Jean Simmons avait un si doux visage

Cinéma L’actrice était une star des années 50

Elle était fameusement jolie, Jean Simmons. Un visage presque parfait, des cheveux d’un brun quasi noir, des yeux foncés, une silhouette rêvée. Belle au point que Gregory Peck, dans Les grands espaces de William Wyler, quitte sa fiancée, la sauvage et blonde Caroll Baker, pour cette voisine sage et noire. Jean Simmons fut une grande star dans les années 50. Elle est décédée vendredi, le 22 janvier, à Santa Monica, en Californie, succombant à un cancer du poumon. Elle allait avoir 81 ans le 31 de ce mois.

Même si l’essentiel de sa carrière s’est déroulé à Hollywood, Jean Simmons était anglaise. Elle fut d’abord danseuse. Quelques petits films dès 1944. Puis le rôle d’Estella jeune dans Les grandes espérances de David Lean en 1946. Un rôle d’Indienne dans Le narcisse noir, de Michael Powell et Emeric Pressburger, avec Deborah Kerr. Le grand acteur anglais Laurence Olivier la remarque et lui confie le rôle d’Ophélie dans son film Hamlet en 1948. Elle est primée à Venise et voilà qu’Hollywood l’appelle.

Elle y va. Et épouse Stewart Granger en 1950. Une union qui dura dix ans. Elle tourne dans des péplums : Androclès et le lion en 1952 ; La Tunique, de Henry Koster, le premier film en cinémascope de l’histoire du cinéma, avec Richard Burton et Victor Mature ; Les Gladiateurs, de Delmer Daves ; L’Egyptien, de Michael Curtiz, avec Victor Mature encore. Et puis Les grands espaces, le western dont nous avons parlé, en 1958 ; Désirée, en 1954, où Marlon Brando joue Napoléon, elle Désirée Clary et Merle Oberon Joséphine de Beauharnais.

Elle tourne 26 films de 1950 à 1965. Tout n’est pas bon. Elle l’est. Particulièrement dans Angel face (Un si doux visage) d’Otto Preminger. Dans ce mélo complexe et passionnant de 1952, son visage angélique, son maintien tout en douceur cachent une énigme tragique, et Jean Simmons y montre tout son talent d’ingénue perverse face à Robert Mitchum.

Elle tourne aussi en 1953 et 1955 avec George Cukor, ce grand portraitiste de la femme. D’abord dans The actress avec Spencer Tracy, ensuite dans Guys and dolls (Blanches colombes et vilains messieurs), avec Marlon Brando. Dans ce dernier, Mankiewicz l’a préférée à Grace Kelly. Elle y est formidable de pudeur et d’effroi devant la vie. Jean Simmons sort aussi le grand jeu face à Burt Lancaster dans Elmer Gantry de Richard Brooks, qu’elle épouse en 1960. Elle est enfin Varinia, la femme de Spartacus dans le film de 1960 de Stanley Kubrick, où elle symbolise la beauté et la foi dans l’avenir.

Depuis la fin des sixties, l’actrice anglaise a beaucoup travaillé pour la télé, dans Les oiseaux se cachent pour mourir ou des séries. Elle avait encore tourné dans Shadows in the sun de D. Rocksavage en 2008.

VANTROYEN,JEAN-CLAUDE
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