Mickey mousse à Shanghai

Loisirs Le gouvernement chinois a donné son accord

SHANGHAI

De notre correspondante

En juillet 1990, le maire de Shanghai, Zhu Rongjy, visite le parc Disneyland à Los Angeles. Et rentre enchanté en Chine. Aussi promet-il d’implanter le même complexe touristique dans sa ville. Dix-neuf ans plus tard, le gouvernement chinois a marqué son accord…

Ce projet estimé à 3,6 milliards de dollars représentera l’un des plus importants investissements étrangers en Chine. « La conclusion pourrait encore prendre plusieurs mois », précise prudent un porte-parole de Disney à Shanghai. Quoi qu’il en soit, l’annonce officielle, faite ce mercredi, tombe à pic, une dizaine de jours avant la visite du président Obama en Chine alors que les relations commerciales entre Washington et Pékin sont tendues sur fond de crise et de soupçons de protectionnisme.

La municipalité de Shanghai a, elle, formellement donné son accord en janvier dernier. L’arrivée de Mickey prévue en 2013 est une aubaine pour la mégalopole chinoise : le futur complexe de loisirs, à 60 % aux mains de capitaux chinois, créera des dizaines de milliers d’emplois et cadre parfaitement avec les plans de la ville qui veut réduire sa dépendance aux exportations et recentrer son économie sur les services et le tourisme.

Disney de son côté parie gros sur Shanghai. Le parc implantera ses manèges et ses attractions au sud du quartier de Pudong, sur une surface de 10 km2, l’équivalent de son parc de Paris. Environ 300 millions de consommateurs potentiels vivent à moins de deux heures de cet emplacement. Le critère est important, surtout quand on sait que l’échec commercial du Disneyland Hong Kong s’explique en partie parce que les touristes de Chine continentale doivent obtenir un visa pour entrer dans l’ancienne colonie britannique.

« Ce parc sera une publicité géante et un projet phare pour la marque », estime Wang Liang, responsable adjoint de l’institut de recherche de la circulation économique de Shanghai. En effet, c’est tout un éventail de produits dérivés, vidéos, comédies musicales, vêtements, etc. que la compagnie veut déverser sur le gigantesque marché chinois. Pour l’heure, l’entreprise américaine compte 600 employés à Pékin, Canton et Shanghai. Elle fournit déjà douze heures de programmes télévisés à des chaînes locales malgré les restrictions de l’administration audiovisuelle chinoise et vend ses peluches et ses jouets dans 6.000 magasins à travers le pays. Les petits Shanghaiens, eux, peuvent apprendre l’anglais avec la petite sirène ou Ali Baba dans un réseau d’école Disney.

« La Chine est un des pays les plus dynamiques, excitants et importants dans le monde, expliquait Robert Iger, le président de Walt Disney Co. dans un communiqué. Cet accord représente un jalon très important. » En effet, il s’agit là d’une volteface importante pour l’empire du Milieu qui protège traditionnellement sa culture de l’occidentalisation, en particulier d’Hollywood. Ainsi seuls vingt films étrangers sont autorisés chaque année sur les grands écrans chinois. Et encore après avoir été visionnés et bien souvent coupés par les censeurs.

TORGEMEN,EMILIE
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