Et dire que Kuznetsova a failli tout arrêter…

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Avec Svetlana Kuznetsova, nouvelle reine de Paris, il y a toujours quelque chose à raconter. On en eut encore une fois la preuve samedi lorsque, derrière le trophée posé devant elle, radieuse comme à son habitude et mise sur son 31 pour la circonstance (le survêtement blanc était toutefois d’un goût plus que douteux), la Russe raconta comment elle faillit mettre un terme à sa carrière l’an dernier.

Deux hommes sont à la base de sa décision de ne pas baisser les bras : Roger Federer et… Marat Safin, le frère de sa victime en finale. Elle aborda le premier aux JO de Pékin. Svetlana venait de perdre au premier tour du tournoi olympique et nageait en pleine déprime. Ayant abordé le Suisse… pour lui demander de poser aux côtés des basketteuses russes qui l’avaient suppliée de jouer les entremetteuses, Federer lui tint à peu près ce langage : « Tu ne dépends que de toi-même. Si tu penses que tu peux vivre et te concentrer sur ton tennis tout en vivant à Moscou, alors fais-le. »

Kuznetsova hésitait alors à quitter pour de bon l’Espagne où elle avait émigré très jeune pour développer ses aptitudes. Née à Saint-Pétersbourg, elle adore Moscou où elle possède la plupart de ses amis. Une voix intérieure lui disait de rentrer au pays, mais elle n’osait pas. « Non seulement Roger a posé avec mes copines, mais il m’a écoutée pendant dix minutes, raconte-t-elle, visiblement émue à l’évocation de ce souvenir décisif pour la prolongation de sa carrière. Je n’osais pas y croire, d’autant que je n’avais jamais osé lui demander une photo, même pas pour moi-même ! Tout le monde sait que j’adore Roger et je savais qu’il avait dit autrefois qu’il aimait aussi mon style de jeu, mais à mon avis, ce jour-là, il devait blaguer (rires ) ! Bref, je lui ai parlé de mes hésitations parce que Moscou est une ville remplie de tentations nocturnes… »

L’impact de Safin, lui aussi déraciné très jeune pour aller parfaire son tennis en Espagne, intervint quelques mois plus tôt, peu avant Roland Garros, après une défaite de la joueuse à Rome. « Je ne voulais plus m’entraîner, j’en avais marre !, dit-elle. J’en ai parlé à Marat et il m’a dit que j’étais folle de tout plaquer, que je devais continuer parce que j’avais d’incroyables aptitudes. »

Et voilà comment, un an plus tard, on a retrouvé sur le central parisien cette joueuse parmi les plus douées du circuit jouant à fond sa finale pour battre la nº1 mondiale en deux sets (6-4, 6-2) et s’adjuger son premier Roland Garros, son deuxième Grand Chelem cinq ans après celui conquis à New York.

On dira évidemment que Safina n’a pas été à la hauteur et qu’elle a raté sa finale à cause d’une trop grande nervosité, témoin sa double faute sur la balle de match. Mais Kuznetsova sait qu’elle n’a pas raté son match. Et ça, personne ne lui enlèvera jamais. Comme son trophée.

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