« Je n’ai pas menti »

Banques Maurice Lippens sort de son mutisme

Lorsque j’ai démissionné, j’ai décidé de me taire. Par respect pour toutes les parties. Mais c’était difficile de me taire. Parce que j’étais en butte à énormément de critiques, d’accusations. Et pourtant, j’avais la conscience de ne jamais avoir menti, de ne jamais avoir trahi ma parole. »

Le dimanche 28 septembre 2008, à l’aube, dans sa résidence du sud de Bruxelles, alors que Fortis vacille, que les négociations sur le sauvetage de la banque s’intensifient, Maurice Lippens fait un malaise et décide de quitter la scène. Dans la soirée, le gouvernement exige et obtient la démission du président de Fortis. Depuis ces funestes journées, Maurice Lippens s’est retiré de la vie publique, s’enfermant dans un mutisme qui aura duré près de douze mois. Ce samedi, l’homme en sort, accordant un entretien à L’Echo et à De Tijd, ainsi qu’à La Première (diffusé lundi matin).

L’ex-président y explique, notamment, comprendre les réactions de colère des actionnaires de sa société à son égard : « C’était une incompréhension, une émotion, une détresse que je comprends tellement bien. C’est humain. Quand on est frappé de plein fouet par une catastrophe, on se dit : mais qui est le responsable ? (…) Moi-même, j’étais en colère. Contre le gouvernement et la manière dont il a traité les actionnaires. J’étais aussi furieux contre le gouvernement hollandais et contre la Banque centrale hollandaise, parce que j’estime qu’ils ont trahi leur parole. Je pensais que j’aurais encore pu faire quelque chose. »

« Et j’étais également triste, ajoute-t-il, parce qu’on m’a suspecté d’avoir menti, d’avoir caché des éléments clés, d’avoir trompé les gens. Alors que depuis 28 ans, j’ai justement basé toute ma carrière, toute ma réputation, sur l’intégrité et la transparence. (…) On m’a fortement critiqué. On a raconté des mensonges sur mon compte, on m’a fait un procès digne de l’Inquisition (…) Mais je n’ai pas menti, je n’ai rien dissimulé. J’ai toujours fait ce que je devais faire pour Fortis. (…) Nous avons fait toute une série d’erreurs, notamment dans la communication. Je crois qu’aucune de ces erreurs n’était une faute », conclut-il.

CONDIJTS,JOAN
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