La reine Serena a aidé Justine à garder les pieds sur terre

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Open d’Australie Henin a été battue par Serena Wiliams en finale 6-4, 3-6, 6-2

MELBOURNE

De notre envoyé spécial

Les 15.000 spectateurs massés dans la Rod Laver Arena, samedi soir, n’auront rien pu pour elle. Très majoritairement acquis à la cause de la « flamboyante revenante » Justine Henin, ils n’ont malgré leurs encouragements pas pu l’aider à concrétiser ce rêve un peu fou de conquérir un 8e titre du Grand Chelem dès son retour, ou presque, sur le circuit professionnel.

Face à elle, la puissante Serena Williams n’a pas vacillé de son piédestal de nº 1 mondiale. Mentalement plus forte, mais également bien aidée par un jeu qui ne montra pas beaucoup de failles, l’Américaine n’a pas permis à la Belge de faire aussi bien que Kim Clijsters à l’US Open il y a quelques mois. Une comparaison sans fondement au demeurant, tant les retours de l’une et de l’autre des deux championnes se sont déroulés dans des contextes sensiblement différents. Mais une réalité qui trottait dans la tête de tous, y compris de la principale concernée, c’est une certitude !

Par l’assurance affichée au fil de cette quinzaine australienne, par la détermination qu’on lui connaissait déjà et qui n’a certainement pas faibli pendant ses vingt mois d’absence, par la qualité de son tennis – encore et… déjà supérieure à celle qui était la sienne dans sa « première vie », de l’avis de toutes ses collègues y compris Serena Williams –, par le pedigree des filles qu’elle avait écartées de son chemin au fil des tours préliminaires (Dementieva, Petrova, Wickmayer notamment), Justine Henin se profilait pourtant au départ de cette finale de rêve – l’ex et la nº 1 mondiale réunies pour une apothéose – comme bien davantage qu’une outsider de choix face à la solide Américaine.

A voir la déception qui se lisait sur le visage de la Famennoise dans les minutes qui suivirent ce choc d’un peu plus de deux heures (conclu en 3 sets sur le score de 6-4, 3-6, 6-2) – ou, plus spectaculaire encore, celle qui lacérait le faciès de son kiné Marc Grosjean – il est évident que le clan Henin avait caressé cet espoir avec énormément de confiance, d’envie de « faire un coup ».

Une confiance qui, dans le chef de Henin, fit pourtant précisément défaut à plusieurs moments de la rencontre face à une joueuse évidemment rompue à ce genre d’exercice, et surtout capable de hausser encore son niveau de jeu chaque fois que cela s’avéra nécessaire. Oui, Justine est montée sur le ring, pardon sur le court, en témoignant d’un respect sans doute un peu trop marqué pour espérer prendre la mesure de l’actuelle reine du tennis féminin. « Mais comment ne pas témoigner de respect face à la nº 1 mondiale ? », interrogeait fort justement Carlos Rodriguez qui, évidemment déçu lui aussi, avait sans doute été le premier à retomber sur terre et à malgré tout tirer un bilan fatalement positif de cette tournée australienne, celle qui marquait le début de la « deuxième vie » de Justine.

« Avec deux finales à la clef, tant à Brisbane qu’à Melbourne, que peut-on rêver de mieux ?, interrogeait le coach belgo-argentin. Nous rentrons en Belgique avec énormément de matière à digérer, une quantité infinie d’informations dont nous allons pouvoir nous servir pour préparer la suite. »

Avec comme enseignements principaux : un service à encore travailler car tellement irrégulier au fil des sept matchs disputés à Melbourne, et une condition physique à encore élever de quelques crans, de l’aveu même de la championne qui apporte malgré tout la meilleure conclusion que l’on pouvait attendre au terme de cette tournée australienne : « Une chose dont je suis certaine, c’est d’avoir pris la bonne décision en décidant de revenir au tennis ! »

Et ce ne sont pas ses supporters – notamment Australiens – qui diront le contraire !

WILMOTTE,THIERRY
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