Mika, le nouveau prince de la pop

Musique Son deuxième album est sorti ce week-end

Il vient de souffler ses vingt-six bougies le 18 août dernier et il a déjà le monde à ses pieds. Michaël Holbrook Penniman (le nom qui se trouve sur le passeport de Mika) est un cas résolument à part dans la musique populaire d’aujourd’hui. Un cas à part parce que sa trajectoire a tout du conte de fées à en juger par les 7 millions de disques de son premier album Life in cartoon motion. Il faudrait pourtant faire preuve de la mauvaise foi la plus crasse pour ne pas trouver de charme aux « Big girl (you are beautiful) », « Grace Kelly », « Lollipop » ou « Relax (Take it easy) ».

Mika possède tout ce qu’il faut (on y revient dans quelques lignes) pour devenir une star : une voix, du talent, une présence scénique, une image et le jeune homme n’a pas peur de travailler. Malgré ces indéniables atouts, difficile toutefois de faire des pronostics.

Ecoutera-t-on encore Mika dans dix ans ? Révolutionnera-t-il la pop comme un Michael Jackson ? Est-il juste le reflet d’une époque, celle du court terme et d’internet ? Sera-t-il le nouveau Robin Williams ou le prochain George Michael ? Résistera-il à la pression ? Pas plus tard que ce dimanche, Mika avait sa petite minute face à Claire Chazal dans le 20 heures de TF1.

L’important est pourtant ailleurs. Sur une sphère exclusivement musicale. Avec ce nouvel album The boy who knew too much, peut-être moins immédiat que son prédécesseur, Mika joue gros. S’il y a sans doute moins de tubes que sur Life in cartoon motion, les douze chansons de l’album restent du Mika tout craché. Parfois trop, même. C’est bon signe, l’Américano-Libanais reste fidèle à une pop acidulée en abordant toutefois des thèmes un peu différents, mais il doit éviter toutefois de s’autoparodier. Si son premier album faisait référence à l’enfance, celui-ci évoque l’adolescence. Et sa voix, mince quelle voix !, fait de nouveau des feux d’artifice. Pour la petite histoire, « We are Golden », morceau d’ouverture, est le titre le plus joué en radio et en télé chez nous, en Belgique. Dans l’ordre ou dans le désordre, voici les cinq raisons du succès de Mika.

1 La voix. Certains prétendent qu’il possède une tessiture qui couvre quatre octaves. Mika lui-même évoque trois octaves et demie. Ses cordes vocales rappellent Freddy Mercury, Elton John, George Michael ou même les Scissor Sisters. Sur le plateau de Nagui et de Taratata, Mika bluffe son monde en balançant un « Killer Queen » imparable.

2 Le talent. Manifestement surdoué, il a toutefois fallu un drame familial – son père se retrouve retenu plusieurs mois à l’ambassade des Etats-Unis à Koweït pendant l’invasion par l’Irak – et un déménagement londonien pour que Mika succombe à l’opéra et à la musique tout court. Sa scolarité est calamiteuse et accentue sa sensibilité. Il est également dyslexique. Cependant, son passage à la Royal College of Music lui « sauve la vie ». Et de jouer dans des concerts classiques, de composer pour les vols British Airways et d’écrire des publicités. Ses mélodies immédiates qui jalonnent son premier album viennent de cet éclectisme et de cette schizophrénie artistique.

3 L’image. Belle gueule, beau mec, Mika plaît autant aux filles qu’aux garçons. Mais pas question de sortir du bois pour autant. Au magazine gay américain Out, il dit refuser de s’enfermer dans une case. « On peut me coller une étiquette, mais je ne veux pas m’en coller une moi-même. Est-ce que ça restreint ma manière de vivre ? Non. Je fais ce que je veux. Et ça n’a rien à voir avec une stratégie marketing. »

4 La bête de scène. Ses concerts très Alice au pays des merveilles sont formidables. Polyglotte, il se fait un malin plaisir à alterner français, anglais et néerlandais sur les scènes belges. Sautant dans tous les sens comme un Marsupilami, n’hésitant pas à grimper sur son piano ou à faire le pitre, Mika dégage une chouette énergie. Et le public composé d’enfants, d’hétéros et d’homos de se dandiner et de quitter la salle le sourire jusque derrière les oreilles. Les professionnels qui l’ont approché décrivent Mika comme quelqu’un de sain, d’adorable et qui a les pieds sur terre.

5 Le bosseur. Mika n’est pas là par hasard. Il ne compte pas ses heures. Insiste pour faire des interviews en français alors que ce n’est pas sa langue maternelle. Il accompagne la sortie de son EP « Songs for sorrow » de quelques concerts dont l’Ancienne Belgique. Début septembre, Mika proposait un vrai concert devant les caméras d’une télévision flamande. Il faudra toutefois attendre 2010 avant de le revoir en salle en Belgique.

Album Mika : The boy who knew too much (Universal).

MANCHE,PHILIPPE
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