de cette (re)découverte plaident pour l’affichage dans la Station spatiale internationale du portrait de Casimir-Erasme Coquilhat. Une revendication légitime puisque le portrait de Tsiolkovski trône déjà dans le module russe. Même s’il vaudrait sans doute mieux afficher Coquilhat dans le module européen Columbus. Frank De Winne a six mois devant lui pour plaider sa cause !

DU BRULLE,CHRISTIAN
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