Le cyclone Ketsana est d’un genre nouveau

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Philippines Au moins 240 morts

La tempête tropicale qui a balayé Manille, la capitale des Philippines, et ses environs, a provoqué les pires inondations dans le pays depuis 40 ans. Elle a fait au moins 240 morts. Vents et pluies ont pris la direction du Vietnam où l’on dénombrait déjà 22 morts mardi.

La violence de la tempête tropicale Ketsana, avec des pluies qui n’ont pas cessé neuf heures durant et un niveau d’eau qui a atteint six mètres par endroits, a fortement étonné les experts dans un pays touché en moyenne par vingt typhons chaque année.

Des changements qualifiés d’« étranges », notamment dans le parcours des typhons, au cours des deux dernières années, surprennent les spécialistes.

« En tentant d’analyser scientifiquement les données, on observe que cette année et l’an passé ont donné lieu à des phénomènes étonnants et l’on peut seulement présupposer que cela s’explique par le changement climatique », avance Anthony Golez, responsable du Centre de coordination des catastrophes nationales.

Yvo de Boer, le plus haut responsable onusien sur le climat, a estimé mardi que cette tempête démontre la nécessité d’aboutir à un accord contre le réchauffement de la planète.

Selon Jose Bresales, de l’ONG World Vision, la tempête qui a ravagé Manille doit servir « d’alerte avant le sommet de Copenhague ». Citant un rapport du Groupe d’experts sur le climat (Giec), l’ONG souligne que les cyclones tropicaux vont devenir plus intenses, accompagnés de vents encore plus puissants et de précipitations plus importantes. Le phénomène aurait alors un impact disproportionné sur les Philippines où 43 % de la population, soit 36 millions de personnes, vivent avec deux dollars par jour ou moins. « Il faut aider des millions de Philippins à se préparer à des tempêtes encore plus dévastatrices », souligne M. Bersales.

Un deuxième cyclone en vue

La situation sanitaire est catastrophique dans l’archipel philippin. Malgré les initiatives parfois surprenantes des autorités : la présidente Arroyo a annoncé mardi l’ouverture exceptionnelle du palais présidentiel, où des centaines de réfugiés ont rapidement afflué. « Les évacués seront hébergés dans les parties disponibles des bâtiments du palais Malacanang et dans des tentes qui seront installées, a déclaré Mme Arroyo. S’il le faut, nos employés libéreront leur lieu de travail pour offrir plus de place. »

Ce ne sera pas un luxe : un deuxième cyclone tropical menace l’est de l’archipel des Philippines. Ce cyclone pourrait toucher les terres dans les deux à trois prochains jours et son intensité pourrait augmenter durant cette période. Quoi qu’il en soit, les spécialistes notent que « toute pluie additionnelle au passage du premier ouragan causera des problèmes majeurs ». (afp)

Le coût exorbitant du réchauffement

Les pays pauvres auront besoin de 75 à 100 milliards de dollars (60 à 80 milliards d’euros) par an pour faire face aux conséquences du réchauffement climatique, selon un rapport de la Banque mondiale présenté mardi à La Haye. Selon le ministre néerlandais du Développement Bert Koenders, « pour beaucoup de pays, c’est une question de vie ou de mort. Il n’y aura pas d’accord climatique à Copenhague s’il n’y a pas de financement pour cette problématique. L’aide dont ont besoin les pays en développement doit s’additionner à l’aide traditionnelle. » (afp)

AFP
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