La dernière scène de Michael Jackson

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Los Angeles

De notre correspondant

Ils n’ont pas fermé l’œil de la nuit. Des centaines de fans munis du billet et du bracelet scellé donnant accès au Staples Center, qui accueillait mardi la cérémonie publique en hommage à Michael Jackson, ont veillé. Pour être sûrs de « ne pas perdre ou ne pas se faire voler » le fameux sésame.

Le matin, au pied des gratte-ciel du quartier des affaires de la Cité des Anges, c’est l’effervescence : 3.000 journalistes accrédités ont dû franchir plusieurs périmètres de sécurité, gardés par 3.200 policiers déployés, à pied, à vélo ou à cheval. Seuls 17.500 fans ont pu pénétrer dans l’enceinte du stade, quelques milliers d’autres entrent dans le Nokia Theater, en face, pour une retransmission sur grand écran. Des millions d’autres, partout dans le monde, sont devant leur télévision. « Nous n’y croyons toujours pas, s’exclament Helen et Cheryl, la quarantaine et venues du Pays de Galles. Une chaîne de télé britannique vient de nous donner deux places ». Les deux amies tremblent, retenant difficilement leurs larmes en brandissant leur drapeau.

A l’intérieur, c’est une ambiance de recueillement qui règne. Les répétitions ont commencé vers 8 heures. Son, lumière, la mise en scène se révèle au cordeau : AEG, – promoteur de la tournée de Michael qui devait avoir lieu à Londres dès ce mois-ci et propriétaire du Staples Center -, a organisé la cérémonie « avec la même minutie que pour les Oscars ou les Grammys », relève un commentateur.

La rumeur se répand : la dépouille du King of Pop sera présente sur scène. Au même moment, les chaînes américaines câblées sont en direct du cimetière de Forrest Lawn, un superbe parc mémorial sur le versant nord des collines de Hollywood : toute la famille Jackson y est réunie, pour des funérailles privées. Mais le cortège s’élance et, une heure plus tard, le cercueil en plaqué or du « Roi de la pop » est placé devant la scène du Staples Center.

La salle, déjà dans la pénombre, s’éteint. Pas un hurlement, pas un cri : juste des applaudissements, respectueux. Smokey Robinson, de la Motown, rend hommage à Michael Jackson en citant Diana Ross et Nelson Mandela, qui n’ont pas pu venir. Un Gospel, Mariah Carey qui lance un « I’ll be there » à donner des frissons. Et les discours d’hommage se succèdent au pupitre sur le côté de la scène : Queen Latifah, actrice et star R&B, Berry Gordy, fondateur de la Motown et qui a signé les Jackson Five en 1968, les basketteurs des Lakers Kobe Bryant et Magic Johnson. Tous y vont de leur anecdote, joyeuse, sur « Michael ». Lorsque Stevie Wonder, seul au piano, célèbre « la vie », quand Lionel Richie, visiblement ému, entonne « Jesus is love » ou lorsque Jenifer Hudson se lance dans un « Will you be there » accompagnée d’un chœur Gospel, l’émotion prend à la gorge la foule. Dans les clips projetés sur les écrans géants, les pas de danse et de moonwalk sont salués par des ovations. C’est un spectacle. Avec le cercueil au pied de la scène. Le plus bel hommage à Michael Jackson, star globale, morte le 25 juin 2009 à 50 ans.

LE PORTFOLIO : Michael Jackson

GUILLAUME SERINA;CÉCILE GRÉGORIADÈS (France USA Media)

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