Dehaene sonnera après les cloches

BHV Le démineur annonce un « accord »

Pas du genre bavard, Jean-Luc Dehaene ne l’est plus du tout depuis qu’il a été investi par le Roi, en novembre 2009, d’une mission ô combien périlleuse : désamorcer la « bombe » BHV. Le démineur est silencieux comme une tombe depuis quatre mois. Alors, un mot, un seul de sa part, et on se précipite, on décortique, on triture pour voir s’il n’y a pas, en plus, un sens caché derrière…

Or, donc, stupéfaction mardi dans les rédactions du pays : Jean-Luc Dehaene s’est exprimé brièvement, par le biais de l’agence de presse Belga, autour de 15 heures, dans un communiqué en bonne et due forme, quoique très minimaliste, on s’en doute.

Il a trait strictement aux délais.

L’ancien Premier ministre CVP explique qu’il était convenu avec les présidents des partis de la majorité et avec le chef du gouvernement, Yves Leterme, de « parvenir à un accord avant Pâques ». Et poursuit : « Etant donné que les vacances commencent après Pâques cette année (le dimanche 4 avril, NDLR), cet objectif doit se comprendre comme « avant la fin des vacances pascales » »… Le démineur conclut : « Cette interprétation respecte l’objectif général et a l’avantage de permettre une information rapide du parlement sur le résultat des négociations », sachant que les députés et sénateurs eux aussi lèvent le camp durant le congé de Pâques. Conclusion : Jean-Luc Dehaene se manifestera après le dimanche 18 avril, qui clôture la trêve pascale.

Nous voilà fixés pour le délai.

Il y a un peu plus que cela : l’on notera aussi, toujours d’après son communiqué, que le démineur, a bel et bien l’ambition de « parvenir à un accord », ce qui traduit un certain optimisme, et écarte a priori l’idée d’une solution transitoire, une formule « petit braquet » de renvoi du problème BHV à la prochaine législature, après 2011, sauf à concevoir le terme « accord » dans sa plus simple expression : un accord sur rien ou pas grand-chose. Mais restons optimistes.

Par ailleurs, l’on ne s’empêchera pas de penser que ce geste fort du démineur (son communiqué, on veut dire) a à voir avec l’intervention d’Eric Van Rompuy, mardi matin, sur les ondes de Matin Première à la RTBf, où le député CD&V au Parlement flamand, frère du président du conseil de l’Europe, avait rappelé – suivez le raisonnement – qu’il fallait trouver une solution de fond au dossier Bruxelles-Hal-Vilvorde. Qu’il n’était pas question d’une formule transitoire. Et qu’à défaut d’une scission de l’arrondissement, la proposition de loi flamande sur la scission de BHV reviendrait début mai en séance plénière de la Chambre, qu’elle serait soumise au vote, et que les partis flamands la voteraient !

Auquel cas : bye-bye Leterme II, et on irait droit aux élections législatives anticipées, en mai.

Prise de position personnelle ? « Je ne vois pas en quoi mon parti aurait changé d’avis sur la question », nous précisait Eric Van Rompuy hier après-midi. Au siège du CD&V, on ne souhaitait pas commenter outre mesure sa sortie intempestive : « Nous avons décidé de ne pas nous exprimer sur ce dossier, à la demande du négociateur royal, Jean-Luc Dehaene, qui souhaite remplir son mandat dans la discrétion absolue ».

Toujours est-il que la « menace » du député flamand – un habitué – s’apprêtait à produire son petit effet, médiatique notamment, et qu’avec son communiqué dans l’après-midi, Jean-Luc Dehaene a coupé court à tout risque de polémique ou de panique. Un peu aussi une histoire de famille : le CD&V parle au CD&V.

Reste qu’en intervenant comme il l’a fait, Jean-Luc Dehaene donne un peu d’air à Yves Leterme (CD&V, toujours), Premier ministre tout occupé à ferrailler contre la crise économique et à projeter un futur pacte social pour la Belgique. Qu’il œuvre en paix.

VANOVERBEKE,DIRK,COPPI,DAVID
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