La tragédie de Hal: à 8h28, deux trains en collision et le chaos…

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Un choc effroyable, dans un fracas faisant croire à certains passagers qu’il s’agissait d’une explosion. À 8h28 lundi matin, à Buizingen, sur la ligne Hal-Bruxelles, en un instant, quelque 250 à 300 voyageurs de deux trains ont été projetés dans le chaos. Plongés dans un amas de ferraille et de corps lacérés, ils étaient loin de s’imaginer que deux trains venaient de se percuter.

Des wagons enfoncés, de la tôle froissée, des vitres qui ont volé en éclat, et des blessés, nombreux, qu’il fallait parfois enjamber pour sortir du train, ont raconté des témoins. Des cris, des appels à l’aide, énormément de personnes choquées. Coincés, certains faisaient des signes de la main pour appeler les secours. Il fallait ramper pour sortir des voitures couchées sur les rails. Une fois hors des trains, l’horreur sautait aux yeux. Des voitures totalement écrasées sous le choc, et deux trains qui se sont chevauchés avant de riper l’un contre l’autre.

Un troisième train, venant de Tournai, arrivant sur les lieux, a réussi à s’immobiliser avant de percuter les carcasses accidentées. Après avoir actionné le système de freinage, il semble même que le conducteur du train se soit réfugié à l’intérieur de la voiture, craignant de ne pouvoir éviter la collision. Des caténaires arrachées ont rendu l’évacuation des passagers délicate ; il y avait manifestement des risques d’électrocution.

C’est à la sortie de Hal, sur la ligne 96 vers Bruxelles, que la collision s’est déroulée. Le train IC 1707 Quiévrain-Bruxelles-Liège avait, semble-t-il, une dizaine de minutes de retard. Il venait de quitter la gare de Hal et se trouvait en phase d’accélération. Avant la gare de Buizingen, il a été heurté par une automotrice de la ligne CR3678 (City Rail, le futur RER) assurant la liaison entre Louvain et Braine-le-Comte. Ce convoi s’était vraisemblablement arrêté à Buizingen et devait également marquer un arrêt à Hal. Heureusement, les deux trains ne devaient pas rouler à vive allure.

Très vite, les secours de Hal sont intervenus sur les lieux de la collision. Face à l’ampleur de la catastrophe, le gouverneur du Brabant flamand, Lodewijk De Witte, a été sollicité pour coordonner les secours. Tout le trafic sur ce tronçon le plus fréquenté du réseau belge a été interrompu, y compris les Thalys pour Paris et les Eurostar pour Londres.

Outre cette coordination des secours, le parquet de Bruxelles a directement déclenché une enquête judiciaire afin d’identifier un éventuel responsable d’homicide involontaire. Concrètement le procureur du roi, Bruno Bulthé, et son adjoint, Bernard Michielsen, sont descendus sur les lieux avec un substitut du parquet et des experts. Une instruction a également été ouverte. Le but est de relever les indices qui permettront aux enquêteurs de déterminer les causes de l’accident et de désigner les responsabilités. Le juge devrait notamment vérifier si les conducteurs des trains étaient, ou non, sous influence alcoolique.

Pendant ce temps, les victimes ont été acheminées vers la salle de sport « Turncentrum Start 65 » à Buizingen pour y être réconfortées et soignées. Un hôpital de campagne a également été déployé à Hal afin de prodiguer des soins urgents. Ces antennes médicales avancées doivent aussi permettre de faire le tri entre les nombreux blessés. En fonction du traumatisme et des préférences (linguistiques), ces victimes ont été évacuées vers de nombreux hôpitaux de la région.

Sur les lieux de la collision, les sauveteurs ont encore fouillé les tonnes de débris à la recherche d’autres victimes. Le bilan des morts n’a cessé d’augmenter au fil de la journée : 8, puis 10, et 18 en début de soirée. Des rumeurs allaient jusqu’à 20, 25 et même 28 voyageurs décédés. La Cellule d’identification des victimes (DVI) s’est aussi rendue sur les lieux afin de permettre une reconnaissance optimale des corps retrouvés sans vie. Outre ces nombreux morts, la catastrophe a aussi fait quelque 162 blessés dont 11 sont grièvement atteints.

Face à la gravité des faits, le Premier ministre, en visite officielle dans les Balkans, a décidé de revenir en Belgique. Il s’est rendu sur les lieux de la catastrophe en compagnie du roi Albert II.

Tout le monde s’interroge sur les causes de la collision, alors que des hypothèses ont fusé : signal rouge négligé ? panne électrique ? Seule l’enquête permettra de le préciser. La SNCB et Infrabel font état d’une collision latérale ; les photos aériennes, elles, montrent bien les deux trains alignés sur la même voie. Le train de Quiévrain et Mons venait d’ailleurs de changer de voie pour se diriger vers celle destinée au TGV, sur sa droite. C’est là que l’IC1707 composé de 12 voitures s’est retrouvé face au CR3678, moitié moins long…

BORLOO,JEAN-PIERRE
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