L’Europe met 7 milliards sur la table

Environnement Un premier pas en direction des pays les plus pauvres

Les sueurs froides de la présidence suédoise de l’Union se sont un peu apaisées. Le Premier ministre Fredrik Reinfeldt a réussi à rassembler ses collègues, vendredi, autour d’un texte affinant la position européenne dans les négociations climatiques de Copenhague. Principal résultat de la réunion : les Vingt-Sept s’engagent à octroyer 7,302 milliards d’euros entre 2010 et 2012 aux pays en voie de développement « les moins avancés » ainsi qu’aux pays « les plus vulnérables ». En clair : essentiellement les pays africains et les Etats insulaires menacés par la hausse du niveau des mers. Au final, les Européens prendraient à leur charge 38 % du « fast start », la somme que les pays industrialisés devraient dégager au terme d’un accord à Copenhague. Il s’agit d’un financement d’urgence afin d’aider les pays pauvres à faire face aux impacts déjà perceptibles du réchauffement. La part européenne est plus importante que prévu – on pensait que les Vingt-Sept assumeraient un tiers du total.

Tout n’est pas réglé pour autant. Les contributions se feront sur base volontaire : plusieurs pays ont déjà annoncé leur offre. D’autres avaient indiqué, avant le sommet de ces jeudi et vendredi, qu’ils ne donneraient pas un euro. La liste des contributeurs ne sera pas publiée, a-t-on décidé vendredi. Par ailleurs, le budget européen viendra au secours des payeurs réticents. La Belgique allongera 150 millions d’euros sur les trois ans (voir ci-dessous). Ces sommes viendront-elles s’ajouter aux budgets nationaux de coopération au développement ? La question n’est pas tranchée, indique-t-on de sources belges. « Ce sera décidé la semaine prochaine en fonction de ce que les autres pays industrialisés mettront sur la table à Copenhague ».

Par ailleurs, les questions financières ne sont pas entièrement vidées. A Copenhague, le vice-ministre chinois des Affaires étrangères He Yafei, a estimé que le financement de court terme n’était pas « la clé du problème. Le plus important serait d’avoir un mécanisme opérationnel au moins à moyen terme, assurant des fonds aux pays en développement », a-t-il jugé. Réaction logique : la tactique européenne, dont l’accord sur le « fast start » est un des éléments, consiste à diviser le camp des pays en développement et à désolidariser les pays africains de la Chine qui veut s’imposer comme leader des pays pauvres. Reste que la décision européenne a été aussi jugée « insuffisante » par le Soudan, qui préside la G77, le groupe des pays en développement.

Au-delà de ce positionnement de négociation, le Conseil n’a pas précisé la position des Vingt-Sept sur le financement à long terme, estimé à 100 milliards d’euros par an d’ici 2020 et dont l’Union a promis de prendre « une juste part ». Les réunions européennes se multiplieront la semaine prochaine à Copenhague afin de faire évoluer la position de l’Union. Sur les questions financières comme sur le reste. Car l’Europe continue à promettre qu’elle réduira ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % d’ici 2020 (par rapport à 90) ; mais affirme qu’elle passera à 30 % si ses partenaires font des offres comparables. Le Français Sarkozy et le Britannique Brown avaient proposé un engagement unilatéral de -30 %. Ils n’ont pas été suivis.

DE MUELENAERE,MICHEL
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