Un clasico rouche sang

Witsel explose gravement la jambe de Wasilewski

Le site officiel de la Pro League n’avait, dans le souci d’auto-promotion que l’on devine, pas lésiné à la dépense en matière de superlatifs en nous vendant cette 5e journée, et plus particulièrement son pic d’audience de fin de week-end, comme le premier Super Sunday de la saison régulière, avec, juste après le derby brugeois, un Anderlecht-Standard tombant tout de même très tôt dans la saison et surtout, après le double test-match du mois de mai où la Belgique du foot avait retenu son souffle.

En matière de grand Barnum, le parc Astrid vécut même une soirée aux Jeux du cirque, avec un sommet d’horreur et de révulsion, lorsque la cheville de Marcin Wasilewski céda sous le poids de l’inconscience d’Axel Witsel, qui ne fit strictement rien – et qui fit même tout diront certains – pour éviter de retomber sur l’articulation de son adversaire, venu jouer le ballon.

Souvent présenté comme un bourreau du fait de sa propension à jouer des coudes, le défenseur polonais du Sporting fut cette fois victime de ce que l’arbitre Jerôme Nzolo et son plus proche assistant, jugèrent comme une agression délibérée. L’exclusion tomba comme une sanction logique alors que les premiers joueurs parvenus à hauteur de l’infortuné Wasilewski se prenaient la tête les uns après les autres en découvrant l’état du blessé. Même les sauveteurs de la la Croix-Rouge, arrivés sur les lieux de l’accident – certains parleront même de lieux du crime juste devant la tribune de presse – trahirent des signes ostensibles d’écœurement.

Interrompue durant de longues minutes alors que le score était encore vierge après une demi-heure et que l’Anderlechtois Jan Polak venait de quitter le jeu sur ce que l’on pense être une blessure aux ligaments croisés, la partie ne pouvait plus reprendre dans des conditions normales. Witsel au vestiaire, et Wasyl en civière, les esprits ne pouvaient que s’échauffer. Pendant que le premier diagnostic faisait état d’une double fracture ouverte tibia-péroné, avec arrachement ligamentaire au niveau de la cheville, les (télé-)spéctateurs étaient encore sous le choc. A un point tel que le réalisateur de Belgacom TV choisissait de ne plus remontrer les gros plans de l’agression de Witsel à la mi-temps, tant les images faisaient froid dans le dos.

Dans un climat aussi pourri que ne l’avait été la manche retour des tests-matchs de mai, le Standard ouvrit la marque, contre le cours du jeu, via Dieumerci Mbokani qui célébra son but par un pas de danse devant un kop bruxellois ivre de rage. Réduit à dix unités, le Standard était en train de réaliser le hold-up parfait en pleine situation insurrectionnelle.

Heureusement pour le climat ambiant serait-on tenter de dire, l’égalisation anderlechtoise tomba avant la pause, au prix d’une superbe combinaison entre Chatelle, Boussoufa et Gillet. Véritable guerre des tranchées sur le terrain, alors que l’on notait des incidents hors de l’enceinte, ce clasico s’acheva sur un score de parité acquis à la pause et surtout sur une véritable distribution de cartes (9 jaunes et une rouge directe) dans un contexte pourri où l’arbitre Nzolo eut bien du mal à tenir son monde. La mini-trève consacrée à l’équipe nationale (le 5 en Espagne et le 9 en Arménie) tombe donc à point nommé pour calmer les esprits. Sur fond de fin de mercato estival, dont les portes se refermeront ce lundi 31 à minuit. Cachet de la poste faisant foi.

Un duel trop tendu

Les perdants : Polak, Wasyl, Witsel

Remplacements :

Anderlecht. 24e : Sare pour Polak, 33e : De Sutter pour Wasilewski, 81e : Lukaku pour Mazuch.

Standard. 48e : Mulemo pour Collet, 84e : Nicaise pour Dalmat.

Arbitre : Nzolo.

Assistance : 24.500 spectateurs.

Buts : 35e : Mbokani (0-1), 42e : Gillet (1-1).

Cartes jaunes : De Camargo, Wasilewski, Mazuch, Boussoufa, Collet, Mbokani, Van Damme, Bolat, Defour.

