Chili et France : touchés deux fois

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Catastrophes Une famille franco-belge a subi le séisme et la tempête

Récit

Elle, Angela Verdejo, est belge. Lui, Xavier Ferrand, est français. Ils se sont rencontrés il y a plus de vingt ans. Ils ne se sont plus quittés. Ils ont eu deux enfants magnifiques, Johan puis Eva, qui ont grandi dans l’Oise, où leurs parents ont acquis une maison ancienne. Ils ont vécu en Bolivie aussi, en Argentine, puis en Espagne, en raison de la carrière internationale de Xavier. Elle a trouvé le temps, en 2003, de publier un roman puissant, Je ne l’ai pourtant pas rêvé, paru chez Grasset. Ils vivent actuellement à Limache, près de Valparaiso, au nord-ouest de Santiago. Ils viennent de passer un drôle de week-end.

Samedi, 3h34. Un roulement sourd les tire du sommeil. Un roulement qui vient de loin. Ils savent que les murs vont se mettre à trembler. Ils n’ont que le temps d’éveiller les enfants, d’empoigner quelques affaires – dont un ordinateur portable équipé d’une clé internet mobile – et de filer au jardin. Dehors, le noir est absolu. Plus d’électricité. Ça secoue. Ils peinent à rester debout. « J’ai cru que ça ne finirait pas », dit-elle. La façade de leur maison se fissure. Un pan de mur d’une maison voisine s’effondre. De loin en loin, des lueurs d’explosion.

Le matin, ils ne peuvent que constater les dégâts. Leur maison, quoique fort abîmée, a tenu. Mais autour d’eux, ce ne sont que murs effondrés, vitres brisées, vies arrêtées. Un petit message sur Facebook permet à Angela de rassurer les proches : « Tremblement de terre… tt ok ». Suivent d’autres messages, tout aussi laconiques, qui s’égrènent et précisent : Pas d’électricité. Donc pas d’informations. Et cette clé internet mobile qui sature si vite. Impossible de surfer.

Dimanche. Sur la France, la tempête fait rage. Sur Facebook, à 22h55, nouveau message d’Angela : « Tempête en France : notre toit touché ! paf ! je vous jure, ce n’est pas une blague… » Une énorme branche d’un sapin qui surplombait la maison de Lalande-en-Son, près de Beauvais, a lâché. Elle a fait éclater le toit. Tous les meubles du salon ont été arrosés par des trombes d’eau…

On se serait effondré pour moins que ça. Pas Angela. Ni Xavier. Sur Facebook, Angela précise : « Nous avons beaucoup de chance d’avoir de bons amis qui veillent sur notre maison, qui se font du souci pour nous. Coïncidence malheureuse sans plus ! » Jointe par téléphone, la Belge ajoute : « On est tous sains et saufs. Les dégâts matériels n’ont aucune importance. » N’empêche, un week-end pareil, qui y croirait ? Ils ne l’ont pourtant pas rêvé.

VASSART,PIERRE
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