Gilbert première, Clijsters sixième

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Sportifs de l’année Un verdict sans surprise

La mer n’avait pas que des reflets chantants, ce dimanche soir, à Ostende. La Reine des plages, comme le reste du pays, avait revêtu un manteau blanc, même s’il était moins épais que dans d’autres régions du pays.

Mais il y a eu plus de suspense sur les routes pour arriver au casino d’Ostende que dans la salle, au moment de la révélation des résultats du référendum des Sportifs de l’année, le trophée omnisports le plus couru, attribué par l’ensemble des journalistes sportifs professionnels. Un an après la victoire de Sven Nys et Tia Hellebaut, Philippe Gilbert et Kim Clijsters étaient les deux grandissimes favoris de l’édition 2009 et c’est avec quelques rues d’avance qu’ils se sont imposés.

Gilbert avait comme concurrents, dans le tiercé final, Niels Albert, le champion du monde de cyclo-cross, nouveau « golden-boy » de la discipline, et Didier Mbenga, le basketteur des Los Angeles Lakers, premier Belge à remporter le titre NBA dans le plus prestigieux championnat de la planète.

Mais le Remoucastrien avait des lettres incomparables à présenter. Des victoires à Paris-Tours et au Tour du Lombardie pour terminer la saison et frapper une dernière fois les imaginations, bien sûr, mais aussi une présence quasi ininterrompue aux avant-postes du début à la fin de l’année puisque, au printemps, le leader de la formation Silence-Lotto avait multiplié les places d’honneur au Tour des Flandres (3e), à l’Amstel Gold Race (4e) et à Liège-Bastogne-Liège (4e). Sans oublier son titre de vice-champion de Belgique derrière Tom Boonen.

De quoi l’autoriser à décrocher pour la première fois cette nouvelle récompense après le Trophée national du Mérite sportif, le Vélo de cristal, le prix AIJC et le Flandrien de l’année. Avec 856 points et 137 premières places sur les quelque 200 votants, le résident monégasque a largement devancé Albert (377 points) et Mbenga (236).

« Je remercie ceux qui ont voté pour moi, mais aussi mes équipiers, a-t-il précisé, visiblement très ému. Si j’étais seul sur la fin, j’ai reçu beaucoup d’aide de leur part dans les 100, 150, voire 200 premiers kilomètres. Je vais m’entraîner dur pour faire aussi bien l’an prochain ! »

Kim Clijsters, au contraire de Gilbert, connaissait par cœur les contours du trophée de Sportive de l’année. Bien plus que sa « collègue » Yanina Wickmayer, retenue dans le top 3, pour son incroyable ascension en cette année où elle passée du paradis (demi-finaliste à l’US Open) à l’enfer (suspension d’un an pour erreurs dans la gestion de ses « whereabouts », une suspension entre-temps… suspendue) et que l’athlète Eline Berings, surprenante championne d’Europe en salle sur 60 m haies et demi-finaliste aux Mondiaux de Berlin sur 100 m haies avec un record de Belgique à la clé.

Mais la Limbourgeoise, qui avait reçu un hommage pour sa fin de carrière il y a deux ans lors de la même cérémonie, n’avait sans doute jamais cru qu’elle remonterait un jour sur ce podium. Pourtant, après un incroyable come-back, marqué par un non moins incroyable triomphe à l’US Open, le choix était d’une limpide évidence. Avec 836 points (et 129 premières places), elle a laissé Wickmayer (594 points) et Berings (487) loin derrière elle.

« Je dédie ce prix à mon papa, a déclaré “Kimmie” après avoir reçu son trophée des mains de Thomas Vermaelen. Tant de choses se sont passées ces deux dernières années, des choses qui n’ont rien à voir avec le tennis (NDLR : son mariage, la naissance de sa fille, la mort de Lei, son père) mais qui m’ont fait devenir une meilleure joueuse. »

Si Ingrid Berghmans, recordwoman toutes catégories du trophée, possède encore deux longueurs d’avance sur la « Super Maman » du tennis féminin, Clijsters a pris ce dimanche une envergure « merckxienne » puisque, avec cette 6e victoire après celles de 1999, 2000, 2001, 2002 et 2005, elle est désormais à la même hauteur que « le Cannibale ». Et elle n’a plus parlé de deuxième retraite, ce dimanche…