Carte rouge : 25e : Witsel.

Pendant les 25 minutes initiales du premier match au sommet de la saison, le Standard a éprouvé des difficultés à trouver ses marques face à une formation bruxelloise dont le dispositif tactique en apparence prudent – Suarez seul en pointe – masquait pourtant bel et bien une envie d’en découdre de façon offensive avec un adversaire qui a dû son salut, pendant une grande partie de la première mi-temps, à ses deux Brésiliens. C’est tout d’abord Marcos qui, replié sur sa ligne de but, empêchait Anderlecht de prendre l’avantage, Van Damme ayant sauté plus haut que tout le monde pour placer le ballon là où Bolat n’avait aucune chance de l’intercepter.

Le Sporting gardant la maîtrise sur la rencontre, la frustration a mis Witsel complètement hors de lui, le Soulier d’or taclant sauvagement Wasilewski sans aucune autre volonté que de causer du tort au Polonais, sorti sur civière après une interruption de plus de cinq minutes. Les nerfs étant il est vrai à vif dans les deux camps…

Le Soulier d’or logiquement exclu, les champions de Belgique n’ont pas lâché leur proie. Loin de là même puisque De Camargo, l’un des Standardmen les plus en vue, envoyait Mbokani en position très favorable devant Proto. Comme le Congolais n’a pas l’habitude de louper des occasions lors de ses retrouvailles avec les Mauves, l’équipe de Bölöni prenait l’avantage contre le cours du jeu. Les Bruxellois n’ont cependant pas tardé à profiter de leur supériorité numérique, Collet se retrouvant en difficulté face à Chatelle sur son côté gauche. La passe adressée par le Woluwéen était intelligemment exploitée par Boussoufa dont le service en retrait vers Gillet donnait l’occasion aux supporters locaux d’exulter.

En seconde période, Anderlecht a pris son temps pour essayer de déborder des Rouches guère perturbés par leur infériorité numérique. Si Gillet (tête plongeante à côté) et Boussoufa (déviations du pied puis des deux mains de Bolat) ont eu la possibilité de donner l’avance à leurs couleurs, Jovanovic rappelait (envoi mis au-dessus de la barre transversale par Proto) au passage que le contre demeure une arme souvent dissuasive. D’autant que le meilleur était à venir pour le Standard, Jovanovic testant à nouveau les réflexes de Proto à 13 minutes de la fin d’une partie qui aura eu trois grands perdants : Wasilewski et Witsel, mais aussi Polak, blessé au genou en début de partie et très vite remplacé par Sare.

Pour le reste, malgré ses deux premières unités de la saison abandonnées, Anderlecht garde ses six longueurs d’avance sur un rival qui a démontré une grande détermination au parc Astrid.

Anderlecht

1

Proto

Wasilewski

Mazuch

Juhasz

Deschacht

Gillet

Polak

Chatelle

Boussoufa

Van Damme

Suarez

Entraîneur :

Jacobs

Standard

1

Bolat

Marcos

Mangala

Sarr

Collet

Dalmat

Defour

Witsel

Jovanovic

De Camargo

Mbokani

Entraîneur :

Bölöni

échos

Anderlecht

Baras. Avec l’aide des éléments (Reynaldo, Diandy et Kouyaté) du groupe pro, les jeunes Mauves ont battu 0-3 le Standard vendredi grâce à un triplé de Bruno Baras.

Polak. Dans un duel musclé avec De Camargo, le Tchèque s’est gravement blessé à un genou.

Standard

Arsenal. Laszlo Bölöni, accompagné de Dominique D’Onofrio le directeur sportif des Rouches, a assisté samedi à la défaite d’Arsenal à Manchester United (2-1).

Mise au vert. Dix-neuf joueurs étaient en mise au vert dans la région bruxelloise. Seuls Cyriac, Angeli et Moraes n’ont pas fait le déplacement. Finalement, c’est Traore qui était le dix-neuvième homme alors que Mulemo figurait cette fois dans le noyau.

Ricardo Rocha
au Standard ?

