Pas de sauvetage pour des espèces en danger

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Environnement Résultats décevants pour la Cites

Si les choses restent en l’état on pourra conclure que l’argent aura pris le pas sur la science et sur la conservation de la nature ». Pour ce délégué européen, contacté à Doha (Qatar), la réunion de la Cites qui s’achève ce jeudi, laisse un goût amer. La convention sur le commerce international des espèces sauvages a évoqué le sort de quelques espèces parmi les plus emblématiques mais aussi parmi les plus menacées : le tigre, l’éléphant, le thon rouge, les requins, les coraux, les rhinocéros…

Chacune à sa façon, ces espèces sont victimes du plus grand prédateur que la Terre ait jamais porté : l’homme. Les quatre facteurs principaux de disparition sont d’origine humaine : l’exploitation commerciale, le trafic, la destruction des habitats et le réchauffement du climat. A Doha, les délégués de 150 pays ont eu à décider d’accorder ou non une protection aux espèces fragiles, soit en interdisant leur commerce, soit en le réglementant. Le bilan est mitigé (voir ci-dessus). « Décevant, même, ajoute un participant. Des dossiers bien ficelés, étayés sur le plan scientifique et pour lesquels il était prouvé que l’interdiction du commerce international pouvait redonner vie à l’espèce concernée ont été écartés uniquement pour des raisons socio-économiques ». Le thon rouge, les coraux et les requins, victimes de la cruelle pratique du « finning » (les nageoires sont coupées et le requin est rejeté vivant à la mer), sont les deux exemples les plus criants. Et à chaque fois le Japon et d’autres pays asiatiques, soucieux de défendre leurs industries, ont organisé une obstruction très efficace précédée d’un redoutable travail diplomatique. Les pays pêcheurs réfutent à la Cites le droit d’intervenir dans la gestion des stocks. Et, pour le thon, plaident pour que la question soit réglée par l’Iccat, la commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique. « Mais celle-ci a échoué dans la protection, a dit le délégué de Monaco. La pêche illicite équivaut à trois fois les captures autorisées, déjà supérieures aux recommandations scientifiques ». Seul espoir (maigre) que l’assemblée générale, ce jeudi, inverse certaines décisions. Et à plus long terme, que la vigueur des alertes mène à une prise de conscience.

DE MUELENAERE,MICHEL
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