Le cercle de Johnny vise un coupable

Hallyday Le coma artificiel prolongé de 48 heures, et surgit la question financière

PARIS

DE NOTRE CORRESPONDANT

Un bras de fer a débuté, entre l’entourage de Johnny Hallyday et le neurochirurgien qui l’a opéré à Paris d’une hernie discale, Stéphane Delajoux. Alors que le chanteur est dans un coma artificiel prolongé vendredi soir pour 48 heures, la question des assurances se profile déjà, puisqu’il devait reprendre sa tournée d’adieux le 8 janvier : les conséquences financières de 28 concerts sont en jeu.

Le producteur Jean-Claude Camus a déclenché les hostilités vendredi matin, dans les matinales des grandes radios, qualifiant l’opération de la hernie de « massacre », visant ainsi de façon virulente le « médecin des stars ». Celui-ci, affaibli par une controverse qui détaille la liste de ses démêlés judiciaires, s’est finalement montré vendredi midi, à la clinique Monceau où il exerce. Mais il est demeuré silencieux, laissant le soin à son avocat, Me David Kobbi, de lire un communiqué expliquant que l’opération mise en cause par Camus s’est « parfaitement bien déroulée » et qu’en l’absence d’hémorragie, la pose d’un drain n’était pas nécessaire. Le producteur avait expliqué aux radios, le matin, qu’« il semblerait que les Américains aient réparé des choses qu’ils trouvaient très mal faites et qui auraient entraîné des complications ».

L’entourage de Johnny envisageant des poursuites judiciaires, le neurochirurgien prépare déjà sa défense. Son avocat explique dans les médias qu’« on cherche à faire du docteur Delajoux le coupable exclusif ». Celui-ci traîne une réputation sulfureuse (voir notre édition de vendredi) : plusieurs fois condamné à verser des dommages et intérêts à des patients, il a notamment été reconnu « entièrement responsable des conséquences dommageables » d’une intervention. Par ailleurs, des « escroqueries répétées » lui ont valu d’être temporairement suspendu de l’ordre des médecins. L’avocat de l’ordre, le ténor parisien Me Olivier Metzner, décrit le neurochirurgien comme « un homme sans scrupule », qui « recherche plus son vedettariat que la santé de ses clients ».

En 1990, après un accident de ski hors-piste pour lequel il n’était pas assuré, et afin d’obtenir des indemnités, Delajoux avait produit de faux certificats aggravant son état et, selon le conseil de l’ordre, « simulé, avec l’aide de complices rémunérés, un faux accident automobile », avant de se présenter à l’expertise de l’assureur en fauteuil roulant.

Vendredi, à travers son communiqué, le neurochirurgien s’est gardé de dire s’il avait autorisé Johnny, 66 ans, à prendre l’avion trois jours après son intervention, comme le soutient Jean-Claude Camus.

Dans un entretien paru vendredi dans Elle, et réalisé au lendemain de l’opération de la hernie, Laeticia Hallyday décrit le caractère « excessif » de son époux. Elle déplore ne pas avoir réussi à l’aider à combattre « ses démons », comme l’alcool, qui « semble l’aider à surmonter ses angoisses et ses manques », et évoque « ses plongées dans l’autodestruction ».

Des rumeurs venant de l’hopital où est soigné Johnny font état de problèmes graves aux poumons et affirment que, « s’il s’en sort, Johnny ne pourra plus suivre le train de vie qui était le sien, et notamment ne plus jamais boire une goutte d’alcool. »

L’état de Johnny a poussé son fils David, sa fille Laura Smet, et selon RTL, l’animateur Nikos Aliagas, à prendre l’avion pour Los Angeles. Tandis qu’un proche ami, le « grand argentier du football », Jean-Claude Darmont, était déjà à son chevet.

Lundi, c’est le chef de chirurgie orthopédique et traumatologique de la Pitié-Salpêtrière (Paris), Yves Catoné, qui se rendra à l’hôpital Cedras-Sinaï de Los Angeles, pour « voir l’état de gravité, discuter avec les Américains pour savoir les suites, comment on pourra envisager le rapatriement, dans combien de temps il pourra faire ses concerts raisonnablement. La grosse question, c’est de savoir, au niveau des assureurs, quand il pourra remonter sur scène éventuellement. »

Si selon Jean-Claude Camus, Laeticia est « très en colère », et envisage des poursuites en responsabilité médicale, porter plainte n’est pas encore à l’ordre du jour, selon l’avocat du chanteur, Me Gilles-Jean Portejoie. Sur le site internet du Point, il détaille que pour engager une telle action, la procédure exige d’abord de récupérer les comptes rendus opératoires à Paris et à Los Angeles. Il faut ensuite engager la responsabilité soit du médecin, soit de la clinique, soit des deux.

VANHOENACKER,CHARLINE
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