Si le Brésilien Felipe, arrivé vendredi à l’Académie Robert Louis-Dreyfus, n’a toujours pas signé son contrat à Sclessin, le Standard a accueilli deux autres joueurs dimanche : un défenseur central brésilien, Victor Ramos (21 ans) et un défenseur central portugais, Ricardo Rocha (30 ans), qui a joué cinq ans à Benfica avant d’être transféré à Tottenham en janvier 2007. Un club pour le compte duquel il n’a toutefois joué que 14 rencontres avant d’être libéré en juin 2009. L’un et l’autre n’ont cependant pas encore signé de contrat en faveur du club principautaire. (E.Px)

Bölöni : « Witsel a pleuré comme un enfant »

Les deux coachs se sont fait attendre pour la conférence de presse, comme s’ils avaient voulu mûrir leur réflexion et surtout l’expurger de toute scorie liée à un contexte sentant le souffre dès avant le coup d’envoi. Le match en lui-même avait ravivé les passions et les ressentiments, on l’a senti d’entrée de jeu. Le contact effroyable entre les crampons d’Axel Witsel et la jambe de Marcin Wasilewski a fait le reste.

Très digne et ne refusant pas d’évoquer la question, Laszlo Bölöni parla de « triste moment », en marquant un temps d’arrêt dans son analyse globale d’un début de match « où cela tint du miracle de ne pas voir le Standard mené au score tant la pression anderlechtoise, avec un Boussoufa très mobile, était forte ».

« C’est un triste moment, répéta-t-il. Un moment que tout le monde regrette. Et Axel (NDLR : Witsel) le premier. Lorsque nous sommes revenus dans le vestiaire à la mi-temps, je l’ai trouvé prosté, assis seul sur un des bancs du vestiaire. Il pleurait à chaudes larmes. Comme un enfant. Car après tout, ce n’est encore qu’un enfant. »

Et Bölöni de tenter d’embrayer sur sa vision de la suite des événements, du moins ceux qui concernaient la reprise du jeu. « On s’est réorganisé, malgré une pression anderlechtoise persistant jusqu’au bout. Mais au final, c’est nous qui loupons peut-être les plus belles occasions en fin de partie. »

Le cœur n’y était plus et sans qu’il faillie trop le pousser, l’entraîneur transylvanien pris le temps de revenir sur le cas de Witsel. « J’ai eu le temps de dire quelques mots à Axel. Je suis d’ailleurs resté un peu plus longtemps dans le vestiaire à cet effet. Mais sur son geste proprement dit, et sa mise en parallèle avec sa suspension de 4 matchs avec l’équipe nationale (NDLR : il purgera une peine de 4 matchs contre l’Espagne, l’Arménie, la Turquie et l’Estonie, suite à son exclusion en Bosnie, le 1er avril dernier), je pense qu’il est beaucoup trop tôt pour se prononcer. D’abord, il va continuer à s’entraîner en vue de la Ligue des champions. Ensuite, j’aimerais revoir les images. De toute manière, ça ne changera rien aux conséquences pour Wasilewski, envers qui vont toutes mes pensées. L’arbitre Jérôme Nzolo a fait ce qu’il fallait faire dans un contexte très difficile mais je me dis que si une seconde et demi ou deux secondes avant ce contact, on siffle certaines agressions, cet accident n’arrive peut-être pas. Attention, en disant cela, je ne veux pas diluer les responsabilités. Qu’on ne se méprenne pas. »

Une froide colère pour Jacobs

Impassible, et sans doute en proie à une colère froide, Ariël Jacobs n’a pas pipé mot. Et prit grand soin d’attendre que son homologue du Standard franchisse la porte de la salle de presse, pour se lancer dans une courte tirade… en deux temps. « J’ai une opinion sur le sujet mais je la garde pour moi, s’interrompit-il sèchement avant de céder, de guerre lasse, sur l’insistance des journalistes. « Avec tout le respect que je lui dois, Wasilewski sort des mines de Pologne et il a parfois joué avec des blessures qui auraient mis K-O la majorité des footballeurs pros que je connais. Mais l’entendre hurler comme nous l’avons entendu, à travers l’épaisseur de deux murs, c’est proprement insoutenable. Avec la blessure de Polak, dont la saison est également en très grand danger, pas mal de choses étaient cassées dans le groupe au moment de débuter la seconde période. Au bout du compte, on aura perdu deux joueurs et gagné un… demi-point pour les playoffs. »

