Les cinq du « 11/9 » jugés à New York

Etats-Unis Greg Craig démissionne

Dans quelle mesure le président américain Barack Obama parviendra-t-il à tenir l’un de ses tout premiers engagements : la fermeture rapide, sinon dans l’année, du camp de rétention de Guantánamo ?

Deux signaux divergents ont été enregistrés ce vendredi. Tout d’abord, la démission du conseiller présidentiel pour les questions de droit, Greg Craig, qui s’est débattu pendant presque un an avec cette promesse de fermeture. Dans un communiqué, M. Obama dit que M. Craig a souhaité retourner dans le secteur privé, ce que confirme formellement la lettre de démission. M. Craig sera remplacé d’ici à la fin de l’année par Bob Bauer, un démocrate proche d’Obama, dont il défend les intérêts comme avocat depuis des années.

M. Craig est le plus haut responsable de l’administration Obama à démissionner à ce jour. Le conseiller aux affaires légales n’est pas le personnage le plus visible à la Maison Blanche, mais il y joue un rôle capital, conseillant le président sur tous les aspects légaux de ses décisions et de ses politiques.

M. Craig a pris une part essentielle dans certains des décrets ou des décisions les plus marquantes d’Obama: l’interdiction de la torture, la publication de documents fournissant une justification légale à des pratiques d’interrogatoire mises en œuvre sous la présidence Bush (et dénoncées comme des actes de torture), ou encore le revirement de l’administration Obama et sa décision de ne pas publier les photos de sévices infligés à des prisonniers.

La seconde nouvelle est davantage positive et, si elle ne concerne qu’indirectement Guantánamo, elle montre que la page Bush est effectivement tournée: les cinq hommes accusés par les Etats-Unis d’avoir organisé les attentats du 11 septembre 2001 seront jugés, non pas devant une cour militaire, mais devant un tribunal de droit commun à New York. L’information a officiellement été confirmée par le ministre américain de la Justice Eric Holder.

Les autorités américaines demanderont « la peine maximale », c’est-à-dire la peine de mort, à l’encontre de ces accusés, qui seront jugés par le tribunal du district sud de New York, « à quelques pâtés de maison de l’endroit où s’élevaient les tours jumelles » détruites lors des attentats, a remarqué M. Holder. En pratique, ce procès ne devrait pas se tenir avant plusieurs années.

Cinq hommes à juger

A noter : plusieurs de ces suspects, qui ont longtemps séjourné dans des prisons secrètes et non à Guantánamo, ont été lourdement torturés. Leurs éventuels aveux seront probablement irrecevables devant un tribunal civil. Le cerveau autoproclamé des attentats Khalid Sheikh Mohammed a, comme on le sait, été soumis 183 fois à la « simulation de noyade ».

Les autres suspects qui seront jugés à New York sont le Yéménite Ramzi ben al-Shaiba, appréhendé en septembre 2002 au Pakistan et qui s’était lui-même présenté aux médias comme l’un des « coordinateurs des attentats » ; Ali Abd al-Aziz Ali dit « le Baloutche », lieutenant de Khaled Sheikh Mohammed et porteurs de valises lors des attentats ; Wallid ben Attash, un Yéménite qui a à peu près avoué tout ce qu’il était possible d’avouer, de l’attaque contre l’USS Cole aux attentats africains de 1998 jusqu’au 11 septembre 2001 ; enfin Mustapha al-Hawsawi, un Saoudien qui aurait pris part aux activités d’Al-Qaïda à Kkandahar. (d’après afp, ap)

AFP,ASSOCIATED PRESS
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