Les réacteurs atomiques ne s’éteindront pas en 2015

Energie Paul Magnette se prononce pour le maintien du nucléaire

Le comité d’experts chargés de définir les contours du futur mix énergétique de la Belgique a rendu, jeudi, son rapport définitif au ministre de l’Énergie, Paul Magnette (PS). Le document préconise « de retarder d’une révision décennale la fermeture des trois réacteurs nucléaires Doel 1, Doel 2 et Tihange 1 ».

En 2003, le Parlement a voté une loi prévoyant l’extinction progressive des sept réacteurs atomiques belges (trois à Tihange, quatre à Doel) entre 2015 et 2025, qui génèrent environ 55 % de l’électricité du royaume. Selon le rapport, « les objectifs que doit atteindre notre pays en matière de réduction de la consommation et de développement des énergies renouvelables à l’horizon 2020 ne suffisent pas à combler le déficit de production dans le cas où ces trois réacteurs devraient être fermés en 2015 comme prévu par la loi de 2003. »

Dans un communiqué, en soirée, Paul Magnette a estimé « qu’il serait justifié de prolonger de 10 ans la durée d’exploitation de Doel 1, Doel 2 et Tihange 1. Ce report permettrait de garantir la sécurité d’approvisionnement du pays, éviterait une production importante de CO2 et permettrait de maintenir un niveau de prix protégeant le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité de nos entreprises. »

Le ministre assortit cette prolongation de conditions. « Cinq objectifs doivent être impérativement rencontrés : des prix équitables garantissant la compétitivité des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages ; des investissements massifs dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique ; des programmes ambitieux de recherche et développement dans les nouvelles technologies liées à l’efficacité énergétique et à l’environnement, ainsi qu’à la gestion et au traitement des déchets nucléaires ; le développement de l’emploi et de la formation professionnelle dans le secteur de l’énergie au sens large ; le prélèvement d’une part significative de la marge nucléaire, au profit du budget de l’État, via un mécanisme structurel. »

Paul Magnette nous a confié que ce « mécanisme structurel » doit encore « faire l’objet de discussions dans les détails (avec les producteurs nucléaires, soit principalement Electrabel), mais ce serait un mécanisme sur une base annuelle, pour tenir compte des prix sur le marché électrique qui sont plutôt bas aujourd’hui, mais pourraient remonter dans le futur. Cela permettrait de tenir compte de ces variations. » Selon Magnette, les négociations devraient aboutir « dans les semaines qui viennent ». Il s’est refusé à chiffrer la marge nucléaire : « Il faut l’examiner avec objectivité et puis avoir un débat au sein du gouvernement sur la répartition qui en sera faite. »

Le rapport des experts recommande encore « de réévaluer la situation dans 10 ans afin d’évaluer la valeur ajoutée d’une nouvelle prolongation de 10 ans de leur durée de fonctionnement (de Doel 1 et 2 et Tihange 1) et de retarder de 20 ans la fermeture des autres réacteurs (Doel 3, Doel 4, Tihange 2 et Tihange 3) ».

Sur ce dernier point, le ministre estime « qu’en tout état de cause, il ne peut être question de décider aujourd’hui de prolonger les ”nouvelles” centrales nucléaires (Doel 3, Doel 4, Tihange 2 et Tihange 3), qui ne sont pas directement concernées par la question de la sécurité d’approvisionnement. La Belgique reste dans une perspective de sortie nucléaire. Nous différons simplement le calendrier. Il n’y a pas de recommandation de construction de nouvelle centrale. »

Dans un communiqué, Electrabel, affirme « prendre acte des déclarations de Paul Magnette », se disant « disposé à poursuivre les discussions en cours avec pour objectif de conclure dans les meilleurs délais un accord global ».

P.20 « C’est la première phase d’une prolongation de toutes les centrales »

CONDIJTS,JOAN
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