Boonen sur la bonne ligne

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 Tour de France L’Anversois a été imposé au départ de ce samedi

 MONACO

  De notre envoyé spécial

  Près de deux mois après la révélation par la Communauté flamande d’un contrôle positif hors compétition à la cocaïne, Tom Boonen a enfin appris, vendredi midi, sa sélection pour le Tour via une décision de justice, celle de la Chambre arbitrale du sport français (CAS), institution qu’Amaury Sport Organisation (ASO) avait initialement recommandée à l’équipe Quick Step. Mais les conseils de l’équipe belge avaient d’abord choisi une solution en référé, devant le tribunal de Nanterre qui se déclara incompétent.

  En 24 heures, il a fallu relancer l’affaire devant les arbitres du sport français. Six heures d’audience ont été nécessaires, jeudi, à Paris. C’est dire si les dossiers des parties concernées étaient particulièrement bien fournis. La balance a penché en faveur de Boonen représentés par ses avocats, Mes Dupont et Maesschalk.

  « Les motifs du verdict ne seront pas connus avant deux ou trois semaines, explique Me Dupont (par téléphone). Cette Chambre arbitrale du sport n’existe que depuis quelques mois. Elle traitait d’ailleurs sa première affaire. Il est donc intéressant de penser que ce verdict fera jurisprudence car, s’il est trop tôt pour l’affirmer, le verdict en notre faveur découle à mon sens de l’aspect subjectif des sélections opérées par ASO. Pourquoi interdire Boonen au départ pour atteinte à l’image et pas d’autres personnes qui sont présentes sur cette épreuve après avoir pourtant été impliquées dans des affaires de dopage, réelles celles-là, qu’elles soient consultants pour la télé ou directeurs sportifs ? Ce côté discriminatoire a été la clé du verdict. Du reste, ce débat a été de haute qualité dans une ambiance sereine et sportive. Les arbitres étaient très compétents et s’il faut retenir une conclusion de cette affaire, au-delà de la bonne nouvelle pour Tom Boonen, c’est que la Chambre arbitrale du sport, en France, constitue désormais une réalité juridique essentielle. »

  Pourquoi dès lors avoir d’abord saisi le tribunal de première instance en référé ? « Pour s’échauffer » !, répond Jean-Louis Dupont. Pendant que ses avocats attendaient la décision, Tom Boonen était sur son vélo et son manager Patrick Lefevere sur la plage, pour se « vider la tête ». Le coureur anversois, assailli de manière parfois agressive par la presse étrangère n’a pas exprimé une joie débordante. « Il était dommage d’en arriver à saisir la justice pour me permettre de participer au Tour, mais puisque c’était la seule solution, je suis content d’avoir été dans les derniers retranchements car je savais que je n’étais pas en faute. Je remercie les dirigeants de l’équipe Quick Step de m’avoir fait confiance. Je vais enfin pouvoir me concentrer sur le Tour et découvrir le livre de route car je n’avais pas osé le faire au risque d’être déçu. Sportivement, je suis prêt mais psychologiquement, ces deux derniers mois ont été usants. Il me faudra sans doute du temps pour rentrer dans la course mais l’essentiel, c’est d’y être. Ne me parlez pas d’un duel avec Cavendish ou du maillot vert. Je veux faire un bon Tour et, au jour le jour, on verra ce que je pourrai réaliser. »

  « Tom a été jugé dès l’annonce de l’affaire dans la presse, a pour sa part expliqué Patrick Lefevere. En 48 heures, il a été tué. C’est là que j’ai choisi de me révolter pour lui et les tests capillaires effectués à Louvain et à Strasbourg m’ont conforté dans ce combat. Dommage d’avoir dû en arriver là. »

STEPHANE THIRION

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