Grippe : la pandémie est en marche

Santé Phase 6 d’alerte après une contamination en forte progression en Australie

Réunis jeudi à Genève, les experts internationaux de l’Organisation mondiale de la Santé ont rapidement tranché pour le passage à la phase 6, le plus élevé, de l’alerte à la pandémie, dont le début est donc officiellement validé. Ce sont manifestement le fait que des pays comme l’Australie (1.263) ou le Chili (1.694) qui ont vu une brusque explosion du nombre de cas ces derniers jours qui a hâté cette décision dont le retardement a été critiqué par des experts indépendants, estimant que seules des considérations politiques et économiques l’ont retardé.

Le mot « pandémie » donne froid dans le dos, parce qu’il évoque une épidémie qui touche l’ensemble de la planète. 74 pays sont officiellement affectés. La dernière pandémie, la grippe de Hong Kong (H3N2) en 1968, avait fait un million de morts, soit du double au quadruple de la grippe saisonnière hivernale habituelle. Mais le mot évoque aussi la grippe “espagnole” de 1918, qui avait fait plus de 50 millions de morts, davantage que la première guerre mondiale.

Contaminations en Australie

Mais ce n’est pas le mot qui fait la gravité de la maladie. Tout indique que, jusqu’à présent, cette grippe-ci est relativement modérée dans sa sévérité. Le passage à la phase 6 ne signifie pas que cette gravité s’est accentuée, ce qui devrait passer par une mutation qui ne s’est pas (encore) produite. C’est l’existence d’une « transmission locale » du virus dans l’Etat du Victoria en Australie qui a déclenché ce passage. Ces contaminations secondaires importantes sur un deuxième continent, c’est-à-dire le fait que la contamination ne soit pas contrôlée sur base du traitement immédiat des proches d’un voyageur malade revenant d’un pays où le virus est endémique, ont forcé l’OMS à cette décision. L’agence onusienne, qui craint les effets de panique, a invité les pays membres à ne pas fermer les frontières, ni limiter les voyages et le commerce internationaux. Selon la directrice générale de l’OMS Margaret Chan, les pays déjà touchés doivent se préparer à une « deuxième vague » de cas. « La maladie provoquera de nouveaux décès mais on ne s’attend pas à une hausse soudaine du nombre de cas mortels. »

La plupart des mesures de la phase 6 sont celles de la phase 5, en vigueur depuis plusieurs semaines, mais amplifiées. Des stocks d’antiviraux sont augmentés et des commandes passées. Mais aussi étrange que cela paraisse, chaque pays garde son autonomie. La France applique ainsi un système de signalisation plus précise des voyageurs aériens. Mais en Belgique, le passage en phase 6 n’aura aucune conséquence. « La stratégie belge de gestion stricte de chaque cas jusqu’à la guérison fonctionne et les cas positifs trouvent principalement leur origine à l’étranger », explique la ministre de la Santé Laurette Onkelinx. Ce sont les médecins généralistes et les médecins inspecteurs qui collaborent pour détecter les nouveaux cas. Les patients et leurs contacts proches sont isolés et traités par antiviraux jusqu’à ce qu’ils ne présentent plus aucun risque de contagion. « Cette stratégie pourra être modifiée en fonction de l’apparition éventuelle de foyers en Belgique ou dans un autre pays », explique la ministre, qui confirme que les stocks d’antiviraux sont disponibles en quantité suffisante et que le budget nécessaire a été réservé pour l’achat du vaccin dès qu’il sera fabriqué.

SOUMOIS,FREDERIC
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