Perpétuité pour Fofana

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France Le chef du gang des barbares a applaudi au verdict

PARIS

De notre envoyée permanente

Une dernière provocation. Des applaudissements à l’énoncé du verdict qui le condamne à la peine maximale. Youssouf Fofana n’aura rien épargné à la famille d’Ilan Halimi.

Après dix semaines d’audience à huis clos, le procès du gang des barbares s’est achevé vendredi soir dans une ambiance aussi électrique que lors de son ouverture. D’importants renforts policiers avaient été déployés autour du palais de justice de Paris pour prévenir tout affrontement communautaire. Au terme de deux jours et demi de délibéré dans un endroit de Paris tenu secret, les jurés de la cour d’assises des mineurs ont répondu aux cent cinquante questions posées et ont fixé le sort 27 accusés.

Coupable, donc, Youssouf Fofana, et condamné à la perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans. Sanction prévisible. Le chef du gang des barbares avait lui-même reconnu lors du procès qu’il avait achevé Ilan Halimi au terme de son calvaire de 24 jours en lui portant des coups de couteau et en le brûlant à l’essence. Le principal accusé n’avait émis aucun regret. Pire, il avait multiplié les provocations, jusqu’à cette dernière phrase, avant que la cour se retire, mercredi: « Je préfère vivre un jour comme un lion que cent jours comme un mouton. »

Les autres condamnations

Plus attendues étaient les peines prononcées contre ses complices. Ses deux principaux lieutenants, Samir Aït Abdelmalek, 30 ans, et Jean-Cristophe Soumbou, 23 ans, écopent de 15 et 18 ans.

Emma, la jeune fille qui avait servi d’appât à Ilan Halimi en lui proposant un rendez-vous amoureux qui allait tourner au piège mortel est condamnée à neuf ans. Elle était mineure au moment des faits et c’est pour cette raison que tout le procès s’était déroulé à huis clos. Lors de son réquisitoire, la semaine dernière, l’avocat général Philippe Bilger avait rejeté l’argument de minorité qui aurait permis de réduire sa peine de moitié. « Elle était en âge de décider » avait-il tranché.

Les autres accusés sont condamnés à des peines allant du sursis à dix-huit ans de prison. Deux acquittements sont prononcés.

Pour la famille Halimi, le verdict n’est pas à la hauteur de la douleur. Mais juridiquement, il lui est impossible d’interjeter appel. En France, seules l’accusation ou la défense peuvent réclamer un nouveau procès d’assises, pas la partie civile. Son avocat, Francis Szpinner, demande dès lors à la ministre de la Justice d’ordonner un nouveau procès.

L’affaire Halimi avait bouleversé la France en 2006. Le 13 février, Ilan Halimi avait été retrouvé agonisant le long d’une voie ferrée de la banlieue parisienne. Il avait été enlevé vingt-quatre jours plus tôt, séquestré et torturé par Youssouf Fofana et ses complices, qui exigeaient une rançon de 450.000 euros. Ilan Halimi, 23 ans, n’avait pas été piégé au hasard. Ce vendeur de téléphones avait été repéré dans son magasin parce qu’il était juif. « Les juifs sont riches et solidaires. Ils vont payer », disaient ses ravisseurs. Avant d’enlever Ilan Halimi, ils avaient pris d’autres Juifs pour cible, en tentant de les enlever ou en les rackettant. Des manifestations avaient eu lieu en France pour dénoncer un retour de l’antisémitisme. Après le verdict, des associations juives appellent à se rassembler lundi devant le ministère de la Justice place Vendôme.

MESKENS,JOELLE
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