Le diabolo, nouvel ange des cours de récréation

Tendance Le jeu de jonglerie oublié fait un retour remarqué

Ils sont partout. Des jaunes, des rouges, des verts, des noirs voire des multicolores. Il n’est pas une région du pays qui échappe à la folie du diabolo. Une véritable invasion qui a pris d’assaut les cours de récréation des écoles primaires du pays. Au point de constituer un revival de cet instrument de cirque quelque peu oublié ces dernières décennies. Si ce n’est par les artistes de rue.

Composé de deux baguettes, d’un fil de nylon et d’une coque (spinner) avec un axe en aluminium, l’instrument est somme toute assez rudimentaire. Son utilisation, par contre, peut s’avérer des plus périlleuses pour les non-initiés. Gare à la chute du spinner sur le crâne ou sur les orteils. Et pour les plus maladroits, il n’est pas inutile de sauvegarder les bibelots lors de la prise en main.

Pour les artistes en herbe des cours de récré par contre, les choses ont l’air si simple. Le fil est posé sur le sol. La coque y est posée perpendiculairement. Les baguettes commencent à s’activer afin de donner de la vitesse à la coque qui roule sur elle-même. Et les premières figures sont exécutées. Très « simplement » d’abord, la coque et propulsée dans les airs par un écartement des baguettes qui tendent le fil. Réception : OK.

Puis les choses se compliquent. « Là, je vais slider », lance un jeune adepte de 9 ans. Et la coque de rouler près d’une minute sur la baguette en alu sans tomber. Les figures s’enchaînent. L’ascenseur, le soleil, la tête de mort, etc.

Mais comment donc ce jeu dont les racines remonteraient à 4.000 avant J-C et qui a surtout été popularisé vers 1950 connaît-il un si soudain regain d’intérêt ? « Certains profs de gym cherchaient des activités pour occuper des enfants qui s’ennuyaient durant les récréations, commente Anne Snollaerts, responsable du magasin La Petite Récré, à Braine-l’Alleud. L’avantage est que le diabolo devient un jeu coopératif : les plus doués ou les plus grands aident les autres. Le tout contribuant à détrôner les jeux du style Game Boy, tout en contribuant à améliorer la psychomotricité. »

Des spinners profilés

Et les écoles saisies par le phénomène jouent le jeu. Au point de contribuer au bien-être du secteur de la jonglerie. « Depuis Pâques 2008 et le retour du diabolo, nous avons multiplié la vente de ce type de jeu par trois, constate Anne Snollaerts. Nous ne sommes pas les seuls à en bénéficier puisque nous achetons nos diabolos chez le créateur belge Circus Jojo qui fabrique du matériel de qualité. Leurs spinners sont profilés, ce qui permet aux enfants de mieux réussir leurs figures. »

Enfin, détail non négligeable à l’approche des vacances, les écoles de cirque multiplient leurs offres de stages ces dernières années. Au programme ? De la jonglerie. Que ce soit avec des quilles, des balles ou bien sûr avec le diabolo.

De la balançoire à l’ascenseur, le tout sous le soleil, les figures ne manquent pas. Simples mais aussi complexes

La balançoire

Une figure considérée comme facile. On fait tourner le diabolo très vite, on se tourne d’1/4 de tour vers la droite de sorte que la baguette gauche soit dans l’axe du diabolo et que la baguette droite soit perpendiculaire a la baguette gauche. On pose la baguette droite sur le diabolo et la baguette va se balancer.

L’ascenseur

Effet surprenant garanti. Le spectateur voit le diabolo monter puis descendre le long du fil. Plus la vitesse de rotation est grande, plus le nombre de trajets de bas en haut sera important. Faire tourner le diabolo le plus rapidement possible. Lever le bras gauche au-dessus de la tête, puis enrouler la ficelle autour de l’axe avec la baguette droite. Baisser le bras droit pour tendre la ficelle, d’un coup de poignet, et faire monter le diabolo le long de la ficelle.

Le soleil

Faire prendre de la vitesse au diabolo puis de le balancer sur le côté pour former un cercle. Le diabolo reste collé à la ficelle. Cette figure se réalise dans les deux sens, de droite à gauche ou de gauche à droite.

Le soleil,
entre les jambes

Commencer par faire un soleil vers la gauche, devant vous et sans décroiser. Lorsque le diabolo revient par la droite, avancer le pied gauche. Profitant de l’élan, balancer le diabolo (toujours dans la ficelle) sous la jambe gauche, il commence alors le soleil derrière vos fesses. Avancer le pied droit et lever un peu la jambe droite pour laisser « sortir » le diabolo.

La tête de mort

Faire prendre de la vitesse au diabolo, le lancer. Pendant son envol, placer les baguettes en X. Réceptionner le diabolo sur le croisement et ré-écarter les baguettes pour le faire retomber sur la ficelle.

Le fouetté

Il consiste à lancer le diabolo pas trop haut puis de joindre les deux baguettes dans une main (mais les bouts des baguettes doivent être écartés) et enfin de fouetter le diabolo. Une ficelle doit passer à côté du diabolo et l’autre doit être arrêtée par le diabolo.

Le satellite
de la jambe

Le diabolo doit passer entre les jambes du diaboliste. Enjamber la ficelle et, d’un coup, soulever le diabolo pour le faire passer par-dessus la jambe située en avant et le réceptionner de l’autre côté. Laisser le diabolo rouler sous la jambe pour revenir à la position précédente. Renouveler le passage si possible. Cette figure peut s’accomplir avec l’une ou l’autre jambe, dans n’importe quel sens, et comporte plusieurs variantes.

DELEPIERRE,FREDERIC
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