Un « pas historique » de la Serbie vers l’UE

Union européenne Dépôt de la requête d’adhésion

C’est un « pas historique » que la Serbie franchit ce mardi, résume le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, qui assure jusqu’à la fin du mois la présidence semestrielle tournante de l’Union européenne. Longtemps paria du continent, notamment sous la férule de Slobodan Milosevic, le pays dépose sa demande d’adhésion au club européen.

La démarche, effectuée par le président serbe pro-européen Boris Tadic, restera toutefois longtemps encore symbolique. Le chemin avant l’admission effective dans l’Union européenne risque d’être long. Ainsi, sa voisine croate qui négocie son entrée dans l’UE avec les Vingt-Sept son entrée depuis octobre 2005 (comme la Turquie) n’est toujours pas au bout de ses peines, pour qui le bout du tunnel pourrait arriver en 2011…

Avant de recevoir des Européens le statut officiel de « candidat », puis de pouvoir entamer les pourparlers d’adhésion, Belgrade doit encore passer par la case « accord de stabilisation et d’association » (ASA) avec l’Union. Cet accord, que l’UE avait signé avec Belgrade en avril 2008, n’a toujours pas été ratifié par l’ensemble des Etats membres. Les Pays-Bas exigent toujours la « pleine coopération » de Belgrade avec le Tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie basé à La Haye, à savoir l’arrestation de l’ex-général des Serbes de Bosnie Ratko Mladic, accusé de crimes de guerre, et toujours en fuite.

Mercredi dernier, le ministre néerlandais des Affaires étrangères Maxime Verhagen avait encore averti, à Belgrade, qu’« il est évident qu’il reste beaucoup de travail à faire si la Serbie veut être sûre que sa candidature (…) soit reçue de manière positive ».

Les autorités serbes pensent toutefois que le vent est en train de tourner en leur faveur. Et qu’une demande d’adhésion pourrait être rapidement acceptée par les Européens et suivie d’un démarrage des négociations d’adhésion – à l’inverse, la Macédoine, toujours en délicatesse avec sa voisine grecque, est officiellement « candidate » depuis 2005 mais n’a toujours pas pu entamer ses négociations… Belgrade bénéficie depuis ce mois-ci d’une exemption de visa pour ses ressortissants entrant dans l’UE et du dispositif de libre-échange contenu dans l’ASA, dont la ratification complète pourrait intervenir endéans les six mois : le procureur général du tribunal de La Haye, le Belge Brammertz, vient de se déclarer « satisfait du niveau » des efforts des autorités serbes.

Hormis la Bosnie, toujours pas apaisée, et le Kosovo, dont cinq pays de l’UE n’ont pas reconnu l’indépendance lorsqu’il a coupé les ponts avec Belgrade en février 2008, tous les autres pays des Balkans sont en marche vers l’Europe. Le Monténégro et l’Albanie sont déjà candidats et la Slovénie est membre depuis 2004. L’Islande est aussi candidate depuis l’été et attend le feu vert de la Commission européen pour négocier son adhésion : la mise en conformité de ses pratiques et législations avec celles de l’Union. Le processus devrait aller vite dans le cas de Reykjavik, déjà membre de l’Espace économique européen et celui de Schengen de libre-circulation des personnes.

REGNIER,PHILIPPE
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