Et le coach diegemois de ponctuer son speech de manière cynique à l’adresse des Standardmen, avec un slogan décliné à tue tête en néerlandais, et que l’on peut traduire par « Pour rendre le foot tof (NDLR : sympa en bruxellois), jettez donc un cocktail Molotov ! »

Un climat délétère pour une soirée pourrie. Allez donc en redemander, des matchs au sommet après ça…

Van Holsbeeck : « Dégoûté et écœuré »

Le football passera toujours au second plan quand deux drames humains viennent gâcher une soirée qui n’a jamais pris un air de fête. Les très graves blessures subies par Jan Polak (ligaments croisés d’un genou, opération et 6 mois d’absence) et Marcin Wasilewski (double fracture de la jambe droite, opération et 6 à 8 mois de rééducation) ont brisé net l’élan d’une équipe bruxelloise qui a semblé bien mieux maîtriser son sujet à 11 contre 11 qu’en supériorité numérique. « J’ai été très choqué lorsque j’ai vu du sang sortir de la jambe de Wasyl » a notamment avoué Mbark Boussoufa, auteur de l’assist pour l’égalisation signée Guillaume Gillet. Pour le reste, personne n’avait trop envie de disséquer une partie faussée après 25 minutes à peine.

Herman Van Holsbeeck, porte-parole de tous les Anderlechtois, n’a cependant pas mâché ses mots dimanche soir. Pas en les hurlant sous le coup de la déception ou de l’émotion mais de façon très posée. « J’ai vu ce dimanche soir des gestes qui m’ont écœuré. En sport comme dans la vie, il est indispensable d’avoir un minimum de respect pour les autres » jugeait notamment le manager général du Sporting qui aura une journée de lundi très chargée entre visites à l’hôpital et négociations en vue de renforcer un groupe qui vient de perdre deux titulaires.

« On ne s’improvise pas grand club parce que l’on est sacré champion deux fois de suite. C’est par son comportement que l’on mérite ce titre. Le Standard a affiché un manque flagrant d’éthique. Je suis vraiment dégoûté par ce qu’il m’a été donné de voir. Si nos joueurs sont montés sur la pelouse pour prouver leur valeur sportive, je ne suis pas convaincu que l’esprit était le même en face. Franchement, je n’ai jamais vu le président aussi furieux en sept ans de présence à Anderlecht. Roger Vanden Stock ne s’est d’ailleurs pas gêné du tout pour aller dire sa façon de penser aux dirigeants liégeois dès la fin de la première mi-temps. »

Herman Van Holsbeeck ne s’est même pas consolé avec les prestations plutôt positives de certains éléments. « Oui, c’est vrai que Bakary Sare a effectué une très bonne entrée dans des circonstances pas du tout évidentes. Silvio Proto a, lui, apporté la preuve qu’il peut sauver des points grâce à son talent. »

Et ce n’est pas le diagnostic du docteur bruxellois Louis Kinnen – « Wasyl souffre d’une très grave double fracture ouverte » – ni les heurts entre supporters à l’extérieur du stade qui ont pu rassurer la direction du Sporting.

Axel Witsel : « Je regrette mon geste »

En quittant le parc Astrid, Axel Witsel avait le visage défait. Et il a tenu d’emblée à regretter son geste :

« Je ne veux pas commenter la faute, mais je regrette car c’est une grave blessure. Je m’excuse ».

Il n’en dira pas plus en rejoignant le car en tirant son sac.

Steven Defour, lui, demandait d’abord à tout le monde de se rappeler les événements avant la faute.

« Regardez les images et tout ce qui s’est passé avant l’action de Witsel. Il y a notamment eu deux fautes sur moi et si l’arbitre siffle au moins l’une des deux, il n’y a pas de carte rouge et surtout pas de tibia cassé. Maintenant, on verra bien ce qui va se passer ».

Clairement, les Liégeois n’avaient pas trop envie de parler du match. Et pour cause bien entendu. Eux aussi étaient sous le choc puisqu’ils ont vu de près l’état de la jambe du défenseur polonais.

Milan Jovanovic, lui, ne voulait même pas parler du sportif. Le Serbe a un caractère fort, mais il est aussi humain.

