Dehaene met le Roi au parfum

BHV Le « démineur » reçu mardi au palais de Laeken

Jean-Luc Dehaene, êtes-vous là ? Il suffisait de le demander… Le 24 novembre, l’ancien Premier CVP était chargé par le Roi de « faire une proposition de fond » en vue de « la négociation sur des problèmes institutionnels et en particulier celui de Bruxelles-Hal-Vilvorde ». Mardi, pour la deuxième fois, il s’est rendu au palais. Pour un rapport intermédiaire. Rien ne filtre de l’entretien (prévu de longue date). Si ce n’est qu’il n’a pas été question d’un document, ou de quoi que ce soit de définitif.

Selon certaines sources, c’est durant la deuxième quinzaine d’avril que le démineur royal se manifesterait, après les congés de Pâques. Motif : il restera assez de temps avant les vacances parlementaires pour voter les textes de l’éventuel compromis Nord-Sud à la Chambre et au Sénat, mais pas assez aux détracteurs pour contrecarrer la démarche et s’organiser efficacement – du moins ne disposeront-ils pas des deux semaines de vacances pour mettre la pression.

Prudence, donc. Au CD&V, le message en interne est : « Vous serez informés du contenu de l’accord lorsqu’il sera bouclé… »

En attendant, poursuivant ses rencontres bilatérales en coulisses, Jean-Luc Dehaene se heurte, nous confie-t-on, aux… Flamands de Bruxelles. Certains l’ont mis en garde contre tout schéma de scission de l’arrondissement électoral qui les « isolerait » en Région-Capitale. Un peu la phobie des francophones de la périphérie mais à l’envers : celle-ci est le fait de la communauté flamande de Bruxelles, quelque 80.000 âmes.

Que craignent au juste ses représentants politiques ? D’abord, que la scission de BHV ne réduise lourdement leur présence au Parlement fédéral, vu l’étroitesse du corps électoral flamand bruxellois et le nombre de partis (CD&V, VLD, SP.A, VB, LDD, N-VA, etc.) vers lesquels le peu d’électeurs se dispersera. Prévisions : un élu à la Chambre, zéro au Sénat. Dans un hypothétique compromis, les Flamands de Bruxelles obtiendraient sans doute des garanties, comme celle de l’« apparentement » avec l’arrondissement du Brabant flamand. Mais ils veulent en être certains.

Autre sujet d’inquiétude : quid des lois linguistiques dans la Région-Capitale en cas de scission de BHV ? Les Flamands de Bruxelles craignent qu’on y touche. Ils savent que les francophones réclament, eux, d’assouplir ces lois, instituées au profit de la population flamande et qui corsettent les administrations. Des voix se sont élevées lors des polémiques sur la sécurité à Bruxelles, où certains politiques francophones ont argué de la lourdeur des contraintes linguistiques pour expliquer certaines lenteurs de l’appareil judiciaire.

Quoi qu’il en soit, Jean-Luc Dehaene doit, aussi, « faire avec » ces inquiétudes des Flamands de Bruxelles. Mais il aime la difficulté.

COPPI,DAVID,DUBUISSON,MARTINE
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