« Tout le vocabulaire artistique de Dragone »

Liège Face à la nouvelle gare des Guillemins, 30.000 personnes pourront gratuitement assister au spectacle inaugural ce vendredi

Le spectacle commence à 21 h 30 précises. » C’est qu’une gare n’est pas un chapiteau comme les autres : les artistes en répétition ont dû composer avec les ouvriers occupés à achever le chantier des Guillemins et ce jeudi soir, lors de la générale, ils se sont accomodés des 22 trains de voyageurs qui frôleront scène et coulisses. « Nous n’avons eu que deux jours pour répéter, c’est du jamais-vu ! », continue Fabrice Bollen, directeur exécutif de la troupe de Franco Dragone.

La journée de ce vendredi encore, les 150 comédiens et artistes de la troupe, la centaine de techniciens, les 50 personnes qui les encadrent et les 70 figurants recrutés dans des écoles de danse de la région liégeoise mettront la dernière main à la création du Louviérois. Ils seront bien épaulés : la styliste Maureen Declercq (qui a signé les 150 costumes), François Schuiten (pour la chorégraphie) et Mario Luraschi (pour les cascades équestres) font partie du générique. Pour quelle mise en scène ? « Il y aura des chevaux, un feu d’artifice, des acrobates, tout le vocabulaire artistique de Dragone », sourit Fabrice Bollen. Il refuse d’en dire plus, « pour maintenir la surprise ».

Trente mille personnes pourront se rassembler en toute sécurité sur l’esplanade qui fait face à la gare, ont garanti les services de sécurité. Et si cela ne suffisait pas, des écrans géants seront installés sur la place Saint-Lambert, qui accueille le même soir les Fêtes de Wallonie.

Pour faciliter l’accès à ce spectacle gratuit (mais dont le budget s’élève à plus de 650.000 euros), la SNCB propose des tarifs préférentiels sur les trains à destination de Liège et les TEC ont mis en place des navettes gratuites entre le site ferroviaire et les deux parkings de délestage : l’un à Sclessin et l’autre à Coronmeuse.

Une nouvelle gare, un ancien nom

Parmi les nombreux débats qui ont accompagné la construction de la gare de Liège, celui qui a porté sur son nom. Depuis qu’elle existe, en 1866, la gare s’appelle « des Guillemins », comme le quartier qui l’abrite. Mais aujourd’hui, une majorité de Liégeois et de navetteurs sont incapables d’expliquer d’où vient ce nom, celui d’un ordre religieux (les Guillemins, Guillemites ou Guillelmites) qui a occupé un couvent dans le quartier durant sept siècles. Un ordre dissous à la Révolution française.

Le bourgmestre de Maastricht ayant proposé d’appeler la future gare TGV Liège-Maastricht, le gouverneur du Limbourg flamand enchaîna en rappelant que Liège serait aussi la gare TGV de référence des habitants de Tongres et de Hasselt. Le nom « gare de Liège-Limburg » (tant flamand que néerlandais) fut donc suggéré. Puis beaucoup d’autres. De la société savante de l’Emulation au journal La Meuse, des appels à idées ont été lancés : Simenon, Charlemagne, Calatrava, Frédéric François et bien d’autres furent suggérés.

Devant l’affluence, la SNCB Holding cala. Et décida de ne pas trancher. Donc de conserver le nom ancien sur la nouvelle gare. Pour toujours ? Qui sait…

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