« C’est difficile de parler de football après un tel accident. Après ce qui s’est passé ce soir, je ne veux même pas prendre le point que nous avons obtenu sur la pelouse. D’ailleurs, une victoire du Standard ou une victoire d’Anderlecht, ce dimanche soir, n’avait aucune valeur. Ce n’est rien quand on sait que, peut-être, la carrière d’un joueur est terminée. J’aime le football. C’est un sport pour des hommes, mais cela doit rester dans des limites. C’est du sport et pas de la guerre. Bien entendu il peut y avoir de la nervosité dans une rencontre. Tout le monde peut aller au combat avec l’envie de gagner. Mais cela doit toujours rester dans des limites sportives pour que de telles choses n’arrivent plus. Pour moi, un joueur, une jambe ou une carrière, c’est plus important qu’une victoire ou un titre. Le sport, c’est d’abord l’humain ».

Le Serbe a-t-il évoqué le sujet avec son jeune équipier lors d’une rentrée au vestiaire qui a été chahutée ?

« Bien entendu, pour Witsel ce n’est pas facile non plus. Je n’ai pas parlé de l’action avec lui, mais je le sens triste. Mais je le répète, c’est difficile de parler de football aujourd’hui. Tout le monde ne va retenir qu’une seule chose de ce match : la blessure de Wasilewski ».

Pierre François, le directeur général du Standard, est bien évidemment parti à la recherche de nouvelles concernant l’état de santé de Wasilewski.

« Je me suis rendu dans la zone des vestiaires pour me faire expliquer la situation et présenter nos regrets de tous au sujet de Wasilewski, explique le directeur général. Maintenant, je réserve mes propos sur la faute au comité sportif qui aura à juger du dossier, mardi, sauf erreur de ma part ».

Le Soulier d’or, qui entame cette semaine une suspension de quatre matchs avec l’équipe nationale, aura effectivement bien besoin d’un avocat. Le Brugeois Nabil Dirar, pour un crachat, a écopé la semaine dernière de trois matchs de suspension, plus deux avec sursis après que le comité sportif a visionné les images d’un geste que l’arbitre n’avait pas sanctionné.

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Dr Castiaux : « Sa saison est sans doute compromise »

ENTRETIEN

Le Docteur Jean-Pierre Castiaux, le responsable de la cellule médicale du Sporting de Charleroi, exerce depuis de nombreuses années dans les milieux du football belge. La blessure dont souffre Marcin Wasilewski est, selon lui, l’une des plus graves qu’un joueur puisse endurer.

Dr Castiaux, comment soigne-t-on une double fracture tibia-péroné ?

Tout dépend de sa nature. S’il y a eu déplacement, ce qui est le cas ici, il faut d’abord la réduire et remettre la jambe dans l’axe. Cela se fait à l’aide de broches ou de plaques en fonction du nombre de morceaux d’os à ressouder.

La rééducation est longue ?

Il y a d’abord 6 semaines d’immobilisation à observer avant d’entamer la rééducation. Celle-ci peut prendre entre six et neuf mois, plus si d’autres parties de la jambe ont été touchées comme les ligaments croisés, par exemple. La saison de Wasilewski est sans doute compromise.

C’est la blessure la plus grave pour un footballeur ?

Sans doute. Plus en tout cas que les blessures musculaires, desquelles on récupère forcément plus rapidement. Heureusement, ce type de blessure n’est pas très fréquent. Ce qui est choquant ici, c’est qu’elle a été provoquée par un autre joueur, qui a, en quelque sorte « tué » un collègue. C’est un acte volontaire scandaleux et le problème est, selon moi, plus éthique que médical. On ne peut pas parler de fatalité.

Une fracture qui touche souvent les deux os

Une fracture ouverte est une fracture où l’os brisé sort à travers la peau, ce qui accroît les risques d’infection via les contaminants extérieurs. Elle nécessite donc une prise en charge médicale urgente. L’os guérit souvent très mal des infections et exige des traitements antibiotiques prolongés.

Les fractures de la jambe comme celle de Wasilewski sont généralement diaphysaires, c’est à-dire qu’elles touchent pratiquement toujours les deux os, le tibia et le péroné ; c’est pour cela que l’on parle de fracture double. Seule la fracture du tibia, os porteur, est prise en compte par le traumatologue.