Kim Clijsters : « Celui-ci est pour papa… »

On aurait pu croire qu’avec la force de l’habitude, Kim Clijsters aurait été blasée après une 6e victoire dans le référendum de la Sportive de l’année. Pourtant, c’est avec beaucoup d’émotion qu’elle est montée sur le podium du casino d’Ostende. « Avec le premier (NDLR : en 1999, au nez et à la fureur d’Ulla Werbrouck…) c’est sans doute celui qui m’est le plus précieux, disait-elle. Il y a quelques mois encore, je pensais que je ne reviendrais ici que pour remettre un trophée, pas pour en recevoir un ! Et puis, il y a eu cette année bizarre, chargée d’émotions, pleine d’extrêmes, qui m’a rendue plus forte, à la fois dans ma vie de tous les jours et sur un court de tennis. Ce trophée, c’est une évidence, je le dédie à mon papa… » N’avait-elle pas rallié Ostende en pensant qu’elle allait s’imposer ? « Ma seule préoccupation en venant ici, c’était d’arriver avant la neige ! C’est pour ça que nous avons pris la route samedi soir ! »

Après avoir repris l’entraînement, au départ pour disputer un match-exhibition pour l’inauguration du nouveau court central couvert de Wimbledon, Clijsters, on le sait, s’est prise au jeu. Au point d’entamer une deuxième vie de tenniswoman, en août dernier à Cincinnati (où elle s’inclina en quarts de finale face à Dinara Safina, nº1 mondiale) puis, après un passage par Toronto (éliminée en huitièmes de finale par Jelena Jankovic), de conquérir un improbable et incroyable succès à l’US Open qui la propulsa à nouveau dans les hautes sphères du tennis mondial, où elle occupe actuellement la 18e place. Tout ça moins de deux ans après être devenue maman.

« Cette victoire reste totalement irréelle, même pour moi, confessait la Limbourgeoise après avoir devancé Yanina Wickmayer et Eline Berings. Je n’avais jamais osé imaginer que je gagnerais à nouveau un tournoi du Grand Chelem, et surtout pas si vite ! (NDLR : dans sa première vie, Kim Clijsters avait gagné un Grand Chelem, à New York déjà, en 2002). C’est vrai que je suis revenue au tennis car je sentais que j’avais encore des choses à y faire, mais je ne m’attendais pas à une réussite aussi rapide. Au contraire, après avoir vécu tout ce que j’ai vécu au cours de ces deux dernières années, je m’attendais plutôt à devoir passer par une petite période d’adaptation. Elle fut rapide… »

En décrochant le trophée pour la 6e fois, Clijsters est également revenue à la hauteur d’Eddy Merckx, lui aussi victorieux à six reprises entre 1969 et 1974… bien avant sa naissance ! Une fameuse performance.

« C’est vrai que je n’ai pas connu cette époque, mais j’ai beaucoup lu sur lui, même à l’école !, avouait-elle. J’ai beaucoup de respect pour cet homme et c’est un grand honneur d’avoir été sacrée Sportive de l’année autant de fois que lui. »

Ce qui n’est finalement qu’une étape dans une deuxième carrière qui s’annonce aussi prometteuse que la première et qui reprendra dans quelques jours en Australie, au tournoi de Brisbane, préparation parfaite à l’Open d’Australie qui sera son premier gros objectif de la prochaine saison…

« C’est vrai que Melbourne m’a toujours fait rêver, dit l’ancienne fiancée de Lleyton Hewitt, toujours bien accueillie aux antipodes. Quand j’étais petite fille, j’adorais regarder ce tournoi et je trouvais que le trophée du vainqueur était toujours parmi les plus beaux du circuit. Et puis il y a les photos avec le kangourou en peluche ; une série de choses qui m’ont toujours plues et que je me réjouis de retrouver très bientôt. »

Sera-t-elle encore plus forte en 2010 qu’en 2009, comme l’a assuré son manager, Bob Verbeeck ? « C’est difficile à dire… Disons que j’ai pu me préparer plus longtemps que la plupart des autres filles et poursuivre sur mon élan, sans la moindre blessure. »

De quoi susciter les plus folles espérances…

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