Quinze jours de réhabilitation

Espace Frank De Winne et ses collègues du Soyouz TMA-15, de retour à Moscou

CITE DES ÉTOILES, nord-est de moscou

De notre envoyé spécial

Fanfares, fleurs, pain et sel, comme le veut la tradition : tout y était pour accueillir Frank De Winne et ses collègues russe Roman Romanenko et canadien Robert Thirsk au « Profilactorium » de la Cité des Etoiles. C’est là que mercredi à 17 heures, l’équipage du Soyouz TMA-15 a été transféré. Le Profilactorium est le centre médical du complexe spatial « Youri Gagarine ».

Au programme des deux prochaines semaines : prélèvements d’échantillons physiologiques de toutes sortes, suite des expériences scientifiques et médicales menées en orbite sur leur propre personne pour le compte de chercheurs belges notamment, et… réhabilitation !

Après leur long séjour dans l’espace, les astronautes sont en effet « fragiles ». Ils doivent quasiment réapprendre à marcher. Et si à leur sortie du bus qui les amenait au « Profi », ils marchaient bien sur leurs deux pieds, c’était aussi avec l’aide de proches ou d’infirmiers qui les soutenaient. « Alles goed, (tout va bien), alles perfect (tout est “au poil“) », a lancé De Winne, son sourire légendaire aux lèvres.

Quelques minutes plus tard, l’astronaute belge et son collègue canadien ont répondu, derrière une vitre, à quelques questions. Comment se sentent-ils depuis leur retour sur Terre ? « On a l’impression d’être en forme, c’est ce qu’on nous dit. Nous sommes entre de bonnes mains », dit le Belge. Leurs premières 24 heures sur Terre, au Kazakhstan où ils se sont retrouvés bloqués à cause du mauvais temps ? « On aurait bien aimé pouvoir serrer nos proches dans nos bras tout de suite, mais la glace empêchait les hélicos de décoller ». Et son avenir, comment le voit-il ? « D’abord, passer du temps avec mes enfants et ma femme Léna. Ensuite, on verra. »

Le Canadien Robert Thrisk a une idée plus précise. « Je vais d’abord faire profiter mes collègues de mon expérience. Mais je sais aussi maintenant que je suis capable de réaliser et de réussir une mission de longue durée dans l’espace. Et je suis un astronaute. Si l’occasion de retourner là-haut se présente, cela m’intéresse évidemment. Bien sûr, il faudra d’abord que j’en parle à ma femme et à mon boss… »

Un coup dans l’eau pour Sabine

Sabine Laruelle n’aura pas vu notre astronaute à Moscou. La ministre fédérale (MR) en charge de la Politique scientifique, accompagnée d’une partie de son cabinet et de fonctionnaires de son administration, avait pourtant fait le voyage pour accueillir et féliciter Frank De Winne à sa descente du ciel. Las, les conditions climatiques au Kazakhstan (retard de 24 heures sur le retour vers Moscou) auront eu raison du calendrier ministériel. Une heure avant l’arrivée de Frank, Sabine décollait. La veille, elle avait eu notre astronaute au bout du (sans-)fil pendant quelques secondes. Et depuis lundi, elle savourait les ors du Café Pouchkine. (CDB)

DU BRULLE,CHRISTIAN
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