Alzheimer : une avancée importante

Recherche Trois gènes de prédisposition ont été découverts

Les chercheurs ont-ils effectué un pas très important dans la compréhension et donc, potentiellement, dans le traitement de la maladie d’Alzheimer ? Les résultats de travaux récents publiés ce dimanche dans la revue Genetics sont en tout cas présentés comme une grande avancée, la plus remarquable sans doute depuis 15 ans.

Ce progrès est dû à deux équipes de chercheurs, une française et une britannique. Mais les recherches avaient aussi un volet belge, mené conjointement par les scientifiques d’un institut de recherche (VIB), de l’institut Born-Bunge et de l’université d’Anvers.

« Ces résultats permettront une grande avancée dans la recherche sur Alzheimer, a expliqué le professeur Christine Van Broeckhoven, qui a travaillé sur ce projet. Nous pourrons ainsi prédire plus facilement qui court un risque de développer la maladie, et nous aurons plus de possibilités pour la freiner. »

Quel est l’intérêt de ces recherches ?

Pour les formes familiales de la maladie d’Alzheimer, relativement rares (moins de 3 %) et où l’influence de la génétique est prédominante, trois gènes héréditaires sont bien connus.

En revanche, pour les autres formes de la maladie, dites « sporadiques » ou tardives, les plus nombreuses donc, il faut tenter de comprendre si les sujets affichent une prédisposition génétique à Alzheimer. Or, aucun facteur de susceptibilité génétique n’avait pu être confirmé, à l’exception de l’allèle E4 du gène de l’apolipoprotéine E, en 1993.

Les équipes de Philippe Amouyel, de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et de Julie Williams (Alzheimer’s Research Trust, université de Cardiff) ont découvert trois nouveaux facteurs de prédisposition impliqués dans le développement de la maladie. Quinze ans donc après la découverte d’un premier facteur de prédisposition, le gène APOE4.

« Ces découvertes ouvrent de nouvelles voies d’approche de la maladie qui peuvent potentiellement intéresser des compagnies pharmaceutiques pour chercher de nouvelles cibles de traitement », a expliqué le Français Philippe Amouyel. Ce que confirme notre compatriote Christine Van Broeckhoven : « La recherche sur Alzheimer est un marché très compétitif. Il y a beaucoup d’argent à gagner, ce qui rend difficile d’ordinaire la collaboration entre les différentes institutions. » Cette fois, les « têtes » ont cogité ensemble, à une échelle internationale. Les scientifiques ont réalisé des tests sur 20.000 sujets, dont 2.000 en Belgique.

« Encore dix gènes »

L’apparition de la maladie d’Alzheimer est liée à des interactions complexes entre des facteurs de prédisposition génétique et des facteurs de risques liés à l’environnement, l’âge étant un déterminant majeur. Les Français ont identifié deux gènes de prédisposition : le gène de la clusterine (CLU), connue aussi sous le nom d’apolipoprotéine J, localisé sur le chromosome 8, et le gène CR1 (gène du récepteur 1 des fractions du complément), situé sur le chromosome 1. Ces deux gènes pourraient intervenir dans l’élimination du constituant majeur des plaques amyloïdes, le peptide béta-amyloïde.

La maladie d’Alzheimer est caractérisée par deux types principaux de lésions du cerveau : la présence de plaques amyloïdes entre les neurones et une dégénérescence due à l’accumulation à l’intérieur des neurones de la protéine tau.

Les chercheurs français ont encore « sous la main une dizaine de gènes qui pourraient être potentiellement des cibles », a souligné Philippe Amouyel.

L’équipe britannique a de son côté identifié également le gène CLU, ainsi qu’un troisième gène, nommé Picalm, qui aurait une fonction au niveau des synapses (qui assurent la communication entre les neurones). (afp et b)

BELGA,AFP
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