Si le péroné n’est pas atteint, cela peut poser des problèmes de consolidation en gênant la mise en contrainte du tibia.

Par ailleurs, sous la pression du choc, une double fracture tibia-péroné peut générer des lésions au genou ou à la cheville.

quelques précédents

Juan Lozano

Le 11 avril 1987, le petit Andalou d’Anderlecht voit sa carrière stoppée par un tacle sauvage du défenseur de Waregem, Ivan De Sloover au milieu du terrain. Victime d’une double fracture de la jambe, jamais Lozano ne retrouvera son niveau par la suite et mettra un terme à sa carrière deux ans plus tard après avoir attaqué son « bourreau » devant les tribunaux civils. De Sloover sera condamné pour coups et blessures involontaires, mais l’arrêt sera cassé, la sanction sportive étant jugée suffisante.

Luc Nilis

Le 9 septembre 2000, suite à un choc avec le gardien d’Ipswich, Richard Wright, le Limbourgeois, qui ne disputait que son troisième match avec Aston Villa, est relevé avec une double fracture de la jambe droite. Il est contraint de mettre un terme à sa carrière.

Djibril Cissé

Le joueur français se brise deux fois une jambe au cours de sa carrière. La gauche d’abord en octobre 2004, avec Liverpool (il met 6 mois à revenir) puis la droite en juin 2006, à quelques jours du Mondial allemand, à la suite d’un contact avec un défenseur chinois. Il se remettra, là encore, mais après 5 mois d’arrêt.

Eduardo

Le 23 février 2008, dès la 3e minute d’un match à Birmingham, l’attaquant croate d’Arsenal Eduardo Silva est victime d’une fracture tibia-péroné suite à un tacle terrifiant de Martin Taylor. Le joueur ne reviendra qu’à la mi-décembre, de manière épisodique avant d’être définitivement déclaré bon pour le service cette saison-ci.

Proto, auteur d’un arrêt brillant face à Jovanovic, sauve un point

Après avoir perdu Polak et Wasilewski sur blessures, les Anderlechtois n’ont jamais retrouvé leurs marques.

Proto. Mis trois fois en position délicates, le gardien du Sporting a été battu sans rémission par Mbokani mais a peut-être réalisé l’arrêt de sa saison contre Jovanovic à la 77e minute avant de contrer De Camargo.

Wasilewski. Le grand malchanceux d’un duel musclé où ses aptitudes physiques auraient été d’un apport intéressant pour ses partenaires. Mais Witsel l’a envoyé à l’hôpital…

Mazuch. Sa bévue contre Lyon l’a mis en garde, le défenseur tchèque n’ayant pas pris le moindre risque dans ses relances.

Juhasz. Il n’est pas intervenu avec l’à-propos nécessaire sur le goal de Mbokani.

Deschacht. A gauche, il possède ses repères, ce qui semble moins le cas quand il est amené à œuvrer comme arrière central. Dimanche, il n’avait pas Bastos (comme contre Lyon), dans les pieds mais un Dalmat en panne de moteur.

Gillet. Il a débuté pratiquement en soutien d’attaque, il s’est retrouvé arrière droit après la blessure de Wasyl mais cela ne l’a pas empêché d’égaliser d’une frappe sèche en pleine surface de réparation liégeoise.

Polak. Un contact plutôt rugueux de De Camargo a abrégé une soirée qui devait être celle de la réhabilitation pour l’international tchèque sifflé par le public lors de sa dernière représentation à domicile.

Chatelle. Thomas fournit des prestations convaincantes depuis l’entame de la saison. Collet a été victime de ses incessants appels de balle et de sa faculté à déborder puis centrer.

Boussoufa. Après son match raté à Lyon, Mbark s’était repris à Waregem en ouvrant la marque. A nouveau dans l’ombre contre les Gones lors de la seconde manche, il a, cette fois, influencé les débats en servant Gillet sur un plateau d’argent.

