Apple dévoile sa « tablette »

Technologies La firme espère s’imposer sur un marché tout neuf

C’est un pari risqué qu’a lancé Apple mercredi, à San Francisco en annonçant l’iPad, une tablette informatique au look particulièrement léché, coutumier de la firme californienne. Car transformer cet ovni technologique en nouvelle vache à lait pour le groupe, après les succès planétaires de l’iPod puis de l’iPhone, n’est pas gagné d’avance.

Plus gros qu’un iPhone (mais sans les fonctions d’un téléphone), plus petit qu’un ordinateur portable dont on aurait dépecé la carcasse pour n’en conserver que l’écran, l’iPad ne remplacera aucun des deux. Il devra donc rapidement prouver qu’il existe un marché pour un tel produit intermédiaire, présenté comme « magique et révolutionnaire » – pas moins – par le patron d’Apple, Steve Jobs.

On pourra s’en servir pour surfer sur le Net, envoyer des emails, lire des bouquins, écouter de la musique, jouer et regarder des vidéos en haute définition.

Si l’on ne pourra pas le mettre en poche, il sera néanmoins très portable : doté d’un écran tactile de 24,6 cm, il est épais d’à peine 1,25 cm et ne pèse que 680 grammes.

La version d’entrée de gamme ne disposera que de 16 Go de stockage mais d’autres versions proposeront jusqu’à 64 Go de mémoire flash. Quant à la batterie, elle aurait une autonomie d’environ dix heures.

En plus du clavier virtuel, qui s’affichera à l’écran, Apple a prévu un clavier externe en option. Pour leur connexion, tous les iPad disposeront du Wifi mais l’accès aux réseaux 3G des opérateurs mobiles n’est prévu que pour des versions ultérieures.

Toutes les applications déjà disponibles pour l’iPhone devraient fonctionner sans problème sur l’iPad et on le synchronisera avec un ordinateur en utilisant, iTunes, un logiciel d’Apple qui permet de gérer musique et vidéos mais aussi d’accéder à l’Apple Store, la plate-forme de téléchargement commercial d’Apple pour la musique. Une version de iWorks, la suite bureautique d’Apple sera également disponible pour l’iPad, permettant à celui-ci de lorgner le monde des entreprises.

Un iPad dans chaque cartable

Apple n’ignore pas qu’il devra batailler ferme pour imposer un produit dont le créneau commercial reste encore à créer. « Nous pensons que cela va être une nouvelle ruée vers l’or pour les développeurs qui vont créeront des applications pour l’iPad », affirme Scott Forstall, l’un des responsable de la division iPhone d’Apple.

L’une des applications qui pourrait cartonner, c’est l’utilisation de l’iPad comme support de lecture mobile, tant pour la presse que pour les livres. Apple a annoncé plusieurs partenariats avec de grands éditeurs anglo-saxons comme Simon & Schuster, Harper Collins et Penguin. Avec son écran couleur et tactile, l’iPad pourrait tailler des croupières au Kindle, le lecteur de livres électroniques d’Amazon, dont l’écran noir et blanc pourrait rapidement sembler moins attrayant.

Steve Jobs a également présenté l’utilisation de l’iPad pour lire le New York Times en ligne. Editeurs de journaux et de magazines pourraient en effet être alléchés par un appareil de lecture convivial et interatif, qui leur permettrait de reconquérir des parts de marché.

Le marché scolaire – l’un des prés carrés d’Apple depuis de longues années – pourrait également être une cible de prédilection, avec l’utilisation de l’iPad comme support électronique pour les manuels scolaires et Steve Jobs rêve probablement de glisser un iPad dans chaque cartable.

Malgré ces atouts, un certain scepticisme reste de mise. Nourri, notamment par une annonce qui sent la précipitation, plus de deux mois avant que l’appareil ne soit disponible à la vente. Cela laisse présager que la concurrence se prépare peut-être à avancer ses pions. Microsoft, dont on attend cette année la version mobile de son Windows 7 pourrait tenter une incursion sur ce nouveau marché. Quant à Google, il pourrait miser sur une tablette pour imposer son système d’exploitation Chrome OS, qui donnera accès à l’ensemble de ses applications sur le web.

Et derrière les gadgets technologiques, c’est une lutte pour la suprématie sur le marché considéré comme très juteux de la publicité mobile qui se prépare, dans laquelle Apple et Google sont les challengers les mieux armés. Leur affrontement est inévitable. Mercredi, c’est peut-être la guerre des tablettes qu’Apple a lancée.

JENNOTTE,ALAIN
Cette entrée a été publiée dans Economie, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.