Un chemin ardu pour la commission Buizingen

Transports Seize jours après l’accident ferroviaire qui a fait 19 victimes, la commission parlementaire démarre ce mercredi

Ce mercredi à 15 h, la « commission spéciale chargée d’examiner les conditions de sécurité du rail en Belgique » se réunit pour la première fois. Comme elle le fera certainement deux fois par semaine pendant les quatre prochains mois. Après une émotion aussi intense, avec un intitulé aussi large, des priorités et des objectifs tellement nombreux, il semble impossible de ne pas aboutir à des recommandations utiles pour améliorer la sécurité ferroviaire en Belgique. Pour y arriver, le chemin sera cependant ardu. Semé d’impératifs.

1Savoir. Les 22 membres de la commission (11 effectifs et autant de remplaçants) doivent « évaluer les mesures prises depuis 1982 (accident d’Aalter) ». Pour poser les bonnes questions, saisir les bonnes nuances, exiger les bons documents, les commissaires spéciaux doivent définir leur concept de « sécurité du rail » (trains, voitures, freins, passage à niveau, signaux… ?) et l’aborder dans près de 20 ans d’archives et de connaissances ferroviaires : conseils d’administration de la SNCB puis des trois filiales, décisions gouvernementales et leur suivi, justification des renoncements… Sans oublier le contexte économique, l’élaboration normative de l’Europe, la libre circulation de citoyens, certaines volontés de libéralisation des services publics… En étant certain que tout cela est raconté de manière correcte.

2Pouvoir. La chaîne des responsabilités est longue : ministres successifs des entreprises publiques, de la communication, des transports ou de la mobilité, administrateurs des chemins de fer mais aussi responsables industriels sont attendus de pied ferme et d’oreille attentive. En théorie, aucun parti démocratique ne réclame l’identification d’un responsable à qui reprocher l’accident de Buizingen. On parle néanmoins d’identifier des responsabilités. Qu’il faudra alors assumer. Avec sérénité ?

3Vouloir. Passant de la théorie à la pratique, comment les « choses du rail » ont-elles été mises en place. Par qui, pour qui, avec quelle formation, quelle volonté de faire aboutir, d’améliorer et de s’adapter ? C’est l’aspect humain. Une de difficultés sera d’y dépasser les clichés syndicaux et patronaux antagonistes pour déceler l’incontournable part de faillibilité de l’humain et son impact sur les devoirs de perfection d’une entreprise publique qui se veut responsable.

4Devoir. Tout cela pour aboutir, fin juin si tout va bien, à des recommandations utiles et concrètes et à en assurer le suivi. Sans se transformer en tribunal. L’enquête judiciaire se poursuivra en effet au-delà de ces quatre mois. Le verdict de la commission doit être indépendant, pas le gouvernail de celui qu’une Justice sereine devra rendre plus tard. Quatre mois pour cela ? C’est long ou c’est court ?

RENETTE,ERIC

Les commissaires


CD&V : Roel Deseyn et Jef Van den Bergh (effectifs), Jenne De Potter et Michel Doomst (suppléants).

MR  : François Bellot et Valérie De Bue (ef.), Daniel Bacquelaine et Olivier Destrebecq (s.).

PS  : Camille Dieu et Linda Musin (ef.), Philippe Blanchart et Karine Lalieux (s.).

CDH  : David Lavaux (ef.) Catherine Fonck (s.).

Open VLD : Ludo Van Campenhout (ef.), Ine Somers (s.).

SP.A  : David Geerts (ef.) et Bruno Tobback (s.).

Ecolo-Groen : Ronny Balcaen (ef.) et Stefaan Van Hecke (s.)

et deux VB.

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