Van Damme. Aligné en tant que médian gauche, le Waeslandien a démontré une force de caractère exceptionnelle en faisant abstraction de toutes les polémiques qui pleuvent sur lui depuis un mois. Jelle, le prénom le plus scandé dimanche, a même failli ouvrir le score dans le premier quart d’heure.

Suarez. L’Argentin n’aime pas évoluer en pointe mais il s’est adapté aux circonstances même si, finalement, il a semblé meilleur seul devant plutôt qu’en soutien de De Sutter lorsque celui-ci a repris son rôle.

Sare. Appelé à apporter de la taille dans l’entrejeu, il s’est fondu dans le moule sans témoigner la moindre appréhension. C’est le genre de rencontre qui le fera grandir au niveau de la maturité et de l’expérience.

De Sutter. L’impression – un manque d’énergie – laissée de puis quelques semaines, s’est vérifiée contre le Standard : d’abord en étant confiné au banc de touche, ensuite en ne mettant jamais la paire Mangala-Sarr en danger.

Le parc Astrid reste toujours le jardin de Dieumerci Mbokani

Comme prévu, pour ce déplacement au parc Astrid, Laszlo Bölöni avait décidé de revenir 4-2-3-1 qui avait si bien tiré son épingle du jeu sur la scène européenne la saison dernière. Evidemment, cela impliquait le retour de De Camargo devant Defour et Witsel et le retour sur le banc de Carcela.

Bolat. Le héros de la fin du dernier championnat n’a guère semblé très à l’aise. Il a même loupé une sortie aérienne avant de s’interposer sur une reprise de la tête de De Sutter. Mais il ne pouvait rien faire sur le but égalisateur de Gillet. En revanche, il a sauvé un ballon chaud devant Boussoufa à l’heure de jeu.

Marcos. Le Brésilien n’a toujours pas retrouvé son autorité de 2008 sur son flanc. Il a toutefois maintenu le navire liégeois à flot en sauvant un ballon chaud sur sa ligne en début de match.

Mangala. Il avait quitté le parc Astrid la saison dernière sur un mauvais match qui lui avait coûté sa place. Mais c’était comme médian défensif. Cette fois, en tant qu’arrière central, il a rempli sa mission.

Sarr. Il a retrouvé un niveau meilleur que lors de ses dernières prestations, notamment dans son entente avec Mangala.

Collet. A l’évidence, celui qui n’est nullement un arrière gauche a éprouvé les pires difficultés face à Chatelle. Il a logiquement écopé d’une carte jaune au terme d’une première période où il a même fait une mauvaise rentrée. Bölöni n’avait pas d’autre choix que d’appeler Mulemo à la rescousse.

Defour. Comme toujours, le capitaine des Rouches a énormément travaillé. Il s’est énervé avec les supporters.

Witsel. Comme en Bosnie, il a été l’auteur d’un geste inexcusable en écrasant le tibia droit de Wasilewski. Un geste d’un joueur en méforme complète. Il a mis son équipe en difficulté au parc Astrid puisqu’elle a joué plus d’une heure à dix, mais il peut aussi s’attendre à une très lourde suspension.

Dalmat. Le flanc droit des Rouches a toujours sa rapidité, mais il n’a plus l’inspiration qui lui permettait de créer le danger. Le Français n’est pas bien dans sa tête et cela se voit sur le terrain où il court après la forme.

De Camargo. L’un des Liégeois les plus en vue en première période. Sa première faute sur Polak lui a valu une carte jaune après neuf minutes. Mais il a continué son travail entre les lignes.

Jovanovic. En retournant sur le flanc, le Serbe a évidemment été moins présent en zone de finition. Il a eu l’occasion d’offrir la victoire aux siens à un quart d’heure de la fin.

Mbokani. Anderlecht lui réussit toujours bien. Et même s’il a lui aussi écopé d’une carte jaune, il a gagné son face-à-face avec Proto pour inscrire un nouveau but contre ses anciennes couleurs. Forcément, en infériorité numérique, il était esseulé en pointe.

Mulemo. Cette fois, contrairement aux derniers matchs, l’ancien joueur de Saint-Trond était bien dans le noyau. Heureusement pour Bölöni.

VOLPE,ANGELO,PAIROUX,ETIENNE,VANDE WEYER,PHILIPPE,LARSIMONT,FREDERIC
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