God save McQueen

Mode Décès du créateur britannique

Tout sauf une tête de couturier. Plutôt celle d’un supporter de Chelsea ou d’Arsenal. Ou d’un barman, d’un docker du port de Londres… Pourtant le jeune Lee McQueen – de son vrai nom –, élevé dans une famille modeste de six enfants et au papa chauffeur de taxi, ne rêvait pas, dans les années 80, de faire péter les babyfoots en descendant des lager and lime. Seulement des coupes parfaites dans les vitrines de Savile Row, cette rue de Londres où se succèdent les tailleurs pour hommes haut de gamme. Là où il apprend le métier avant de s’offrir le prestigieux St Martin’s College of Art and Design, pépinière des nouveaux talents de la mode britannique.

Le créateur de mode Alexander McQueen a été retrouvé mort hier matin, à son domicile de l’ouest de Londres, selon une information du Dailymail. Il avait 40 ans. Les secours ont prononcé le décès vers 11 heures et la police a indiqué qu’elle « ne considérait pas cette mort comme suspecte », selon l’AFP. La presse britannique évoque un suicide, « trois ans tout juste après le suicide de sa meilleure amie et mentor, l’éditrice Isabella Blow ».

On l’appelait le Bad boy ou le Hooligan de la mode parce qu’avec sa salopette en jean, ses tee-shirts à messages, son petit bouc, ses cheveux ras, sa tendance à mettre en scène des shows plus que de véritables défilés, c’était le roi de la provoc’. À la façon d’un Jean-Paul Gaultier, d’une Vivienne Westwood ou d’un John Galliano, son compatriote auquel on l’a beaucoup associé fin des 90’s, et auquel McQueen succéda en 1996 chez Givenchy, à Paris.

Il y dévoile tout son talent, sa créativité et son goût du défi. En 1998, les images de son défilé avec l’Américaine Aimée Mullins, athlète, actrice et mannequin amputée des deux jambes, perchée sur des prothèses de bois, font le tour du monde. Mais se sentant moins soutenu que Galliano au sein de LVMH, Alexander McQueen quitte le numéro un mondial du luxe avec fracas en 2000 pour entrer dans le giron du groupe Gucci, qui lui permet d’ouvrir une maison à son nom.

Entre 1996 et 2003, il reçoit à quatre reprises la distinction de Créateur de mode britannique de l’année. Dès 2004, il se met à habiller les hommes. Ses boutiques poussent à New York, Londres, Los Angeles, Milan, Las Vegas. On voit ses robes sur les chanteuses Björk, Rihanna, Lady Gaga ainsi que sur les épaules de Kate Blanchet ou de Kate Moss. Même le prince Charles passe entre ses mains, la légende racontant qu’un petit mot obscène a été cousu dans la doublure de son vêtement… Bad boy.

La mort d’Alexander McQueen remettra-t-elle en cause le défilé du créateur, prévu le 9 mars prochain durant la semaine de la mode à Paris ? Le rendez-vous est fixé à 20 h 30 à La Conciergerie, 2 boulevard du Palais, Paris I. Dans un peu plus de trois semaines. Pour une fois, le hooligan des faubourgs de Londres y assistera depuis la meilleure place.

HUON,JULIE
Cette entrée a été publiée dans Culture, avec comme mot(s)-clef(s) , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.