L’Airbus yéménite, poubelle volante ?

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L’avion était à environ 50 mètres du sol en approche de la piste et, au lieu de prendre la piste, il a dévié et est sorti de l’axe de la piste en empruntant un chemin anormal vers la mer. Il a tenté une seule approche. Après, il a disparu. »

Ce témoignage d’un agent de la police comorienne de l’air et des frontières résume à lui seul les questions qui entouraient mardi soir encore le crash d’un Airbus A310 de la compagnie nationale yéménite Yemenia qui s’est abîmé en mer près des Comores avec ses 153 passagers.

D’autres témoins qui se trouvaient à l’aéroport international Moroni-Hahaya attendant des parents ont dit que l’avion avait tenté d’atterrir, mais avait ensuite disparu. Certains évoquaient même des lumières de signalisation de l’avion qui ne marchaient que d’un seul côté.

L’avion était attendu à 00 h 30, heure de Bruxelles. « Avant son atterrissage, la tour de contrôle a perdu contact avec l’équipage. Les conditions météorologiques étaient défavorables avec de fortes rafales de vent », commente Hadji Mmadi Ali, directeur de l’aéroport qui se trouve au bord de la mer, sur la façade occidentale de l’île.

De son côté, Mohamed Yahya, ancien directeur de l’aviation civile comorienne, qui se trouvait à Moroni au moment de l’accident évoque, lui, « le bruit étrange que faisaient les moteurs de l’appareil ».

Si les circonstances précises du crash sont encore floues, il est par contre établi que le vol vers Moroni s’est fait en plusieurs étapes. Un A330-200 de Yemenia avait décollé lundi de l’aéroport parisien de Roissy. Il a fait escale à Marseille, puis à Sanaa, au Yémen, où les passagers ont changé d’appareil pour embarquer à bord du fameux A310 mis en service en 1999.

L’A310 a décollé pour Djibouti, puis pour Moron. L’avion a alors disparu des écrans radar. Il avait à son bord 142 passagers et onze membres d’équipage. Vingt-six Français avaient embarqué à Roissy et 40 autres à Marseille. Selon un autre décompte, 67 personnes avaient embarqué à Roissy et 61 passagers à destination de Moroni étaient montés à Marseille, essentiellement des familles comoriennes.

Entassés comme des bêtes

Mais déjà des voix s’élèvent. Une association française, « SOS voyage aux Comores », dénonce les conditions des vols entre Sanaa et les Comores assurés par des « compagnies poubelles ». « Cela fait 17 ans que nous sommes victimes, déclare Farid Soilihi, porte-parole de cette association, présent mardi matin à l’aéroport de Marseille. Les vols entre Sanaa et Moroni sont assurés par des compagnies qui ne répondent pas aux normes. On prend les gens comme des bêtes, on les entasse, on ne respecte pas les horaires, il y a toujours des problèmes techniques. »

Dans la journée de mardi, un avion a repéré la carlingue de l’appareil à quelques kilomètres des côtes. « Des cadavres flottant à la surface de l’eau ont été vus et une nappe de carburant a été repérée à quelque 16 à 17 miles (environ 29 km) de Moroni », a indiqué un responsable de l’Aviation civile yéménite, Mohammad Abdel Kader. La France a envoyé d’importants secours via ses bases militaires installées à Mayotte et à la Réunion.

LE PORTFOLIO : Crash de l’Airbus Yemenia

 FRÉDÉRIC DELEPIERRE

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