Bolt enflamme le stade Roi-Usain

Cet homme est une bénédiction ! Il avait promis la lune et il l’a décrochée ! Usain Bolt a embrasé le stade Roi-Baudouin, ce vendredi soir dans un 200 m de feu qui a rendu fou le public bruxellois qui n’avait d’yeux que pour lui. Sur cette nouvelle piste que l’on annonçait ultra-rapide, le Jamaïquain avait annoncé vouloir faire un sort au record du Mémorial Van Damme établi par Tyson Gay en 2006. Cette année-là, l’Américain avait bouclé son demi-tour de piste en 19.79.

Depuis vendredi, ce temps n’existe plus. Le recordman du monde l’a effacé en s’imposant en 19.57 à l’issue d’une vraie démonstration, par une température frisquette et un vent nul. Un départ canon, un Wallace Spearmon avalé après moins de 50 m, un virage impeccable avant une promenade de santé qu’il a achevée en se baladant pour réussir le troisième chrono de sa carrière après ses deux records du monde de Pékin (19.30) et Berlin (19.19).

Bolt en surclassement, c’est évidemment « le » moment suprême d’un 33e Mémorial Van Damme qui a dit adieu à la Golden League en consacrant Kenenisa Bekele (5.000 m), Sanya Richards (400 m) et Yelena Isibayeva (perche). Comme on s’y attendait, aucun de ces trois cadors n’a véritablement été inquiété pour cette sixième victoire consécutive après Berlin, Oslo, Rome, Paris et Zurich. Tous trois se partageront 1 million de dollars à parts égales. Un beau pécule pour l’automne qui arrive !

Bekele a certes dû se méfier jusqu’au bout de son compatriote Imane Merga et du Kenyan Vincent Chepkok, mais sa pointe de vitesse a suffi pour assurer dans les derniers mètres où il a terminé en 12.55.31, sans arriver donc à courir plus vite que la semaine dernière à Zurich.

Sanya Richards n’avait pas grand-chose à craindre de ses rivales sur 400 m, mais elle a assuré le spectacle. Après un départ très rapide, selon une bonne habitude, elle a joué son Usain Bolt au féminin en dominant ses rivales de la tête et des épaules dans une dernière ligne droite éblouissante. Volant sur ses spikes roses, elle a coupé la ligne en 48.83, le meilleur temps de l’année, à 13 centièmes de son record des Etats-Unis. Pour la 40e fois de sa carrière, elle est descendue sous les 50 secondes !

Enfin, après s’être protégée bon gré mal gré du froid pendant plus d’une heure sous sa douillette couverture, Yelena Isinbayeva a assuré sa victoire en un saut, à 4,70 m, avant d’échouer à trois reprises à 5,07 m, un centimètre plus haut que son tout frais record du monde.

La vraie surprise de la soirée est venue du 100 m hommes. Le chat Bolt parti, on pensait que la souris Gay allait danser. Ses adducteurs n’étaient peut-être pas au niveau qu’il souhaitait, mais l’Américain était bien décidé à montrer qu’il pouvait être calife à la place du calife. C’était sans compter sur ce diable d’Asafa Powell. Après tout, le 100 m est une affaire jamaïquaine et, au stade Roi-Baudouin, il faut se lever tôt pour le battre ! Lors de ses cinq premières visites au Heysel, il l’avait emporté à quatre reprises et seul Bolt, l’an dernier, l’avait ramené – de justesse – à la raison. Sous une fine bruine, « Afasta » est sorti de ses blocs comme une furie, tête bien rentrée avant de se relever après une bonne dizaine de mètres et de foncer vers l’arrivée sans laisser l’occasion à Gay de le rattraper. Il s’est imposé en 9.90, son 56e chrono (!) sous les 10 secondes, devant Gay (10.00) et l’Américain Darvis Patton (10.08).

Mais « Oncle Sam » s’est vengé chez les filles où, comme à Zurich, Carmelita Jeter a terrassé toute la Jamaïque du sprint – dans l’ordre Fraser, Stewart, Campbell – en 10.88.

Le Van Damme ne serait pas le Mémorial si il n’y avait pas un record du monde à se mettre sous la dent. Sur le très anecdotique relais 4 × 1.500 m, l’équipe du Kenya, composée de William Biwott, Gideon Gathimba, Geoffrey Rono et Augustine Choge, bien aidée pendant plus de la moitié de la course par… les Kenyans de l’équipe mixte, a bouclé les 6.000 m de course en 14.36.23. Un peu plus de deux secondes de mieux que le record établi en 1977, à Cologne, par les Allemands Thomas Wessinghage, Harald Hudak, Michael Lederer et Karl Fleschen en 14.38.8… le lendemain de la première édition du Mémorial Van Damme. Et un 13e record du monde pour le meeting bruxellois !

Le 14e, lui, est resté dans les chaussures à pointes de Gelete Burka. L’Ethiopienne savait qu’elle s’attaquait à une montagne et elle n’a pas réussi à l’escalader. En 5.30.19, elle a certes réussi le meilleur chrono de l’année mais est restée à distance très respectable des 5.25.36 de Sonia O’Sullivan. Ce n’est pas pour rien s’ils résistent depuis 1994…

VANDE WEYER,PHILIPPE
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