PSP Go, le nouveau pari de Sony

Jeu vidéo La console qui dématérialise

Elle s’appelle PSP Go, mesure 128 cm, pour 158 grammes. C’est la nouvelle console de jeu portable que Sony lance ce jeudi sur les marchés américain et européen au prix de 250 euros. Une nouvelle étape dans l’avancée apparemment inexorable des matériels de jeu. Mais le timing de son lancement, son prix et certaines de ses caractéristiques en font un pari risqué pour le géant japonais.

Car avec la nouvelle machine, Sony prend délibérément le chemin du jeu dématérialisé – devançant peut-être ce qui deviendra la règle. Misant le paquet sur la connectivité, les concepteurs de la PSP Go ont choisi de la priver d’un lecteur de disque UMD, cœur de la PSP 3000, sa devancière. Jusqu’ici, l’immense majorité des jeux vidéo se trouvent sur un support « en dur » (un disque ou un stick). Avec la PSP Go, le joueur devra tout télécharger sur le PlayStation Network, un portail multimédia où l’on trouve jeu, images, films, musiques, etc. À défaut de lecteur, la PSP est dotée d’une mémoire interne de 16 Gb et de ports USB et memory Stick, et de tout le nécessaire pour se connecter à internet via le wi-fi. « C’est la tendance, dit Ronny Hoekman, directeur du marketing chez PlayStation Benelux. Il faut être toujours “on the go”. C’est le consommateur qui nous demande cela. »

Pour Sony, la cible, c’est la génération « iPhone », ces jeunes adultes branchés, n’hésitant pas à casser leur tirelire pour le dernier attirail en vue, et séduits par la grande variété de fonctions : le téléphone, internet, le GPS, les mails et les mini-jeux. La PSP Go se positionne aussi sur le terrain de ces petits divertissements que l’on s’envoie comme des friandises. Dès sa sortie, outre l’éventail de jeux classiques, plusieurs dizaines de « snackable games » seront mis en ligne pour un prix de 1 à 5 euros. Un marché juteux.

La dématérialisation inquiète

Mais la Go ne sera pas seulement un engin de dilettantes. « Il s’agit d’abord d’une machine de jeu. La meilleure, avec les meilleurs jeux, les meilleures franchises, insiste Hoekman. Le meilleur écran, le meilleur design. » Grâce à son écran coulissant, la Go est de 40 % plus petite que son ancêtre. Son autonomie est équivalente, de même que sa conception. Reste le concept de base. L’absence de lecteur de disque heurte des détaillants dont une partie des bénéfices provient de la vente des supports. Alors qu’aux Pays-Bas des magasins ont annoncé qu’ils boycotteraient la sortie de la PSP Go, « 75 % de la distribution belge nous suit, affirme Hoekman. Par ailleurs, nous n’abandonnons pas la distribution classique ». Les commerçants ne sont pas les seuls à ronchonner. Les détenteurs de PSP classique qui ont déjà une collection de jeux sur UMD ne pourront pas les lire sur la nouvelle Go. Les télécharger en payant ? Pas sûr que tout le monde suivra. Reste que Sony a les reins solides et la conviction d’aller dans le sens de l’histoire. Même si les temps sont durs et que le prix de la Go (250 euros, contre 169 pour la PSP 3000 qui reste en vente) fait réfléchir.

DE MUELENAERE,MICHEL
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