Sim a cassé sa fameuse gueule

Spectacles Le comédien est mort à 83 ans

Sim, c’était d’abord une gueule. Lèvres réduites à un fin et large trait ouvert sur le visage, long nez plongeant sur le menton pointu en galoche, crâne très vite dégarni, valises sous les yeux. Une fameuse gueule quoi ! Le chic de Simon Berryer, c’est d’avoir exploité son physique à la façon d’Alice Sapritch. Il a tout osé, sans jamais se départir d’un large sourire qui lui fendait sa tronche en biais en deux, d’une oreille à l’autre, ni d’un pétillement de l’œil qui montrait toute sa distance d’avec ses pitreries.

Cette gueule, Sim a appris à en jouer et à en rire. Son autobiographie, un authentique best-seller, n’était-elle pas titrée Elle est pas chouette ma gueule ? Il expliquait : « Moi, pour faire rire, j’ai choisi de taper sur ma gueule. Je me suis inventé moi-même. Je me tape dessus tout le temps. J’ai touché à tout : au porte-à-porte, à l’immobilier, puis à l’armée, jusqu’au jour où je me suis regardé dans une glace. Alors je me suis rendu compte que ma tête était un fonds de commerce possible. »

Sim est mort ce dimanche, d’une embolie pulmonaire. Il avait été hospitalisé il y a quelques jours pour une pneumonie, à Saint-Raphaël. Il avait 83 ans. Philippe Bouvard a réagi : « Je perds plus qu’un ami, je perds mon frère. » C’est que Sim était une des Grosses têtes depuis le début de l’émission de RTL, en 1977.

Sim, qui ne s’en souvient pas ? Sauf les plus jeunes, qui ne l’avaient plus guère vu ces derniers temps. Il avait pris sa retraite. Il était réapparu il y a quelques mois pour parler de son dernier bouquin, Et la retraite, bordel ? et oser encore quelques galéjades. Il ne sortait plus de sa retraite sur la Côte d’Azur que, de temps à autre, pour jouer le rôle de Théo de Montalenvert dans la série à succès Louis la Brocante avec son ami Victor Lanoux.

Sim, c’est une carrière de plus de 50 ans. Au cinéma, avec des apparitions dans 18 films, dont Cartouche, Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas mais… elle cause !, La brigade en folie, Pinot simple flic et, en 2008, Astérix et Obélix au Jeux olympiques, dans le rôle d’Agecanonix.

À la télé, d’innombrables émissions de variétés et des séries. À la radio avec les Grosses têtes donc. Et des chansons. L’inégalable « J’aime pas les rhododendrons », le pastiche du tube de Grease avec Patrick Topaloff « Où est ma chemise grise », et « Quoi ma gueule ? » que Sim ne pouvait pas ne pas reprendre à Johnny.

Sim était né le 21 juillet 1926. Une date qui l’a peut-être incliné à travailler pour la Belgique. Au milieu des années 60, Sim était effectivement devenu très populaire grâce aux fameuses 36 chandelles de Jean Nohain à la télévision. Il y avait créé le personnage de la Baronne de la Tronche-en-Biais (évidemment !). Dans les années 70, avec un comédien français mais belge d’adoption, Edouard Caillau, grand pote de Brel, Sim exploita son personnage sur la RTB dans la fameuse émission dominicale de variétés Chansons à la carte. Présentée par André Torrent, elle accueillait les stars de l’époque, Claude François en tête, mais ses vraies vedettes étaient Sim et Edouard Caillau. Tous deux viennent de se retrouver.

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